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Titre de l'article :

L'impact de l'Homme sur la diversité génétique de Toxoplasma Gondii: L’exemple de l'environnement anthropique de la Guyane Française.


Introduction à l'article :

Toxoplasma gondii est un des parasites les plus commun au monde. Il est capable d'infecter un large spectre d'hôtes intermédiaires, mais a comme hôte définitif, les félins. Malgré la présence d'une cycle sexué, une grande partie des isolats prélevés chez l'Homme et les animaux domestiques présentent une faible diversité génétique. Cette diversité est tout autre selon certaines études faites sur des animaux sauvages. Il y aurait donc une diversité plus importante dans les zones peu ou non touchées par l'Homme. On peut penser que cette faible diversité pourrait être due à la présence de l'Homme, ou de son impact sur les différents écosystèmes où se développe le parasite. En effet, ces isolats récupérés en zones sauvages auraient un plus grand spectre d'hôtes intermédiaires à infecter ce qui permettrait au parasite de se développer en fonction d'eux, et non, seulement en fonction des hôtes présents dans les milieux anthropiques.

Expériences de l'article :

Afin de déterminer si la présence de l'Homme a un effet sur la diversité génétique du parasite les auteurs ont cherché à analyser les zones sauvages de la Guyane Française où l'homme a peu d'impact sur l'environnement ainsi que sur sa biodiversité. L'étude a été réalisée en comparant différentes souches prélevées du milieu anthropique avec des souches du milieu sauvage prélevées lors de précédentes études. Chaque souches ont été injectées dans des souris afin qu'elles se développent pour mieux les analyser. Le génotypage a été réalisé en comparant 15 microsatellites à fort polymorphisme. Ce polymorphisme est mesuré en calculant la richesse en allèle ainsi que la diversité génotypique retrouvée chez les souches. Des analyses statistiques ont ensuite été réalisées afin de déterminer le déséquilibre de liaison ainsi que l'impact des échanges génétiques. Enfin les différents clusters obtenus d'après les analyses ont été rangés dans des arbres et modélisés.

Résultats de l'article :

Les résultats obtenus pour l'étude des microsatellites montrent que la richesse allélique est beaucoup plus importante pour les souches sauvages que celle obtenue dans le milieu anthropique. De plus, les génotypes issus de cette analyse étaient tous différents pour les sauvages, alors que pour les anthropiques certaines souches partageaient le même génotype. De même pour la diversité génotypique, elle est beaucoup plus importante chez les sauvages. Avec ceci les analyses du déséquilibre de liaison ne montrent pas de lien entre les différents locus des souches sauvages contrairement aux autres. L'analyse des distances obtenue dans l'arbre montre bien que l'éloignement génétique est beaucoup plus important chez souches sauvages que chez les souches anthropiques. Cette analyse renforce les résultats obtenus avec l'étude des microsatellites.

Ce que cet article apporte au débat :

L'article tend à montrer que l'anthropisation à un effet néfaste sur la diversité génétique de Toxoplasma gondii, mais un impact bénéfique sur sa diversité spécifique. En effet, la modification de l'environnement résulte en un appauvrissement du nombres d'hôtes que T. gondii peut infecter. Il y a donc différenciation de souches spécifiques aux hôtes présents dans les milieux anthropiques (chats et chiens domestiqués, souris, etc.), mais homogénéisation génétique de ces souches.

Publiée il y a plus de 8 ans par Y. Lossing et L. Pradier.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.