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Titre de la review :

Evaluer la sécurité lors d'introduction d'espèce exogène pour le contrôle biologique


Résumé de la review :

Le contrôle biologique a généralement été considéré comme sûr et durable car les effets s’auto-perpétuent dans le temps, contrairement à l’utilisation de pesticides. Or, cette irréversibilité à la base considérée comme avantageuse a par la suite été mise en doute au vue des implications environnementales de telles introductions. Pendant plusieurs années, les opinions sont restées très polarisées en particulier dans les zones fortement concernées par cette méthode de lutte (ex : Hawaï). Les partisans reprochant aux « conservationnistes » la surestimation des impacts négatifs et leur vision bloquée sur le passé et non tournée vers l’avenir. Par la suite, la biosécurité de la lutte biologique a reçu beaucoup d'attention de la part des praticiens de biocontrôle et des organismes de réglementation. Fin des années 90, alors que la biosécurité liée au contrôle biologique était encore en débat, les régulateurs de certains pays, tel que l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont commencé à revoir leur législation, tel que la loi de l’HSNO de 1996 sur les substances dangereuses et les nouveaux organismes (exige que "les introductions de nouveaux organismes, y compris les agents de lutte biologique, soient compatibles avec la préservation de la vie, de l'eau et des écosystèmes, la durabilité de la flore et de la faune et la valeur intrinsèque des écosystèmes", article 36). De plus, de nombreuses organisations internationales et nationales (FAO) ont mis en place des directives de bonnes conduites et tenter d'harmoniser les réglementations. L’Europe a réagit bien plus tard, potentiellement en raison de son statut majoritairement exportateur d’agents de lutte biologique que receveuse. Au début des années 2000, des fonds ont été consacrés à la recherche dans ce domaine et ont permis de mener des recherches écologiques difficiles et ainsi établir des priorités de recherche dans l'évaluation des risques pour la lutte biologique. De nombreux pays ont maintenant une législation en place axée sur l'évaluation des risques pour la lutte biologique et la protection des biotes indigènes ainsi que de valoriser l'environnement contre les impacts négatifs potentiels.
L'Union européenne a financé un programme de quatre ans impliquant cinq pays partenaires, intitulé «Evaluations des risques environnementaux de la lutte biologique» ou ERBIC. Le rapport final indiquait que «le contrôle biologique dans son ensemble était extraordinairement sûr», mais que cela pouvait encore être amélioré en utilisant les méthodes d'évaluation des risques plus robustes. Des outils de décision pour choisir les agents de lutte biologique les plus sûrs étaient maintenant disponibles.
Il est devenu claire au cours de cette période, qu' une évaluation des risques direct ou indirect de l'introduction de l'agent de lutte biologique dans l'environnement récepteur qui soient bien structurée pourrait réduire l'incertitude dans la prise de décision. Dans cette review, les auteurs proposent plusieurs solutions. Tout d'abord, une mutualisation des informations et des réglementations entre pays est nécessaire. Les espèces exogènes n'ayant pas de frontière, ils soutiennent la formation d'éco-région. Une connaissance détaillée de la biologie et de l'écologie (aire de répartition, ...) des espèces cibles ainsi que sur la flore et la faune présente dans l'environnement récepteur est indispensable. Pour cela, des tests expérimentales robustes en laboratoire couplés à des études de terrain et des approches de modélisation de simulations permettraient de réduire les biais, tel que la surestimation d'éventails d'hôtes. Les auteurs pensent que la haute spécificité de l'agent est le meilleur moyen de diminuer le risque. L'utilisation d'analyses moléculaires pour l'étude de la proximité phylogénétique étant supposée plus fiables que celles des classifications taxonomiques. Le choix sera donc guider par ces résultats et la législation en place.

Rigueur de la review :

L'aspect évolutif sur le long terme n'est pas vraiment pris en compte dans les tests d'évaluations des risques. En effet, les études sont souvent réalisés sur de courtes périodes. De plus, les auteurs sous entendent la nécessité d'une évaluation au cas par cas qui est extrêmement justifier au vu de l'influence de l'environnement très fluctuante, mais qui est peut-être difficile à réaliser de part la difficulté à produire des études robustes.

Ce que cette review apporte au débat :

On peut suivre l'évolution du débat scientifique et des mœurs, en suivant l'historique des réglementation mise en place au cours du temps. Les différences de législations observés entre pays fait ressortir une des causes des risques environnementaux d'introduction d'espèces exogènes. De plus, cette review énumère de nombreuses solutions afin de diminuer ces risques en mettant l'accent sur l'importance de la fluctuations des environnements.

Remarques sur la review :

Afin de mettre en évidence l'influence de la législation, il pourrait être intéressant de réaliser des études comparant les impacts des contrôles biologiques sur l'évolution au sein de pays suivant des réglementation différentes. Mais aussi observer les impacts sur un pays en fonction du type de législation des pays qui lui sont frontaliers.

Publiée il y a plus de 8 ans par O. Tritto.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.