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Titre de l'article :

La définition des espèces bactériennes à l'ère de la génomique


Introduction à l'article :

Sur Terre, la biomasse microbienne qui est le plus grand réservoir encore inexploré a été jugé similaire à la biomasse des plantes terrestres et marines. Les espèces procaryotes restent mal connues. Les espèces bactériennes sont délimitées par plusieurs facteurs : leur caractère phénotypique ainsi que par un seuil d’au moins 70% de ré-association ADN-ADN (DDH). L’hybridation ADN-ADN (DDH) est un facteur universel et applicable à tous, dans le domaine bactérien. Cependant, de nombreuses critiques ont émergé. En effet, ce facteur est difficile à appliquer et peut engendrer des variations phénotypiques au sein des espèces nommées, entraînant ainsi des problèmes pour la classification des espèces procaryotes. Pour ces raisons, la modification de la définition d’espèces pour les procaryotes est cruciale. Le séquençage du génome a permis de délimiter les espèces de façon plus précise. Le but ici est d'estimer la correspondance entre les résultats de séquençage et les espèces actuellement nommées.

Expériences de l'article :

5 groupes bactériens ont été utilisés: les Streptococcaceae, les Staphylococcaceae, les Enterobacteriaceae, les Shewanellaceae _et les _Burkholderiaceae.
Ces 5 groupes représentent des similitudes en ce qui concerne le contenu génétique intra-espèce et la diversité de séquences.
La diversité génétique au sein des cinq groupes bactériens a été mesurée par la comparaison du génome entier entre deux génomes en fonction de la distance évolutive entre les génomes (mesurée en ANI).
La différence des gènes entre les génomes d'Enterobacteriaceae a été évalué puisque les souches représentées un seuil supérieur à 98-99% d’ANI.

Résultats de l'article :

Ils ont observé une forte corrélation linéaire entre la quantité d'ADN qui diffère et la distance évolutive sur l'ensemble de l'évolution couverte par les cinq groupes considérés. La différence des gènes est liée à des parties instables du génome (plasmides et des génomes de prophage). Ceci indique qu’il existe un temps d'évolution avant que les différences fonctionnelles ne commencent à s'assembler dans les génomes bactériens. Les groupes ayant des génomes plus grands présentent des différences génomiques intra-spécifiques plus importantes que les autres groupes. Ces espèces seraient donc capable d’utiliser un plus grand nombre de niches écologiques.
Les études menées sur la sélection et le phénomène de recombinaison sont trop limitée pour faire progresser le concept d'espèce.

Rigueur de l'article :

Les échantillonnages doivent être beaucoup plus nombreux, non biaisés et les techniques d’identification plus précises pour émettre des conclusions plus définitives.

Ce que cet article apporte au débat :

Malgré l'ensemble des études menées, les espèces eucaryotes et procaryotes sont trop différentes pour être regrouper sous le même concept d'espèce biologique.
La classification actuelle des espèces procaryotes semble artificielle par rapport à la totalité des espèces procaryotes présentent dans la nature.

Publiée il y a plus de 8 ans par APons et B. Dubois.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.