ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Influence de la diversité fonctionnelle et de la composition spécifique sur les processus écosystémiques


Introduction à l'article :

Actuellement il est reconnu que des organismes vivant dans un écosystème vont le moduler, le modifier et contribuer à son fonctionnement. Pourtant, le contrôle de cet écosystème est encore mal identifié : est-il exercé par l'identité des espèces, le nombres d'espèces présentes, le nombre de différentes fonctions que vont exercer ces espèces, ou par le type de fonctions représentées ? Il est cependant convenu que le nombre de fonctions augmente avec l'éloignement des groupes présents dans un écosystème : plus les espèces ou les groupes fonctionnels sont différents, plus les fonctions seront diversifiés.
Cette étude cherche donc à définir si c'est la diversité spécifique ou la diversité fonctionnelle qui va être à l'origine du contrôle et du bon fonctionnement d'un écosystème, ainsi qu'à montrer les fonctions qui sont attribuables à la diversité fonctionnelle ou à la diversité spécifique afin de bien déterminer laquelle de ces deux approches de conservation serait la plus efficace.

Expériences de l'article :

Ici, les fonctions de trois types de richesse ont été testées : celle de la diversité spécifique (définie par le nombre d'espèces ajoutées à la parcelle), de la diversité fonctionnelle (définie par le nombre de fonctions ajoutées à la parcelle) ou de la composition fonctionnelle (définie par le type de groupes fonctionnels ajoutés à la parcelle).
Les études ont été menées sur 289 parcelles représentant 169m2 avec 0, 2, 4, 8, 16 ou 32 espèces représentant 0, 1, 2, 3, 4 ou 5 groupes fonctionnels. Ces groupes fonctionnels sont en fait définis grâce aux caractères propres à la plante tels que le prélèvement des nutriments ou la période de croissance. Ainsi, différents groupes fonctionnels ont pu être caractérisés : les fixatrices d'azote, les plantes ayant une photosynthèse en 3 carbones, les plantes ayant une photosynthèse en 4 carbones, les plantes ligneuses ...
Les effets de ces trois types de richesse sur les parcelles (qui miment donc un écosystème) ont ensuite été analysés.

Résultats de l'article :

Lorsque la diversité fonctionnelle augmente, la productivité des plantes ainsi que leur teneur en azote augmentent, tandis que la teneur en azote du sol diminue (NO3- et NH4+) car les plantes en prélèvent davantage. Ces effets ne sont pas observés lorsque c'est la diversité spécifique qui augmente. Cet effet est encore plus fort lorsque ce sont des groupes fonctionnels bien précis. Dans ces cas là, en fonction des espèces présentes on peut observer entre 40 et 59% d'augmentation de la croissance. Tous les résultats convergent dans un sens : le nombre de fonctions ou de groupes fonctionnels joue un rôle plus important que le nombre d'espèces sur l'écosystème.

Rigueur de l'article :

Il y a peu d'informations sur les méthodes utilisées, il faut donc prendre ces résultats avec précaution car les techniques utilisées ne sont pas assez explicitées pour permettre d'avoir un regard critique. De plus, cet article date de 1997 et les connaissances ont pu évoluer dans un sens ou dans l'autre.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette étude montre que la diversité fonctionnelle a un plus fort impact sur l'écosystème que la diversité spécifique, et que le nombre de fonctions différentes est déterminant pour le bon fonctionnement d'un écosystème. Cependant, la diversité fonctionnelle et le nombre d'espèces différentes sont tout de même liés.
Ces résultats apportent des éléments intéressant à la controverse. En effet, si le nombre d'espèces importe peu pour le déroulement des différents processus écologiques, se concentrer sur la conservation de la diversité fonctionnelle permettrait de préserver un écosystème pleinement fonctionnel, bien que plus pauvre en diversité spécifique.

Remarques sur l'article :

Cet article n'est pas structuré comme à l'accoutumé, avec des sous parties bien définies, cela pouvant rendre plus difficile sa compréhension.

Publiée il y a plus de 8 ans par R. Bouchali et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.