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Titre de l'article :

Concepts d'espèce alternatifs comme bases pour déterminer les aires de conservation prioritaires


Figure :

Figure 1

Four views of the geographic distribution of avian endemism in Mexico: species endemic to Mexico under the biological species concept (Escalante-Pliego et al. 1993) (a) and the phylogenetic species concept (b) and species endemic to single biotic regions in Mexico under the biological species concept (Escalante-Pliego et al. 1993) (c) and the phylogenetic species concept (d). Areas indicated in black and gray represent the top 10% and 20%, respectively, of areas in terms of richness of endemic forms under each criterion.

Source

Alternate Species Concepts as Bases for Determining Priority Conservation Areas - Scientific Figure on ResearchGate. Available from: https://www.researchgate.net/227622890_fig1_Figure-1-Four-views-of-the-geographic-distribution-of-avian-endemism-in-Mexico-species [accessed 17 Dec, 2017]

Introduction à l'article :

Dans un contexte de crise globale de la biodiversité des aires de conservations ont été mises en place pour conserver la richesse spécifique.
L'importance est souvent mise sur les espèces endémiques et c'est particulièrement le cas pour les oiseaux.
Les espèces endémiques sont dépendantes de leur description taxinomique et le passage d'un concept d'espèce à un autre peut avoir des répercussions au niveau de la conservation de ces oiseaux.

Les auteurs ont donc analysé les priorités de conservation sous deux concepts d'espèces différents :

  • Le concept d'espèce biologique (Mayr, 1942)
  • Le concept d'espèce phylogénétique ()

Les politiques de conservation dépendent des listes de taxonomie établie selon les critères de détermination des espèces.

Expériences de l'article :

Les auteurs ont utilisé une base de données de 164 taxons d'oiseaux dans le secteur de Mexico qui sont considérés comme une seule espèce biologique.

Une recherche bibliographique a permis de constituer une liste d'espèce phylogénétique qui contraste avec la liste des espèces biologiques.

La région de Mexico a été divisée en 35 zones qui définissent les zones d'endémismes.
Les auteurs ont défini deux niveaux d'endémismes

  • Endémisme de la région du Mexique (Au niveau de tout Mexico)
  • Endémisme étroit (au niveau des 35 régions)
Résultats de l'article :

Beaucoup d'espèces biologiques peuvent constituer des unités monophylétiques et donc sont considérées comme des espèces phylogénétiques.

Il semblerait que prendre en compte les espèces phylogénétiques à la place d'espèce biologique change complètement le paysage de l'endémie a Mexico (figure 1). En effet, en plus de la ceinture médiane de la Sierra Madre et de la ceinture trans- volcanique, les plaines côtières du Pacifique occidental et méridional du Pacifique ont été reconnues comme un foyer d'endémisme pour l'avifaune jusque là méconnu.

Les espèces biologiques présentent les faunes les plus riches en espèces endémiques dans les zones centrales, avec des faunes de plus en plus raréfiées sur les sites périphériques. En revanche, les espèces phylogénétiques ou évolutives sont souvent présentes dans de petites zones isolées le long de la périphérie de la distribution d'un complexe d'espèces, ce qui rend les zones périphériques et particulièrement isolées plus riches en espèces endémiques.

Ce que cet article apporte au débat :

Par conséquent, changer le concept d'espèce a eu des effets profonds sur les conclusions concernant la distribution de l'endémisme.

En se concentrant sur les espèces peut-être les plus vulnérables à l'extinction, les endémiques étroites, le paysage a changé drastiquement. Par conséquent, la distribution de l'endémisme étroit a considérablement changé en fonction du concept d'espèce utilisé.

Les auteurs ont démontré que les priorités de conservation basées sur des considérations de biodiversité sont sensibles à un point de vue taxonomique.

Même si les auteurs ne se prononcent pas sur la validité d'un concept par rapport à un autre, ils montrent qu'il est nécessaire de se pencher sur l'importance de la définition d'une espèce pour la conservation.
Ils montrent également que la notion d'espèce biologique, bien qu'applicable de prime abord sur l'avifaune, pose des problèmes dans un contexte de crise de la biodiversité.

Publiée il y a plus de 8 ans par Marion.Cheron et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 6 ans.