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Analyse de la référence Alerte aux fléaux biologiques

Titre du Livre :

Alerte aux fléaux biologiques
Espèces invasives: dangers sanitaires et nuisances écologiques


Introduction au livre :

Spécialisé dans les sujets sur l’environnement et la société, Hugues Demeude décrit et explique dans ce livre : 1) les nouveaux fléaux biologiques , 2) les mécanismes de disséminations de ces espèces envahissantes notamment en Europe, 3) les nuisances engendrées par celles-ci sur la biodiversité, l’agriculture et la santé publique et 4) les moyens de lutte que l’on peut mettre en place pour les endiguer.

Résumé et résultats du livre :

La majorité des introductions d’espèces exotiques en France et en Europe s’est révélée bénéfique à l’image des plantes alimentaires ou ornementales. Cependant depuis quelques années ce regard a changé. Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à alerter la population, les décisionnaires politiques et économiques ainsi que les gestionnaires des parcs naturels sur les risques encourus lors de l’introduction intentionnelle ou non d’espèces envahissantes.
Comment peut-on définir une espèce exotique envahissante (EEE) ? Pour être considérée comme EEE, l'espèce en question doit répondre à trois critères: 1) être introduite hors de son aire de répartition d'origine, ensuite il faut qu'elle s'y soit 2) acclimatée et qu'elle prolifère dans ce nouvel environnement et enfin 3) que celle-ci cause des nuisances à la biodiversité et/ou à l'Homme. Les Anglo-saxons désignent ces espèces envahissantes sous le nom d’Alien species, ce qui permet selon eux d'avoir une appréciation de la menace qu’elles font planer sur la biodiversité, l’agriculture et la santé publique.
Selon l'IUCN, les espèces envahissantes représentent une des principales causes de l'érosion de la biodiversité à l'échelle planétaire. D'autres causes peuvent expliquer cette perte de biodiversité comme la destruction des habitats naturels, la pollution (pesticides, métaux lourds, hydrocarbures...), l'accroissement de la population humaine, ou encore la surexploitation des milieux. Mais parmi toutes ces causes, l'introduction d'EEE a "longtemps été sous-estimée par les dirigeants politiques et économiques qui ne voulaient en aucun cas freiner le développement du libre commerce basé sur une forte diminution des contrôles aux frontières".
Ces introductions, qui ont considérablement impacté les territoires colonisés, continuent de se multiplier sur l'ensemble de la planète par une "mondialisation marchande effrénée", notamment par l'effet de l’accélération des échanges commerciaux vers l'Europe. Ceci a contribué à une augmentation de 76% du nombre d'introductions d'EEE ces 35 dernières années ! L'établissement et la prolifération de ces EEE sont favorisés par une mondialisation qui augmente toujours les possibilités d'introduction et un réchauffement climatique qui augmente la survie hivernale.
C'est par cette mondialisation négligente que des espèces exotiques végétales (ex : jussie), animales (ex: fourmi électrique, coccinelle asiatique), ou bactérienne (ex : Xyllela fastidiosa) qui prospéraient en harmonie avec les autres espèces dans leur milieu d'origine, deviendraient des ravageurs, des dangers sanitaires, des prédateurs redoutés dans leur milieu d'implantation. C'est par cette même mondialisation que des animaux (ex : écureuil de Corée) vecteurs d'agents pathogènes (ex : borréliose de Lyme), sources de maladies pour l'Homme ont été introduits intentionnellement dans l'environnement. Enfin, c'est également par cette mondialisation que des introductions d'EEE (ex : frelon asiatique) de façon accidentelle, constituent une menace redoutable pour les pollinisateurs (ex : abeille domestique) et les agriculteurs.
En 2003, les scientifiques se sont réunis dans le cadre d'un programme appelé DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe). Ce programme de recensement des EEE a permis d'estimer à 12 122 le nombre espèces exotiques introduites en Europe, dont plus de 1000 espèces envahissantes. La sensibilisation des dirigeants à la dimension économique du problème, a conduit à l'adoption en 2014 d'un "règlement européen relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des EEE" auquel tout les états membres doivent se conformer. Les différentes études de cas d'EEE présentées dans cet ouvrage ont permis de sensibiliser les décideurs publics "à la nécessité de renforcer la stratégie de détection précoce et d'action rapide qui permettra de lutter plus efficacement contre ces fléaux".

Rigueur du livre :

L'auteur de ce livre est spécialisé dans les sujets de l'environnement et la société. Chaque cas d'étude est bien documenté et chaque définition est bien référencée.

Ce que ce livre apporte au débat :

Hugues Demeude mène l'enquête sur les nouveaux bioagresseurs afin de mieux comprendre comment ces derniers ce sont retrouvés et sont répandus sur le sol européen. Dans la majorité des cas, les introductions d'espèces exotiques envahissantes sont imputables à une mondialisation bien trop négligente. L'auteur relate les conséquences délétères de l'introduction de telles espèces sur la biodiversité, la santé publique et l'agriculture. Les moyens de lutte radicaux contre les EEE semblent ici être la dernière chose à faire. Selon lui, il est urgent que les décisionnaires politiques et économiques, les gestionnaires de milieu et la société civile écoutent les scientifiques qui communiquent sur ces sujets afin de créer une culture de prévention relative à l'introduction et à la propagation de ces EEE.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Leroy et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 7 ans.