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Titre de l'article :

L'étude du ratio de taille des doigts prédit la polygynie chez les grands singes, Ardipithecus, Neanderthal, et les humains modernes mais pas chez Australopithèque.


Introduction à l'article :

Le dimorphisme permet dans certains cas d'identifier le comportement social d'une espèce. Cela est difficile à appliquer aux espèces du genre Homo éteintes. L'étude d'un marqueur alternatif a donc été mis en place : le ratio de taille entre le deuxième et quatrième doigt de la main permet d'étudier le comportement reproductif. En effet les populations avec un rapport faible sont associées à de la polygynie et celles avec un ratio proche de 1 avec la monogamie.
En effet le ratio est corrélé avec la PAE (effets des hormones androgènes prénatales), et un taux faible de PAE correspond à un comportement de protection paternelle et de relation de couple.
Ici l'étude s'intéresse à des fossiles humains ainsi qu'à des espèces proches (grands singes).

Expériences de l'article :

Les auteurs ont récupéré des fossiles humains de différentes périodes, puis ont scanné les phalanges du deuxième et quatrième doigt de la main. A cela s'ajoute des données issues de la bibliographie. A partir de ces mesures, ils ont calculés le ratio de taille entre le deuxième et quatrième doigt de la main. Ils ont ensuite classés les espèces dont on connait le comportement reproductif actuel (grands singes) afin de servir de base de comparaison, il y a deux catégories : PB (pair-bonding, monogames) et NPB (polygynes). Enfin à partir des résultats, ils ont déterminés les modes de reproduction de chacune des espèces.

Résultats de l'article :

Dans un premier temps les auteurs ont trouvé que les individus femelles ont un ratio supérieur à celui des hommes d'une même espèce. Ensuite, chez les espèces proches de l'homme ils ont bien trouvé un ratio 2D:4D plus faible chez les espèces polygames (gorilles, chimpanzés etc...) que chez les espèces monogames (hylobates).
Concernant les espèces d'hominoïdes éteins dans tous les cas, on retrouve des valeurs correspondant à de la polygynie sauf pour Neandertal qui se rapproche de la monogamie.
Cependant les valeurs des hominoïdes sont moins extrêmes que celles des grands singes.
Aussi pour Homo sapiens contemporains les résultats indiquent que le mode reproductif n'est pas clairement défini avec une grande variabilité selon les individus alors que pour les Homo sapiens on se rapproche clairement plus de la polygamie.

Rigueur de l'article :

Article rigoureux, basé sur des faits et regroupant de nombreuses données.
Il ne semble pas donner d'avis subjectif.

Ce que cet article apporte au débat :

D'après cet article on voit que les espèces d'hominoïdes ont des ratios 2D:4D proches d'espèces polygynes. Tous les ancêtres d'Homo sapiens ont donc été déterminés comme étant polygynes, à l'exception de l'Australopithèque. On retrouve cette tendance à la polygynie chez les premiers Homo sapiens, en revanche les conclusions sont beaucoup moins claires concernant l'Homme sapiens contemporain, en effet les valeurs sont extrêmement variables allant de la polygynie à la monogamie.
Au cours du temps les hominoïdes ont donc eu des variations de mode de reproduction et gardent une certaine variabilité.
Chez Homo sapiens il est difficile d'établir clairement si on a polygynie ou monogamie, car on retrouve des caractéristiques des deux groupes, Homo sapiens comme Neandertal présente une certaine variabilité suivant les populations, cela peut être lié à des raisons culturelles ou religieuses différentes selon les populations.

Publiée il y a plus de 8 ans par Q. Rodriguez et Liz Noguera.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.