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Comment la découverte des ribozymes place l'ARN dans le rôle à la fois de la poule et de l'oeuf dans les théories sur les origines du vivant.
Résumé de la review :
Cette revue se penche sur une hypothèse sur les origines du vivant basée sur l'ARN, la théorie du "monde à ARN". Les origines du vivant sur Terre sont souvent associées à la question suivante : qui des ARN ou des protéines étaient là en premier ? Le rôle central de l'ARN dans le vivant est de plus en plus présent dans la littérature scientifique (Joyce, 1989 ; Flannery, 2003 ; Ma et Yu, 2006 ; Sharp, 2009). En effet, l'auteur indique que la communauté scientifique a longtemps été partagée avec d'un côté, des scientifiques pensant que la base du vivant est l'ADN (molécule porteuse de l'information), de l'autre, pensant plutôt qu'il s'agit des protéines (responsable des fonctions biologiques, notamment de catalyse de réactions chimiques). La découverte des ribozymes, des ARN ayant à la fois des propriétés de stockage de l'information et de catalyse (donc de fonction biologique) était totalement inattendu. Ces ARN sont capables de repliement tridimensionnel (comme les protéines), sont moins rigides que l'ADN et peuvent catalyser des réactions (l'excision des introns par exemple). L'auteur cite les travaux de Kruger et.al (1982), où il a été proposé que les premiers organismes (très simples génétiquement) de la Terre aient pu développer une grande diversité de séquence génétique grâce aux ribozymes et donc, initier le processus d'évolution conduisant aux formes de vie plus complexes.
Ces découvertes ont permis de mettre au point la théorie du monde à ARN, selon laquelle l'ARN serait la molécule à l'origine du vivant sur Terre, et le précurseur de l'ADN et des protéines.
Un argument supplémentaire allant dans ce sens, est que la structure en double hélice de l'ADN serait une adaptation, une complexification d'un système primitif par rapport à l'ARN ayant une structure linéaire. Cette simplicité structurale va dans le sens où l'ARN serait donc à la base du vivant. Une autre hypothèse proposée est que la première forme de vie terrestre aurait été basée ni sur l'ADN, ni sur l'ARN, mais sur une forme plus primitive encore d'acide nucléique, aujourd'hui disparue par les aléas de la sélection naturelle. L'ARN est comparé à un "fossile moléculaire", remplacé par un système plus performant, celui basé sur l'ADN. Toutefois, la présence des ribozymes dans les espèces actuelles tend à montrer que malgré la simplicité de ces ARN, ils ont conservé leur rôle dans le vivant et sont toujours de bon candidats quant à l'origine des premières formes de vie sur Terre. La théorie du monde à ARN est donc sensiblement renforcée depuis la découverte des ribozymes, plaçant l'ARN comme élément central des origines du vivant.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette revue présente et défend la théorie du monde à ARN, théorie existante depuis environ 30 ans et toujours d'actualité, renforcée d'autant plus par la découverte des ribozymes. Cette théorie est donc incontournable dans le cadre de notre controverse et solidement argumentée.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
L. Platon.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Comment la découverte des ribozymes place l'ARN dans le rôle à la fois de la poule et de l'oeuf dans les théories sur les origines du vivant.
Résumé de la review :
Cette revue se penche sur une hypothèse sur les origines du vivant basée sur l'ARN, la théorie du "monde à ARN". Les origines du vivant sur Terre sont souvent associées à la question suivante : qui des ARN ou des protéines étaient là en premier ? Le rôle central de l'ARN dans le vivant est de plus en plus présent dans la littérature scientifique (Joyce, 1989 ; Flannery, 2003 ; Ma et Yu, 2006 ; Sharp, 2009). En effet, l'auteur indique que la communauté scientifique a longtemps été partagée avec d'un côté, des scientifiques pensant que la base du vivant est l'ADN (molécule porteuse de l'information), de l'autre, pensant plutôt qu'il s'agit des protéines (responsable des fonctions biologiques, notamment de catalyse de réactions chimiques). La découverte des ribozymes, des ARN ayant à la fois des propriétés de stockage de l'information et de catalyse (donc de fonction biologique) était totalement inattendu. Ces ARN sont capables de repliement tridimensionnel (comme les protéines), sont moins rigides que l'ADN et peuvent catalyser des réactions (l'excision des introns par exemple). L'auteur cite les travaux de Kruger et.al (1982), où il a été proposé que les premiers organismes (très simples génétiquement) de la Terre aient pu développer une grande diversité de séquence génétique grâce aux ribozymes et donc, initier le processus d'évolution conduisant aux formes de vie plus complexes.
Ces découvertes ont permis de mettre au point la théorie du monde à ARN, selon laquelle l'ARN serait la molécule à l'origine du vivant sur Terre, et le précurseur de l'ADN et des protéines.
Un argument supplémentaire allant dans ce sens, est que la structure en double hélice de l'ADN serait une adaptation, une complexification d'un système primitif par rapport à l'ARN ayant une structure linéaire. Cette simplicité structurale va dans le sens où l'ARN serait donc à la base du vivant. Une autre hypothèse proposée est que la première forme de vie terrestre aurait été basée ni sur l'ADN, ni sur l'ARN, mais sur une forme plus primitive encore d'acide nucléique, aujourd'hui disparue par les aléas de la sélection naturelle. L'ARN est comparé à un "fossile moléculaire", remplacé par un système plus performant, celui basé sur l'ADN. Toutefois, la présence des ribozymes dans les espèces actuelles tend à montrer que malgré la simplicité de ces ARN, ils ont conservé leur rôle dans le vivant et sont toujours de bon candidats quant à l'origine des premières formes de vie sur Terre. La théorie du monde à ARN est donc sensiblement renforcée depuis la découverte des ribozymes, plaçant l'ARN comme élément central des origines du vivant.
Cette revue présente et défend la théorie du monde à ARN, théorie existante depuis environ 30 ans et toujours d'actualité, renforcée d'autant plus par la découverte des ribozymes. Cette théorie est donc incontournable dans le cadre de notre controverse et solidement argumentée.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.