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Titre de l'article :

Résoudre les liens phylogénétiques entre mammifères placentaires du Paléocène


Introduction à l'article :

L’âge des mammifères commence au Paléocène, qui est la période de 10 millions d’années suivant l’extinction de masse de la fin du Crétacé. Au Crétacé, les mammifères étaient majoritairement insectivores, et de petite taille. Suite à l’extinction, on trouve des formes diversifiées (en taille et régime alimentaire). Ceci a mené à l’hypothèse d’une radiation adaptative des mammifères placentaires (MP) post Crétacé, comme le suggère le registre fossile. Les études phylogénétiques semblent montrer que cette radiation s’est effectuée avant l’extinction de masse, mais elles sont limitées car elles n'incluent généralement pas les taxons du Paléocène. Cependant, comme les liens phylogénétiques de nombreux taxons basaux (MP du Paléocène) sont inconnus, une reconstruction robuste de l’origine et de l’évolution précoce des MP est pour le moment impossible. Cette étude vise à reconstruire ces liens, afin d''éclairer sur l'origine de la diversification des mammifères placentaires actuels.

Expériences de l'article :

Ils font ici une analyse cladistique par maximum de parcimonie :
Le jeu de données comprend 177 genres différents, dont 130 du Paléocène. 680 caractères morphologiques y sont rassemblés, résultant en deux matrices différentes : l’une contenant uniquement des caractères discrets, l’autre mêlant caractères discrets et continus, ayant été discrétisés. Les phylogénies par maximum de parcimonie ont été effectuée grâce au programme TNT, sur les deux matrices, de manière non-contraintes et selon 3 types de contraintes topologiques, basées sur les résultats de précédentes analyses phylogénétiques sur données moléculaires. Ceci a été fait dans le but de remédier au problème des homoplasies, dissimulant les liens entre les mammifères placentaires actuels dans les analyses morphologiques. Les analyses ont conduit à 8 sets de cladogrammes différents.

Résultats de l'article :

C'est la première étude basée uniquement sur des données morphologiques qui indique la racine des placentaires entre Atlantogenata et Boreoeutheria, comme semble le montrer certaines analyses moléculaires. La polymorphie des condylarthres est corroborée, mais les liens entre taxons du Paléocène restent pour la majorité sans consensus. De manière générale, aucun mammifère faisant partie du groupe couronne des placentaires ne prédate de manière non-ambigüe l'extinction du Crétacé-Paléogène, ce qui ne permet pas de dire que la diversification des placentaires aurait eu lieu avant l’extinction du Crétacé-Paléogène. Leurs résultats ne permettent pas de réfuter la théorie d'une radiation post K-Pg.

Rigueur de l'article :

Les points positifs :

  • Les nombreux caractères morphologiques utilisés dans les matrices.
  • La comparaison des résultats (caractères discrets/caractères discrets et continus discrétisés; niveau de contrainte)

Les potentiels biais :

  • Leur selection d'une majorité de mammifères du Paléocène, contre peu de taxons des autres époques.
  • L'étude des genres et non des espèces, menant à des combinaisons de caractères collectés sur plusieurs espèces différentes au sein du même genre pour limiter le nombre de données manquantes.
Ce que cet article apporte au débat :

Il ne permet pas de corroborer les etudes moléculaires d'une diversification ayant eu lieu avant l'extinction, et semble indiquer une radiation placentaire post K-Pg.

Publiée il y a plus de 7 ans par I. Voet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.