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Titre de l'article :

La géologie de l'humanité, une critique du concept d'Anthropocène


Introduction à l'article :

Andreas Malm et Alf Hornborg, enseignants en Ecologie humaine en Suede publient cet article en 2014. Leur propos est clairement influencés par la pensée marxiste sur laquelle ils s’appuient pour leur critique de l’anthropocène, en basant leur argumentaire sur l’inégalité du concept d’Anthropocène.
Pour introduire leur propos, les auteurs commence par rappeler le concept d'Anthropocène de Paul CrutzenGeology of mankind. Ce dernier considère l'humanité comme une force géologique qui modifie considérablement la biosphère. Ce propos représente un rejet de la dichotomie Nature/Société.

Résultats de l'article :

Les auteurs rejoignent le propos selon lequel la révolution industrielle en Grande Bretagne est le point de départ d’une modification par l’homme de son environnement. Cependant, le progrès est présenté comme une sources d’inégalité. La machine à vapeur est popularisée au 19e siècle par la hausse de la demande de coton et de l’abolition de l’esclavage et seule une petite fraction des Britanniques peut se permettre de l’utiliser. Ainsi, la majorité des émissions de CO2 sont émises par une minorité de la population. La technologie ne peut donc pas être considérer comme un atout de l’humanité puisqu’elle n'est pas répartie à toutes les population. Pour prouver l’implication de l’espèce entière, il est nécessaire de corréler les émissions anthropiques à l’accroissement de la population humaine. Or ces deux variables semblent être déconnectées. A partir de la, pourquoi attribuer ces modifications environnementales à toute une espèce alors qu’une partie seulement en est responsable ?

Rigueur de l'article :

La vision apportée par Andreas Malm et Alf Hornborg semble empreinte de leurs idéologies politiques. Cependant, les argument apportés ne rendre pas dans le registre axiologique et reste essentiellement épistémologique donnant ainsi du poids à la critique.

Ce que cet article apporte au débat :

Le concept d’Anthropocène est, selon les auteurs, une manière de lier unilatéralement « Société » à « Nature » dans la communauté des sciences naturelles alors que le premier fait entièrement partie du deuxième. Cette vision centrée sur l'espèce dénaturalise le concept de réchauffement climatique. L'humanité n'est pas responsable du changement climatique, c'est un fonctionnement économique basé sur le capital qui l'est : le productivisme.
Cet article met en lumière la dangerosité du "species-thinking" qui paradoxalement déresponsabilise les plus concernés en arguant que nous somme tous responsables.

Remarques sur l'article :

Même si cette critique met en avant l’injustice du concept d'Anthropocène, qu'elle est constructive et qu'elle s'appuie sur des bases solide en sciences humaine. Cependant, elle ne remet pas complétement en cause le propos de Paul Crutzen, elle ne fait que le préciser. En effet, le fait qu'une partie seulement de l'humanité, voir un type de société humaine, soit incriminée ne contredit pas la mise en avant d'une nouvelle époque géologique.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Furget.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.