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Titre de l'article :

Le commerce international est source de menaces pour la biodiversité dans les pays en développement.


Figure :

Illustration de la chaîne causale entre la consommation de marchandises et la perte de biodiversité. Cette relation résulte de la pression des différentes activités économiques (production, échange et consommation) sur les processus écologiques qui, en définitive, menacent les espèces. Tiré de Hertwich, E. (2012). Biodiversity: Remote responsibility. Nature, 486, 36–37.

Introduction à l'article :

Dans notre monde globalisé, le commerce international occupe une place centrale dans les échanges de biens et de ressources. Nombre de pays développés dépendent de l'exploitation des ressources naturelles dans les pays en développement.
Ces ressources telles que l'eau, les minerais ou le bois peuvent être prélevées dans des écosystèmes présentant une diversité d'espèces sensibles à de telles perturbations, comme c'est notamment le cas dans plusieurs pays tropicaux sujets à la destruction et la pollution des habitats naturels.
Mais tandis que notre regard est le plus souvent porté sur les causes proximales de ces phénomènes (i.e. les firmes responsables des perturbations), encore peu d'attention est accordée aux causes ultimes (i.e. l'origine d'une telle exploitation).
Cet article s'intéresse donc aux effets du commerce international sur la diversité animale.

Expériences de l'article :

Les auteurs ont pris comme base la liste rouge de l'UICN et des données sur les échanges internationaux de marchandises impliquées dans perte de biodiversité entre 187 pays en tenant compte des multiples transformations. On définit ensuite des "exportateurs/importateurs nets de biodiversité" (i.e. pays qui exportent plus de marchandises dont l'extraction/transformation sont défavorables à la biodiversité qu'ils n'en importent, et vice-versa).

Une attention particulière a également été portée à l'origine et au nombre de maillons des chaînes d'approvisionnement des différentes marchandises. Chaque menace pour la biodiversité a été associée à un type d'industrie (e.g. pêche, agriculture, exploitation minière).

Résultats de l'article :

Les pays développés (USA, Union Européenne, Japon principalement) sont en général plutôt importateurs de marchandises dont l'extraction et le commerce sont défavorables à la biodiversité, le contraire étant observé pour les pays en développement (Papouasie Nouvelle-Guinée, Indonésie, Madagascar).
Les plus grosses chaînes d'approvisionnement (café, huile de palme, pêche, bois) impactent plus les pays à forte biodiversité. Ces chaînes particulièrement défavorables bénéficient surtout aux USA et au Japon.

Rigueur de l'article :

Cet article est limité par sa vision de la biodiversité, i.e. uniquement animale et taxonomique de surcroît. Le terme de "biodiversité" dans le titre n'est donc pas totalement justifié.
Il serait intéressant d'y ajouter la diversité phylogénétique, génétique et fonctionnelle pour avoir une vue plus complète des effets du commerce international sur la biodiversité, en intégrant un large spectre de taxons (champignons, plantes, micro-organismes).

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article montre une vision nuancée des menaces du développement humain sur la diversité animale en pointant du doigt certaines pratiques responsables du développement actuel et non pas le développement en soi. Il propose également plusieurs solutions en matière de fiscalité, de droits du travail et de droit environnemental pour contraindre, voire faire disparaître, cette forme de commerce international.

Remarques sur l'article :

C'est une démonstration élégante et claire de certains effets négatifs du mode de fonctionnement commercial actuel. Il montre également que les conséquences néfastes de l'exploitation des pays du Sud par les pays du Nord ne sont pas uniquement sociales et culturelles mais aussi environnementales et patrimoniales.

Publiée il y a plus de 8 ans par M. Cosme.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.