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L'époque de l'Anthropocène : décision scientifique ou déclaration politique ?
Résumé de la review :
Les auteurs veulent comparer le concept d’Anthropocène aux critères de la carte chronostratigraphique internationale. Ils vont examiner son utilité en tant qu’unité définie par le guide stratigraphique international.
Il est à savoir qu’une unité géochronologique (période, époque, âge) est l'intervalle de temps pendant lequel les strates d'une unité chronostratigraphique se sont accumulées.
Le terme Anthropocène est actuellement très utilisé. L'impact humain est fort et croissant sur la planète. Néanmoins, la question est de savoir si l'Anthropocène doit être approuvé par le ICS et ratifié par l'IUGS en tant qu'unité officielle.
Des résumés de changements anthropiques du système terrestre dans la fiche stratigraphique sont proposés par Zalasiewicz. Cet enregistrement stratigraphique est décrit comme négligeable surtout avec une limite fixée à 1945, comme l'a récemment proposé le groupe de travail en charge de la question. Cette date marque la première explosion de bombe atomique qui a déclenché une période d'essais atmosphériques, dont les résultats sont observés dans les radionucléides des carottes glaciaires et lacustres.
Les structures humaines, l’agriculture et la pêche ne sont pas des strates. Il en va également des sols, tas d'ordures, décharges minières ou autres qui sont fabriqués par les humains plutôt que par sédimentation naturelle. L'enregistrement stratigraphique est étudiée pour interpréter les événements passés de l'histoire de la Terre, et ces interprétations exigent l'application de techniques, de concepts et de principes stratigraphiques. Les strates contenant des données sur les changements anthropiques sont les spéléothèmes, les carottes de glace et les sédiments non lithifiés des rivières, lacs, côtes et fond océanique. Il est cependant difficile de distinguer les quelques centimètres supérieurs de sédiments de l'Holocène sous-jacent, ou sédiments qui se sont accumulés par rapport aux sédiments en transit. Les diagraphies publiées avec les signatures géochimiques de l'impact humain ont tout au plus quelques dizaines de centimètres d'épaisseur dit Marshall (2007).
L'évolution des plantes terrestres vasculaires et leur dissémination à travers les continents, de la fin du Dévonien au début du Permien, ont complètement altéré la surface de la Terre. Elles ont laissé une importante couche stratigraphique et modifié de façon spectaculaire les concentrations de CO2 et d'O2 dans l'atmosphère et les océans, beaucoup plus que ce que l'on prévoit (Berner et Canfield, 1989; Berner, 1998). Pourtant, il n' y a pas de volonté de nommer une unité dans le Tableau de l’ICS qui reconnaisse formellement ce changement profond et irréversible dans le système terrestre. Peut-être la promotion de l'Anthropocène est-elle anthropocentrique autant que politique?
Malgré le détachement de l'Anthropocène tel qu'unité chronostratigraphique, le terme a son utilité. Il est populaire auprès d'une communauté scientifique diversifiée, des chercheurs en sciences sociales et des médias. Comme dans le cas des changements climatiques d'origine anthropique, il fait prendre conscience que l'impact humain sur le système terrestre est planétaire et que celui-ci peut avoir déclenché une cascade d'événements qui modifieront considérablement la surface de la Terre, des océans et de l’atmosphère.
Certains considèrent que ce changement sur le système terrestre doit être officiellement reconnu, ne serait-ce que pour sensibiliser le public et les organismes gouvernementaux à cet impact.
Ce que cette review apporte au débat :
Les auteurs décrivent les critères qui permettent un changement d'époque, basé sur le guide stratigraphique international et non sur les changements anthropiques comme le montrent différents articles, affirmant que nous sommes entré dans une nouvelle époque.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
Q. Menetrey.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
L'époque de l'Anthropocène : décision scientifique ou déclaration politique ?
Résumé de la review :
Les auteurs veulent comparer le concept d’Anthropocène aux critères de la carte chronostratigraphique internationale. Ils vont examiner son utilité en tant qu’unité définie par le guide stratigraphique international.
Il est à savoir qu’une unité géochronologique (période, époque, âge) est l'intervalle de temps pendant lequel les strates d'une unité chronostratigraphique se sont accumulées.
Le terme Anthropocène est actuellement très utilisé. L'impact humain est fort et croissant sur la planète. Néanmoins, la question est de savoir si l'Anthropocène doit être approuvé par le ICS et ratifié par l'IUGS en tant qu'unité officielle.
Des résumés de changements anthropiques du système terrestre dans la fiche stratigraphique sont proposés par Zalasiewicz. Cet enregistrement stratigraphique est décrit comme négligeable surtout avec une limite fixée à 1945, comme l'a récemment proposé le groupe de travail en charge de la question. Cette date marque la première explosion de bombe atomique qui a déclenché une période d'essais atmosphériques, dont les résultats sont observés dans les radionucléides des carottes glaciaires et lacustres.
Les structures humaines, l’agriculture et la pêche ne sont pas des strates. Il en va également des sols, tas d'ordures, décharges minières ou autres qui sont fabriqués par les humains plutôt que par sédimentation naturelle. L'enregistrement stratigraphique est étudiée pour interpréter les événements passés de l'histoire de la Terre, et ces interprétations exigent l'application de techniques, de concepts et de principes stratigraphiques. Les strates contenant des données sur les changements anthropiques sont les spéléothèmes, les carottes de glace et les sédiments non lithifiés des rivières, lacs, côtes et fond océanique. Il est cependant difficile de distinguer les quelques centimètres supérieurs de sédiments de l'Holocène sous-jacent, ou sédiments qui se sont accumulés par rapport aux sédiments en transit. Les diagraphies publiées avec les signatures géochimiques de l'impact humain ont tout au plus quelques dizaines de centimètres d'épaisseur dit Marshall (2007).
L'évolution des plantes terrestres vasculaires et leur dissémination à travers les continents, de la fin du Dévonien au début du Permien, ont complètement altéré la surface de la Terre. Elles ont laissé une importante couche stratigraphique et modifié de façon spectaculaire les concentrations de CO2 et d'O2 dans l'atmosphère et les océans, beaucoup plus que ce que l'on prévoit (Berner et Canfield, 1989; Berner, 1998). Pourtant, il n' y a pas de volonté de nommer une unité dans le Tableau de l’ICS qui reconnaisse formellement ce changement profond et irréversible dans le système terrestre. Peut-être la promotion de l'Anthropocène est-elle anthropocentrique autant que politique?
Malgré le détachement de l'Anthropocène tel qu'unité chronostratigraphique, le terme a son utilité. Il est populaire auprès d'une communauté scientifique diversifiée, des chercheurs en sciences sociales et des médias. Comme dans le cas des changements climatiques d'origine anthropique, il fait prendre conscience que l'impact humain sur le système terrestre est planétaire et que celui-ci peut avoir déclenché une cascade d'événements qui modifieront considérablement la surface de la Terre, des océans et de l’atmosphère.
Certains considèrent que ce changement sur le système terrestre doit être officiellement reconnu, ne serait-ce que pour sensibiliser le public et les organismes gouvernementaux à cet impact.
Les auteurs décrivent les critères qui permettent un changement d'époque, basé sur le guide stratigraphique international et non sur les changements anthropiques comme le montrent différents articles, affirmant que nous sommes entré dans une nouvelle époque.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.