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Les papillons visitent plus fréquemment mais les abeilles sont de meilleurs pollinisateurs : l'importance des pièces buccales dans l'efficacité de la pollinisation
Introduction à l'article :
Si une espèce de fleur est visitée par de nombreuses espèces d'insectes pollinisateurs, rien n'indique qu'ils soient tous efficaces dans le transfert du pollen de cette espèce. Les dimensions des organes à la fois floraux (e.g. tailles des pétales, profondeur du tube floral) et des insectes (e.g. longueur de leur "langue" i.e. leur probiscis) pourraient avoir un effet dans le dépôt de pollen sur le corps du pollinisateur et donc sur le transfert du pollen vers une plante à féconder.
Les auteurs propose de répondre à ces questions :
quelle est la diversité et l'abondance des insectes pollinisateurs d'une espèce arbustive tropicale (Angadenia berteroi, Apocynaceae) ?
Ses pollinisateurs sont-ils tous équivalents ou certains sont-ils meilleurs que d'autres ? Si oui pourquoi ?
Expériences de l'article :
Richesse spécifique des insectes visitant les fleurs d'A. berteroi
Le nombre d'insectes visitant les fleurs est compté ainsi que le temps passé sur chaque fleur. Certains insectes sont capturés après leur visite et la présence de pollen sur leur proboscis est notée. La longueur et la largeur du probiscis et de la tête sont mesurées sur les individus capturés.
Effet de la dimension du proboscis sur l'efficacité de pollinisation
Les auteurs simulent l'entrée de pièces buccale dans les fleurs par du fil de nylon de longueur et de largeur différentes. Ils comptent ensuite le nombre de grains de pollen récoltés puis le nombre de grain de pollen déposé sur une deuxième fleur.
Observation de l'efficacité de pollinisation
Les auteurs contrôlent l'identité du pollinisateur des fleurs grâce à des sacs autour des plantes. Ils mesurent ensuite la pollinisation effective des insectes par le nombre de fruits formés sur le nombre de fleurs émises chez les individus d'A.berteroi .
Résultats de l'article :
Richesse spécifique des insectes visitant les fleurs d'A. berteroi
Quatre classes d'insectes visitent les fleurs d'A. berteroi : des abeilles à langue longue et certaines à langue courte, des papillons de types skipper et d'autres non-skipper. Les principaux visiteurs sont les abeilles à longue langue et les papillons skippers mais ces derniers ne semblent pas transporter de pollen sur leur proboscis. Les abeilles à longue langue ne semblent pas revenir sur une même fleur contrairement aux autres types d'insectes.
Effet de la dimension du proboscis sur l'efficacité de pollinisation
Dans le cas d'A.berteroi, la largeur du proboscis semble être plus importante que sa longueur pour déplacer du pollen des étamines d'une fleur vers le stigmate d'une autre
Observation de l'efficacité de pollinisation
En terme de fruit développé suite à la pollinisation de chacune des 4 classes d'insectes visitant les fleurs, seules les abeilles à longue langue sont efficaces à la pollinisation.
Rigueur de l'article :
Richesse spécifique des insectes visitant les fleurs d'A. berteroi
Le faible nombre d'observation de certaines classes d'insectes nuit à la représentativité de la quantité de pollen transporté en moyenne par ces classes. L'observation de non-pollinisation par les abeilles à langue courte pourrait alors être un artefact statistique.
Effet de la dimension du proboscis sur l'efficacité de pollinisation
La méthode de simulation du probiscis par un fil de nylon ne prend pas en compte le comportement qu'a l'insecte pour fouiller la fleur à la recherche du nectar.
Observation de l'efficacité de pollinisation
De la même façon que précédemment, les auteurs ne contrôlent pas la quantité de visites par classes d'insectes et les observations ne sont donc pas équilibrées entre classes. Le faible nombre d'observation d'évènement de visite florale par les abeilles à langue courte (2) et les papillons non-skipper (4) ne permet pas d'inférer statistiquement une pollinisation non-efficace.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article propose de prendre en compte d'autres caractéristiques des pollinisateurs que leur seule visite pour déterminer l'efficacité de leur pollinisation. Les auteurs proposent notamment d'ajouter la largeur du proboscis dans ce type d'étude.
Cet article permet de se poser la question si l'abeille domestique a effectivement des pièces buccales qui lui permet de polliniser efficacement un grand nombre d'espèces. L'exemple pris ici d'A. berteroi concerne une morphologie florale particulière qui contraint fortement la forme des pièces buccales efficaces à sa pollinisation. Quelle est la variabilité des morphologies florales des espèces de nos cultures et permettent-elles une pollinisation efficace de la part d'Apis mellifera ?
Publiée il y a plus de 7 ans
par
A. Estarague et H. Mouilhi.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Les papillons visitent plus fréquemment mais les abeilles sont de meilleurs pollinisateurs : l'importance des pièces buccales dans l'efficacité de la pollinisation
Introduction à l'article :
Si une espèce de fleur est visitée par de nombreuses espèces d'insectes pollinisateurs, rien n'indique qu'ils soient tous efficaces dans le transfert du pollen de cette espèce. Les dimensions des organes à la fois floraux (e.g. tailles des pétales, profondeur du tube floral) et des insectes (e.g. longueur de leur "langue" i.e. leur probiscis) pourraient avoir un effet dans le dépôt de pollen sur le corps du pollinisateur et donc sur le transfert du pollen vers une plante à féconder.
Les auteurs propose de répondre à ces questions :
Le nombre d'insectes visitant les fleurs est compté ainsi que le temps passé sur chaque fleur. Certains insectes sont capturés après leur visite et la présence de pollen sur leur proboscis est notée. La longueur et la largeur du probiscis et de la tête sont mesurées sur les individus capturés.
Les auteurs simulent l'entrée de pièces buccale dans les fleurs par du fil de nylon de longueur et de largeur différentes. Ils comptent ensuite le nombre de grains de pollen récoltés puis le nombre de grain de pollen déposé sur une deuxième fleur.
Les auteurs contrôlent l'identité du pollinisateur des fleurs grâce à des sacs autour des plantes. Ils mesurent ensuite la pollinisation effective des insectes par le nombre de fruits formés sur le nombre de fleurs émises chez les individus d'A.berteroi .
Quatre classes d'insectes visitent les fleurs d'A. berteroi : des abeilles à langue longue et certaines à langue courte, des papillons de types skipper et d'autres non-skipper. Les principaux visiteurs sont les abeilles à longue langue et les papillons skippers mais ces derniers ne semblent pas transporter de pollen sur leur proboscis. Les abeilles à longue langue ne semblent pas revenir sur une même fleur contrairement aux autres types d'insectes.
Dans le cas d'A.berteroi, la largeur du proboscis semble être plus importante que sa longueur pour déplacer du pollen des étamines d'une fleur vers le stigmate d'une autre
En terme de fruit développé suite à la pollinisation de chacune des 4 classes d'insectes visitant les fleurs, seules les abeilles à longue langue sont efficaces à la pollinisation.
Richesse spécifique des insectes visitant les fleurs d'A. berteroi
Le faible nombre d'observation de certaines classes d'insectes nuit à la représentativité de la quantité de pollen transporté en moyenne par ces classes. L'observation de non-pollinisation par les abeilles à langue courte pourrait alors être un artefact statistique.
Effet de la dimension du proboscis sur l'efficacité de pollinisation
La méthode de simulation du probiscis par un fil de nylon ne prend pas en compte le comportement qu'a l'insecte pour fouiller la fleur à la recherche du nectar.
Observation de l'efficacité de pollinisation
De la même façon que précédemment, les auteurs ne contrôlent pas la quantité de visites par classes d'insectes et les observations ne sont donc pas équilibrées entre classes. Le faible nombre d'observation d'évènement de visite florale par les abeilles à langue courte (2) et les papillons non-skipper (4) ne permet pas d'inférer statistiquement une pollinisation non-efficace.
Cet article propose de prendre en compte d'autres caractéristiques des pollinisateurs que leur seule visite pour déterminer l'efficacité de leur pollinisation. Les auteurs proposent notamment d'ajouter la largeur du proboscis dans ce type d'étude.
Cet article permet de se poser la question si l'abeille domestique a effectivement des pièces buccales qui lui permet de polliniser efficacement un grand nombre d'espèces. L'exemple pris ici d'A. berteroi concerne une morphologie florale particulière qui contraint fortement la forme des pièces buccales efficaces à sa pollinisation. Quelle est la variabilité des morphologies florales des espèces de nos cultures et permettent-elles une pollinisation efficace de la part d'Apis mellifera ?
Dernière modification il y a plus de 7 ans.