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Les effets indirects de l'élimination des espèces envahissantes dévastent l'île Macquarie
Introduction à l'article :
Les invasions biologiques peuvent conduire à des altérations à large échelle dans le fonctionnement de l'écosystème (extinction d'espèces, modification de la base des réseaux alimentaires, modification de la composition des espèces fauniques du sol ...). Le contrôle et l'éradication des EEE sont entrepris et recommandés puisqu'ils permettent le rétablissement des espèces indigènes et des écosystèmes. Mais le retrait d'une EEE peut également avoir des conséquences inattendues comme la libération des mésoprédateurs. Ici, les auteurs combinent des données de population d'une EEE de lapins herbivores introduite en 1878, l'analyse de végétation à l'échelle de la parcelle et du paysage, l'analyse du climat et l'utilisation de techniques de détection du changement du paysage utilisant l'imagerie satellitaire pour montrer comment l'éradication du chat domestique, introduit en 1818, a précipité une cascade trophique menant à un changement rapide de l'écosystème sur l'île Macquarie.
Expériences de l'article :
Avant éradication des chats : Prédation du chat : Estimation de la consommation de lapins, souris et rats par les chats. Calculée pour 1997 et basée sur l'estimation de l'apport alimentaire quotidien et de la proportion d'aliments contenu dans l'intestin de 49 chats sur les 157 tués en 1997. Estimation de la population annuelle de lapins : Densités mensuelle moyenne de lapins dans 8 zones de dénombrements établies dans différents types de végétation. Estimation de la surface de chaque type de végétation pour calculer la population totale sur l’île. Après éradication des chats : Changement de population de lapins : Étude de l'abondance de lapins en présence et en l'absence de chats, en tenant compte des effets confondants : climat et myxomatose Changement de végétation : Étude de la couverture en pourcentage de chaque espèces de plantes en 2001(sur 45 parcelles) et en 2007(18/45). Imagerie de détection à distance : Étude de la variation de la couverture végétale entre 2001 et 2007.
Résultats de l'article :
Le chat a un effet négatif sur la population de lapins ; l'augmentation de la population de lapins est clairement attribuable à la suppression des chats. Les données sur l'alimentation apportent un soutien supplémentaire à ces résultats. Les 157 chats tués en 1997 ont consommé au moins 4000 lapins adultes par an (103 000 souris et 36 600 rats).
L'analyse des 18 parcelles échantillonnées en 2001 et à nouveau en 2007 montre des changements importants sur la plupart des sites. Des impacts dus aux lapins ont été constatés : pâturages et terriers. Quinze sites ont leur couverture végétale qui a considérablement changé par la perte et le gain de nouveaux taxons dont certains envahissants.
La comparaison des images satellitaires entre 2000 et 2007 a révélé que 36.4% de la végétation de l'île a changé à cause du lapin, dont 17, 5% ont subis des changements modérés à graves. La végétation a été remplacée par un sol dénudé dans de nombreuses localités et 22,4% de l'île a perdu de la chlorophylle.
Rigueur de l'article :
Les auteurs tiennent compte des effets confondants tels que les variables climatiques et/ou la présence du virus de la Myxomatose qui peuvent également influencer sur l'abondance de la végétation et la population de lapins .
L'estimation de la couverture végétale a été réalisée sur 18 sites, et sur chaque site cette couverture a été estimée 5 fois (5 endroits aléatoires), ce qui minimise les biais dans l'extrapolation des résultats.
L'utilisation de 2 méthodes de détection de couverture végétale permet une meilleure fiabilité des résultats.
Les auteurs n'étudient pas les conséquences associées à l'augmentation des populations de souris et de rats suite à l'éradication des chats sur l'île Macquarie.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article a plusieurs implications pour la gestion :
une des seules études qui démontrent que les cascades trophiques théoriquement plausibles associées à un retrait d'une espèce envahissante ont lieu et que ce retrait peut avoir des conséquences préjudiciables aux écosystèmes annulant l'avantage de l'effet directe de la suppression de l'espèce cible.
averti de la possibilité d'obtenir des résultats inattendus dans la gestion des EEE.
L'utilisation des techniques formelles d'évaluation des risques en conjonction avec la biologie de l'espèce cible - les interactions inter-spécifiques y compris les réseaux trophiques - et la création de modèles de changements probables pourraient contribuer grandement à la diminution des risques liés aux imprévus des interventions dans la gestion des espèces exotiques envahissantes.
Les effets indirects de l'élimination des espèces envahissantes dévastent l'île Macquarie
Introduction à l'article :
Les invasions biologiques peuvent conduire à des altérations à large échelle dans le fonctionnement de l'écosystème (extinction d'espèces, modification de la base des réseaux alimentaires, modification de la composition des espèces fauniques du sol ...). Le contrôle et l'éradication des EEE sont entrepris et recommandés puisqu'ils permettent le rétablissement des espèces indigènes et des écosystèmes. Mais le retrait d'une EEE peut également avoir des conséquences inattendues comme la libération des mésoprédateurs. Ici, les auteurs combinent des données de population d'une EEE de lapins herbivores introduite en 1878, l'analyse de végétation à l'échelle de la parcelle et du paysage, l'analyse du climat et l'utilisation de techniques de détection du changement du paysage utilisant l'imagerie satellitaire pour montrer comment l'éradication du chat domestique, introduit en 1818, a précipité une cascade trophique menant à un changement rapide de l'écosystème sur l'île Macquarie.
Avant éradication des chats :
Prédation du chat : Estimation de la consommation de lapins, souris et rats par les chats. Calculée pour 1997 et basée sur l'estimation de l'apport alimentaire quotidien et de la proportion d'aliments contenu dans l'intestin de 49 chats sur les 157 tués en 1997.
Estimation de la population annuelle de lapins : Densités mensuelle moyenne de lapins dans 8 zones de dénombrements établies dans différents types de végétation. Estimation de la surface de chaque type de végétation pour calculer la population totale sur l’île.
Après éradication des chats :
Changement de population de lapins : Étude de l'abondance de lapins en présence et en l'absence de chats, en tenant compte des effets confondants : climat et myxomatose
Changement de végétation : Étude de la couverture en pourcentage de chaque espèces de plantes en 2001(sur 45 parcelles) et en 2007(18/45).
Imagerie de détection à distance : Étude de la variation de la couverture végétale entre 2001 et 2007.
Le chat a un effet négatif sur la population de lapins ; l'augmentation de la population de lapins est clairement attribuable à la suppression des chats. Les données sur l'alimentation apportent un soutien supplémentaire à ces résultats. Les 157 chats tués en 1997 ont consommé au moins 4000 lapins adultes par an (103 000 souris et 36 600 rats).
L'analyse des 18 parcelles échantillonnées en 2001 et à nouveau en 2007 montre des changements importants sur la plupart des sites. Des impacts dus aux lapins ont été constatés : pâturages et terriers. Quinze sites ont leur couverture végétale qui a considérablement changé par la perte et le gain de nouveaux taxons dont certains envahissants.
La comparaison des images satellitaires entre 2000 et 2007 a révélé que 36.4% de la végétation de l'île a changé à cause du lapin, dont 17, 5% ont subis des changements modérés à graves. La végétation a été remplacée par un sol dénudé dans de nombreuses localités et 22,4% de l'île a perdu de la chlorophylle.
Les auteurs tiennent compte des effets confondants tels que les variables climatiques et/ou la présence du virus de la Myxomatose qui peuvent également influencer sur l'abondance de la végétation et la population de lapins .
L'estimation de la couverture végétale a été réalisée sur 18 sites, et sur chaque site cette couverture a été estimée 5 fois (5 endroits aléatoires), ce qui minimise les biais dans l'extrapolation des résultats.
L'utilisation de 2 méthodes de détection de couverture végétale permet une meilleure fiabilité des résultats.
Les auteurs n'étudient pas les conséquences associées à l'augmentation des populations de souris et de rats suite à l'éradication des chats sur l'île Macquarie.
Cet article a plusieurs implications pour la gestion :
L'utilisation des techniques formelles d'évaluation des risques en conjonction avec la biologie de l'espèce cible - les interactions inter-spécifiques y compris les réseaux trophiques - et la création de modèles de changements probables pourraient contribuer grandement à la diminution des risques liés aux imprévus des interventions dans la gestion des espèces exotiques envahissantes.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.