ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
La richesse spécifique comme critère pour l'affectation globale des aires de conservation mène à de grandes pertes de couverture de la biodiversité
Introduction à l'article :
L'article a pour but de comparer les zones prioritaires définies via la richesse spécifique, et celles définies via des cartes de localisation d'une seule espèce. En effet, beaucoup d'espèces ayant besoin de protection ne sont pas sauvegardées, les moyens alloués à la biologie de la conservation étant limités. Des zones prioritaires de protection doivent donc être mises en place, et couvrir le plus de surface et le plus d'habitat d'espèces possible. Ici, l'indicateur basé sur la richesse spécifique est mis en question : cette mesure est-elle toujours pertinente en conservation ?
Expériences de l'article :
21075 cartes spécifiques de mammifères, d'amphibiens et d'oiseaux sont utilisées dans cette étude. Mammifères marins et reptiles sont exclus. Les données, au départ qualitatives, sont transformées en données quantitatives. 12 couches représentant l'occupation du territoire sont créées, chacune reflétant une mesure de diversité spécifique différente en fonction de la variable observée (taxon concerné, aire d'occupation, vulnérabilité). Les cartes de richesse spécifique sont obtenues en sommant et transformant les cartes individuelles. Une carte pondérée est créée pour corriger le biais d'occupation de l'espace. Des zones de conservation prioritaires sont identifiées selon 6 analyses différentes : richesse spécifique, richesse spécifique pour les espèces occupant peu d'espace, pour les espèces en danger et pour les espèces cumulant les 2 propriétés, cartes d'espèces individuelles et carte pondérée. Les analyses sont menées en prenant en compte les prévisions d'occupation du sol pour 2040.
Résultats de l'article :
Les zones prioritaires sont plus compactes et plus centrées autour des tropiques quand identifiées via la richesse spécique. En revanche, elles sont plus dispersées et s'éloignent des tropiques quand identifiées via les cartes de localisation d'espèces individuelles. La carte pondérée présente un résultat intermédiaire. Mais au final, la richesse spécifique est un moins bon indicateur que les cartes d'espèces individuelles. Le seul cas où la richesse spécifique est un meilleur indicateur que les aires d'occupations spécifiques est celui des espèces occupant un petit territoire et étant très menacées. Mais à l'horizon 2040, où l'on attend entre 20 et 32% de pertes de territoire disponible pour la protection, la richesse spécifique ne semble plus être une mesure pertinente.
Rigueur de l'article :
Cet article ne semble pas manquer de rigueur.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article tranche sur l'utilisation de la richesse spécifique en écologie de la conservation. Dans certains cas, elle peut rester utile, mais elle est globalement obsolète aujourd'hui. Les auteurs précisent d'ailleurs que d'autres facteurs tels que la richesse fonctionnelle peuvent être utilisés, au moins en complément de la richesse spécifique, sinon comme mesure principale pour la conservation.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
A. Orsoni.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
La richesse spécifique comme critère pour l'affectation globale des aires de conservation mène à de grandes pertes de couverture de la biodiversité
Introduction à l'article :
L'article a pour but de comparer les zones prioritaires définies via la richesse spécifique, et celles définies via des cartes de localisation d'une seule espèce. En effet, beaucoup d'espèces ayant besoin de protection ne sont pas sauvegardées, les moyens alloués à la biologie de la conservation étant limités. Des zones prioritaires de protection doivent donc être mises en place, et couvrir le plus de surface et le plus d'habitat d'espèces possible. Ici, l'indicateur basé sur la richesse spécifique est mis en question : cette mesure est-elle toujours pertinente en conservation ?
21075 cartes spécifiques de mammifères, d'amphibiens et d'oiseaux sont utilisées dans cette étude. Mammifères marins et reptiles sont exclus. Les données, au départ qualitatives, sont transformées en données quantitatives. 12 couches représentant l'occupation du territoire sont créées, chacune reflétant une mesure de diversité spécifique différente en fonction de la variable observée (taxon concerné, aire d'occupation, vulnérabilité). Les cartes de richesse spécifique sont obtenues en sommant et transformant les cartes individuelles. Une carte pondérée est créée pour corriger le biais d'occupation de l'espace. Des zones de conservation prioritaires sont identifiées selon 6 analyses différentes : richesse spécifique, richesse spécifique pour les espèces occupant peu d'espace, pour les espèces en danger et pour les espèces cumulant les 2 propriétés, cartes d'espèces individuelles et carte pondérée. Les analyses sont menées en prenant en compte les prévisions d'occupation du sol pour 2040.
Les zones prioritaires sont plus compactes et plus centrées autour des tropiques quand identifiées via la richesse spécique. En revanche, elles sont plus dispersées et s'éloignent des tropiques quand identifiées via les cartes de localisation d'espèces individuelles. La carte pondérée présente un résultat intermédiaire. Mais au final, la richesse spécifique est un moins bon indicateur que les cartes d'espèces individuelles. Le seul cas où la richesse spécifique est un meilleur indicateur que les aires d'occupations spécifiques est celui des espèces occupant un petit territoire et étant très menacées. Mais à l'horizon 2040, où l'on attend entre 20 et 32% de pertes de territoire disponible pour la protection, la richesse spécifique ne semble plus être une mesure pertinente.
Cet article ne semble pas manquer de rigueur.
L'article tranche sur l'utilisation de la richesse spécifique en écologie de la conservation. Dans certains cas, elle peut rester utile, mais elle est globalement obsolète aujourd'hui. Les auteurs précisent d'ailleurs que d'autres facteurs tels que la richesse fonctionnelle peuvent être utilisés, au moins en complément de la richesse spécifique, sinon comme mesure principale pour la conservation.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.