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Une hypothèse testable pour l'origine des différentes souches du VIH : la transfusion de sang de singes dans le cadre d'expériences sur le paludisme.
Résumé de la review :
Cette courte lettre publiée dans Nature en 1991 propose une hypothèse testable concernant l'origine des différents VIH (virus de l'immunodéficience humaine). Au contraire, les hypothèses existantes à l'époque sont jugées spéculative par l'auteur.
Le VIH-1 est proche d'une souche de VIS (virus de l'immunodéficience simien) de chimpanzé et le VIH-2 est sans doute un proche parent du VIS que l'on trouve chez les singes mangabeys. Au milieu du XXeme siècle, des scientifiques belges ont transfusé du sang de singes (chimpanzés et mangabeys) à des hommes pour tester la possibilité d'une transmission des parasites du paludisme (plasmodium) spécifique de ces espèces.
En ce basant sur les articles datant de l'époque, l'auteur en arrive au chiffre de 34 personnes ayant reçu des injections de sang frais pris à 17 chimpanzés différents. Du sang de ces 34 personnes a par la suite été transfusé à 33 autres êtres humains. Seuls deux cas de transfusion directe mangabey-homme ont été trouvés mais il y a eu des transfusion indirecte passant par l'intermédiaire de macaques.
Si il y a des données qui attestent de l'existence de ces transfusions, l'ampleur de celles-ci est difficilement estimable étant donné que certaines expériences peuvent n'être consignées dans aucune publication. L'auteur précise que la plupart des expériences documentées prennent place en Europe ou aux États-Unis mais qu'il doit être possible de tester son hypothèse en cherchant dans les archives : les données non-publiées - le devenir des singes utilisés - du matériel biologique connecté à l'un des articles.
Rigueur de la review :
Cette "lettre" propose une hypothèse, qui plus est, une hypothèse testable. En revanche, le travail de recherche et de documentation auquel l'auteur appelle n'est ni annoncé, ni entamé.
Ce que cette review apporte au débat :
Plus qu'une contribution, la publication de cet article a été une ouverture publique du débat. Toutes les références de la controverses se positionnent en fait par rapport à cette lettre et à l'hypothèse qu'elle formule.
Remarques sur la review :
Remarque subjective : J'ai pris connaissance de l'existence de cette lettre par l'intervention d'un parasitologue travaillant sur le paludisme lors d'une conférence sur les transmissions de rétrovirus simiens. Il est impressionnant de constater qu'on dispose de nombreux cas référencés de transfert du singe vers l'homme pour HTLV (1, 2, 3 et 4) alors qu'on ne trouve aucun virus SIV muté qui puisse fournir une ébauche d'explication concernant l'origine du VIH.
Doit-on supposer que les mécanismes qui sont à l'origine de l'apparition du VIH n'opèrent plus aujourd'hui ?
Publiée il y a presque 11 ans
par
P. Guille Escuret.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Une hypothèse testable pour l'origine des différentes souches du VIH : la transfusion de sang de singes dans le cadre d'expériences sur le paludisme.
Résumé de la review :
Cette courte lettre publiée dans Nature en 1991 propose une hypothèse testable concernant l'origine des différents VIH (virus de l'immunodéficience humaine). Au contraire, les hypothèses existantes à l'époque sont jugées spéculative par l'auteur.
Le VIH-1 est proche d'une souche de VIS (virus de l'immunodéficience simien) de chimpanzé et le VIH-2 est sans doute un proche parent du VIS que l'on trouve chez les singes mangabeys. Au milieu du XXeme siècle, des scientifiques belges ont transfusé du sang de singes (chimpanzés et mangabeys) à des hommes pour tester la possibilité d'une transmission des parasites du paludisme (plasmodium) spécifique de ces espèces.
En ce basant sur les articles datant de l'époque, l'auteur en arrive au chiffre de 34 personnes ayant reçu des injections de sang frais pris à 17 chimpanzés différents. Du sang de ces 34 personnes a par la suite été transfusé à 33 autres êtres humains. Seuls deux cas de transfusion directe mangabey-homme ont été trouvés mais il y a eu des transfusion indirecte passant par l'intermédiaire de macaques.
Si il y a des données qui attestent de l'existence de ces transfusions, l'ampleur de celles-ci est difficilement estimable étant donné que certaines expériences peuvent n'être consignées dans aucune publication. L'auteur précise que la plupart des expériences documentées prennent place en Europe ou aux États-Unis mais qu'il doit être possible de tester son hypothèse en cherchant dans les archives : les données non-publiées - le devenir des singes utilisés - du matériel biologique connecté à l'un des articles.
Cette "lettre" propose une hypothèse, qui plus est, une hypothèse testable. En revanche, le travail de recherche et de documentation auquel l'auteur appelle n'est ni annoncé, ni entamé.
Plus qu'une contribution, la publication de cet article a été une ouverture publique du débat. Toutes les références de la controverses se positionnent en fait par rapport à cette lettre et à l'hypothèse qu'elle formule.
Remarque subjective : J'ai pris connaissance de l'existence de cette lettre par l'intervention d'un parasitologue travaillant sur le paludisme lors d'une conférence sur les transmissions de rétrovirus simiens. Il est impressionnant de constater qu'on dispose de nombreux cas référencés de transfert du singe vers l'homme pour HTLV (1, 2, 3 et 4) alors qu'on ne trouve aucun virus SIV muté qui puisse fournir une ébauche d'explication concernant l'origine du VIH.
Doit-on supposer que les mécanismes qui sont à l'origine de l'apparition du VIH n'opèrent plus aujourd'hui ?
Dernière modification il y a plus de 10 ans.