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Conserver la biodiversité des praires de Nouvelle-Zélande : la couverture forestière ou la lutte antiparasitaire ont-ils un effet important sur les oiseaux natifs ?
Figure :
Cette figure 2 provient directement de l'article et illustre les réponse des population d'oiseaux à la présence ou non d'espèces invasive selon le degré de couvert végétal.
Introduction à l'article :
Actuellement, les populations d'oiseaux sont très impactées par les invasions d'espèces exotiques sur beaucoup d'îles et des études sur la Nouvelle-Zélande reviennent régulièrement. Dans les processus de gestion ou d’extermination d’espèces invasives, il apparait primordial de comprendre les bénéfices et les limites des actions menées pour mesurer quel budget et quels plans mettre en place afin d’atteindre de manière rapide, efficace et économe l’objectif visé.
Justement, les auteurs ont choisi de faire une étude comparative entre la gestion de la perte du couvert végétal et la gestion d’espèces invasives sur l’abondance et la richesse spécifiques d’oiseaux autour d'Auckland, Nouvelle-Zélande. Ainsi, ils ont voulu voir dans quelles mesures les efforts de gestion/extermination étaient efficaces en les couplant, ou pas, à celles faites pour le recouvrement des sols.
Expériences de l'article :
5 degrés de contrôle des espèces invasives pour caractériser les zones étudiées (réutilisation des catégories de Ruffell et al. 2015) :
Éradication (« E ») : tous les rats, opossums, mustélidés et chats ont été retirés
Haute intensité de contrôle des rats et opossums (« HRP ») : contrôle drastique par plusieurs méthodes de régulation des populations invasives
Faible intensité de contrôle des rats et opossums (« LRP ») : contrôle à petite échelle avec peu d'impact
Contrôle périodique des opossums (« PP ») : contrôle périodique seulement des opossums et variable dans le temps
Non contrôlé (« NC »)
Données de 2009 à 2014 : surveillance des oiseaux et de leurs activités pendant l’hiver + données de recouvrement végétal tirées de ArcGIS. Les analyses statistiques appliquées semblent plutôt solides, beaucoup de variables ont été prises en compte et des AIC ont servi à mettre en évidence des interactions entre les effets du couvert végétal et de l’extermination.
Résultats de l'article :
La protection et la restauration du couvert végétal apparaissent favorables à l’abondance des différentes espèces d'oiseaux mais n’ont pas d’impact significatif sur la richesse spécifique.
L’extermination semble bénéficier à peu d'espèces. La plupart n’était pas significativement plus abondantes en condition contrôlée voir étaient moins abondantes. Kererū et Tūī ont grandement bénéficié de la lutte antiparasitaire, pour les sites HRP on a retrouvé des abondances beaucoup plus élevées que sur les sites LRP ou PP (Figure 2). De même, la richesse spécifique totale et l’abondance totale, suivaient ces tendances.
Maintenir la couverture forestière au-dessus de 5-10% limiterait les impacts de la perte de forêt sur les communautés d'oiseaux forestiers natifs mais certaines espèces ont également besoin du programme d’éradication pour maintenir une bonne démographie. Les avantages de la gestion selon les niveaux de couverture forestière et de lutte sont fortement dépendants du contexte.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article est intéressant parce qu'il présente des résultats d'abondance d'oiseaux et de richesse spécifique en fonction du taux de contrôle/extermination des espèces exotiques envahissantes mais aussi en fonction du pourcentage de couvert végétal. L'étude est donc un peu plus globale et s'efforce de prendre en compte des effets différents dans l'écosystème et dans les processus qu'il abrite. Cette étude souligne le fait qu'une extermination d'espèces nuisibles, sans régler le problème de la perte du couvert végétal, n'a pas un grand impact par rapport à ce qui pourrait être attendu. Donc l'extermination est bénéfique pour l'équilibre des écosystèmes mais ne se suffit pas à elle-même dans certaines conditions pour obtenir des résultats efficaces et marquants.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
C. Vagnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Conserver la biodiversité des praires de Nouvelle-Zélande : la couverture forestière ou la lutte antiparasitaire ont-ils un effet important sur les oiseaux natifs ?
Cette figure 2 provient directement de l'article et illustre les réponse des population d'oiseaux à la présence ou non d'espèces invasive selon le degré de couvert végétal.
Actuellement, les populations d'oiseaux sont très impactées par les invasions d'espèces exotiques sur beaucoup d'îles et des études sur la Nouvelle-Zélande reviennent régulièrement. Dans les processus de gestion ou d’extermination d’espèces invasives, il apparait primordial de comprendre les bénéfices et les limites des actions menées pour mesurer quel budget et quels plans mettre en place afin d’atteindre de manière rapide, efficace et économe l’objectif visé.
Justement, les auteurs ont choisi de faire une étude comparative entre la gestion de la perte du couvert végétal et la gestion d’espèces invasives sur l’abondance et la richesse spécifiques d’oiseaux autour d'Auckland, Nouvelle-Zélande. Ainsi, ils ont voulu voir dans quelles mesures les efforts de gestion/extermination étaient efficaces en les couplant, ou pas, à celles faites pour le recouvrement des sols.
5 degrés de contrôle des espèces invasives pour caractériser les zones étudiées (réutilisation des catégories de Ruffell et al. 2015) :
Données de 2009 à 2014 : surveillance des oiseaux et de leurs activités pendant l’hiver + données de recouvrement végétal tirées de ArcGIS. Les analyses statistiques appliquées semblent plutôt solides, beaucoup de variables ont été prises en compte et des AIC ont servi à mettre en évidence des interactions entre les effets du couvert végétal et de l’extermination.
La protection et la restauration du couvert végétal apparaissent favorables à l’abondance des différentes espèces d'oiseaux mais n’ont pas d’impact significatif sur la richesse spécifique.
L’extermination semble bénéficier à peu d'espèces. La plupart n’était pas significativement plus abondantes en condition contrôlée voir étaient moins abondantes. Kererū et Tūī ont grandement bénéficié de la lutte antiparasitaire, pour les sites HRP on a retrouvé des abondances beaucoup plus élevées que sur les sites LRP ou PP (Figure 2). De même, la richesse spécifique totale et l’abondance totale, suivaient ces tendances.
Maintenir la couverture forestière au-dessus de 5-10% limiterait les impacts de la perte de forêt sur les communautés d'oiseaux forestiers natifs mais certaines espèces ont également besoin du programme d’éradication pour maintenir une bonne démographie. Les avantages de la gestion selon les niveaux de couverture forestière et de lutte sont fortement dépendants du contexte.
Cet article est intéressant parce qu'il présente des résultats d'abondance d'oiseaux et de richesse spécifique en fonction du taux de contrôle/extermination des espèces exotiques envahissantes mais aussi en fonction du pourcentage de couvert végétal. L'étude est donc un peu plus globale et s'efforce de prendre en compte des effets différents dans l'écosystème et dans les processus qu'il abrite. Cette étude souligne le fait qu'une extermination d'espèces nuisibles, sans régler le problème de la perte du couvert végétal, n'a pas un grand impact par rapport à ce qui pourrait être attendu. Donc l'extermination est bénéfique pour l'équilibre des écosystèmes mais ne se suffit pas à elle-même dans certaines conditions pour obtenir des résultats efficaces et marquants.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.