ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Des preuves génomiques révèlent que la diversification des mammifères placentaires est ininterrompu par la crise C/T


Introduction à l'article :

La datation de la diversification des mammifères présente des différences non seulement entre les datations par les fossiles et les bases de données moléculaires mais aussi à l'intérieur même de ces bases de données moléculaires. En fonction du schéma de partition des gènes, le modèle d'horloge moléculaire ainsi que la déviation génétique basée sur les hypothèses d'horloge moléculaire, les analyses génèrent des scénarios très différents sur la diversification des mammifères placentaires. Ce serait donc ces trois méthodologies qui seraient à l'origine de la controverse sur la datation de la diversification des mammifères placentaires. Cet article démontre qu'une réconciliation entre les estimations de datations à la fois au niveau moléculaire et paléontologique est possible en utilisant un modèle d'horloge et un schéma de partition des gènes adaptés tout en prenant en compte le degré selon lequel chaque gène ne respecte pas les hypothèses posées sur l'horloge moléculaire.

Expériences de l'article :

En utilisant des séquençages de 4 388 gènes parmi 82 espèces de mammifères, les arbres phylogénétiques de coalescence ont été construit en utilisant la méthode STAR ou la méthode NJst. Deux parmi les trois méthodes ont donné des résultats ne présentant que des différences sur deux nœuds d'une partition, et seule la méthode STAR est présentée dans l'article.

Résultats de l'article :

En comparant les méthodes de coalescence et de concaténation, il a été observé que la méthode de coalescence était plus à même de produire un arbre stable et cohérent. L'arbre de coalescence soutient des résultats apportés par d'autres études qui regroupent les taxons Afrotheria et Xenarthra en un unique taxon Atlantogenata, lui-même proche des autres taxons (Laurasiatheria). L'ordre Scandentia a été trouvé comme étant ici plus proche des lagomorphes et des rongeurs que des primates, ce qui avait été montré dans de précédentes études. De même, le taxon des périssodactyles serait plus proche des cétartiodactyles dans cet article, contrairement à d'autres études où il serait plus proche des carnivores.
Pour la datation de l'arbre, aucun des résultats ne soutient le modèle explosif de la diversification des mammifères placentaires, tandis qu'environ 10% des résultats supportaient le modèle Short Fuse et 8% le modèle Long Fuse. Les 82% restants supportaient un modèle nommé trans-K-Pg.

Rigueur de l'article :

Commentaire dans Phylogenomic red flags: Homology errors and zombie lineages in the evolutionary diversification of placental mammals :
Trois des taxons généralement validés (Odontoceti, Lemuriformes et Afrosoricada) utilisés pour l'arbre basé sur la méthode STAR sont contredits dans cet article. Pour le taxon Odontoceti, une discordance sur plus de 4000 loci a été trouvée alors que d'autres études ont trouvé 12 transposons sans homoplasie permettant de confirmer l'existence de ce taxon.
De plus, la datation de 12 nœuds de l'arbre préféré par l'étude montre des divergences moléculaires postérieures à l'âge des fossiles. Par exemple, l'étude propose une diversification des baleines de Minke et des cachalots datant de 2.9 Ma, ce qui est d'un ordre de grandeur inférieur à la divergence datant de 36.4 Ma basé sur le plus ancien mysticète Mystacodon.
Enfin, il semblerait que l'alignement des gènes présente des erreurs d'homologies (paralogie, alignement d'exons avec des introns, ...).

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article propose un nouveau modèle de diversification des mammifères placentaires en se basant sur un certain schéma de partition génétique et en utilisant une horloge moléculaire. Il signale à plusieurs reprises que l'utilisation d'autres schémas ou d'autres horloges génèrent des résultats différents.
Le modèle proposé présente une diversification des mammifères placentaires ayant commencé avant la crise C/T.

Publiée il y a plus de 7 ans par A. Stahl et I. Voet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.