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Hétérogénéité spatiale des impacts causés par les espèces invasives, à l'échelle du paysage.
Introduction à l'article :
Les espèces envahissantes comptent parmi les premières préoccupations des gestionnaires. Le grand nombre d'espèces envahissantes ainsi que l'étendue et la complexité des paysages, sans compter le large panel de méthodes de gestion disponibles, sont autant de raisons qui rendent la gestion des espèces envahissantes à l'échelle paysagère difficile. De plus, pour une espèce donnée, on observe des impacts différents selon le site. L'hétérogénéité observée dans les impacts a pour origine deux paramètres :
La distribution de l'espèce : certaines occupent beaucoup de sites mais de façon peu abondante tandis que d'autres ont tendance à dominer totalement le milieu.
La relation entre abondance et impacts : l'intensité des impacts peut répondre à l'abondance de façon linéaire, exponentielle, etc, selon l'espèce et l'impact considéré.
Les auteurs utilisent ces deux paramètres pour obtenir des courbes de distribution d'impacts à l'échelle du paysage entier.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont choisi deux espèces aquatiques : un mollusque bivalve, la moule zebrée (Dreissena polymorpha) et une plante de la famille des Holaragacées, le myriophylle en épis (Myriophyllum spicatum), toutes deux originaires du continent eurasiatique et introduites dans des lacs d'Amérique du Nord. Pour les deux espèces, on peut trouver dans la littérature existante leur abondance dans chaque lac envahi, ainsi que la courbe de la relation abondance/impact. La première étape est de tirer une valeur d'abondance aléatoire et de lui attribuer une valeur d'impact. Est ensuite tracée une courbe de la distribution des impacts de chaque espèce dans le paysage. De plus, les auteurs simulent des courbes de distribution d'impacts théoriques, basées sur 4 distributions d'abondance théoriques (normale, uniforme, décalée vers la gauche et vers la droite) et sur 4 courbes abondance/impact théoriques (linéaire, sigmoïdale, avec seuil haut ou bas).
Résultats de l'article :
Les deux espèces de cette étude ont une distribution décalée vers la droite, c'est-à-dire qu'elles sont très peu abondantes dans la majorité des lacs qu'elles occupent. A l'inverse, elles sont très rarement abondantes dans un même lac. Cela conduit à des distributions d'impacts également décalées vers la droite : la plupart des lacs sont faiblement impactés.
Les simulations sur des valeurs théoriques supportent ce constat : dans le cas d'une espèce avec une distribution d'abondance décalée vers la droite (très peu abondante dans un grand nombre de sites), une grande partie des sites est peu impactée. A l'inverse, quand une espèce a tendance à dominer son milieu (distribution décalée vers la gauche, avec un grand nombre de sites très densément occupés), la distribution des impacts est elle aussi décalée vers la gauche : un grand nombre de sites sont très fortement impactés.
Ce que cet article apporte au débat :
Jusqu'alors, la gestion des espèces se distinguait en deux catégories :
L'espèce est néfaste et doit être éradiquée,
L'espèce n'est pas néfaste et ne nécessite pas de gestion particulière.
Cependant, l'abondance de chaque espèce n'est pas uniforme sur toute la surface du territoire qu'elle occupe. Partant de l'idée que l'impact dépend de l'abondance, il a été montré ici que les impacts sont distribués de manière hétérogène dans le paysage. Beaucoup de travaux se concentrent sur la description de traits responsables du caractère invasif d'une espèce comme l'efficacité de la dispersion. Il serait en réalité plus intéressant de mesurer l'abondance dans chaque site envahi ou de déterminer la relation entre abondance et impacts, car la connaissance d'au moins l'un de ces deux paramètres permet de prédire grossièrement la probabilité de sites fortement impactés. Ces prédictions offrent des perspectives de gestion, en l'orientant dans un premier temps vers les sites les plus vulnérables.
Hétérogénéité spatiale des impacts causés par les espèces invasives, à l'échelle du paysage.
Introduction à l'article :
Les espèces envahissantes comptent parmi les premières préoccupations des gestionnaires. Le grand nombre d'espèces envahissantes ainsi que l'étendue et la complexité des paysages, sans compter le large panel de méthodes de gestion disponibles, sont autant de raisons qui rendent la gestion des espèces envahissantes à l'échelle paysagère difficile. De plus, pour une espèce donnée, on observe des impacts différents selon le site. L'hétérogénéité observée dans les impacts a pour origine deux paramètres :
Les auteurs utilisent ces deux paramètres pour obtenir des courbes de distribution d'impacts à l'échelle du paysage entier.
Les auteurs ont choisi deux espèces aquatiques : un mollusque bivalve, la moule zebrée (Dreissena polymorpha) et une plante de la famille des Holaragacées, le myriophylle en épis (Myriophyllum spicatum), toutes deux originaires du continent eurasiatique et introduites dans des lacs d'Amérique du Nord. Pour les deux espèces, on peut trouver dans la littérature existante leur abondance dans chaque lac envahi, ainsi que la courbe de la relation abondance/impact. La première étape est de tirer une valeur d'abondance aléatoire et de lui attribuer une valeur d'impact. Est ensuite tracée une courbe de la distribution des impacts de chaque espèce dans le paysage. De plus, les auteurs simulent des courbes de distribution d'impacts théoriques, basées sur 4 distributions d'abondance théoriques (normale, uniforme, décalée vers la gauche et vers la droite) et sur 4 courbes abondance/impact théoriques (linéaire, sigmoïdale, avec seuil haut ou bas).
Les deux espèces de cette étude ont une distribution décalée vers la droite, c'est-à-dire qu'elles sont très peu abondantes dans la majorité des lacs qu'elles occupent. A l'inverse, elles sont très rarement abondantes dans un même lac. Cela conduit à des distributions d'impacts également décalées vers la droite : la plupart des lacs sont faiblement impactés.
Les simulations sur des valeurs théoriques supportent ce constat : dans le cas d'une espèce avec une distribution d'abondance décalée vers la droite (très peu abondante dans un grand nombre de sites), une grande partie des sites est peu impactée. A l'inverse, quand une espèce a tendance à dominer son milieu (distribution décalée vers la gauche, avec un grand nombre de sites très densément occupés), la distribution des impacts est elle aussi décalée vers la gauche : un grand nombre de sites sont très fortement impactés.
Jusqu'alors, la gestion des espèces se distinguait en deux catégories :
Cependant, l'abondance de chaque espèce n'est pas uniforme sur toute la surface du territoire qu'elle occupe. Partant de l'idée que l'impact dépend de l'abondance, il a été montré ici que les impacts sont distribués de manière hétérogène dans le paysage. Beaucoup de travaux se concentrent sur la description de traits responsables du caractère invasif d'une espèce comme l'efficacité de la dispersion. Il serait en réalité plus intéressant de mesurer l'abondance dans chaque site envahi ou de déterminer la relation entre abondance et impacts, car la connaissance d'au moins l'un de ces deux paramètres permet de prédire grossièrement la probabilité de sites fortement impactés. Ces prédictions offrent des perspectives de gestion, en l'orientant dans un premier temps vers les sites les plus vulnérables.
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