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Titre de l'article :

Préférences des touristes concernant l’observation de la nature dans les zones Sud Africaines de nature protégées : conséquences dans le rôle de l’écotourisme pour la conservation


Introduction à l'article :

L’écotourisme peut être vu comme un moyen de redistribuer les richesses, des pays riches vers les pays pauvres afin de promouvoir la conservation de la biodiversité. Les zones de nature protégées en Afrique sont soit des parcs gérés par l’état, accessibles à de nombreux touristes de par leurs prix abordables, ainsi que des réserves privées, plus tournées vers un tourisme haut de gamme. Pour que l’écotourisme puisse agir comme soutient à la conservation, plusieurs contraintes doivent être remplies : présence de structures d’accueil pour les touristes, faible dérangement des espèces, activités et espèces attractives pour le public etc. Un important débat réside sur ce dernier point, d’après plusieurs études les touristes seraient principalement attirés par les grands mammifères tels que les Lions, Rhinocéros etc. Si cette hypothèse est validée, l’action de l’écotourisme en faveur des actions de conservation pourrait être remise en cause car limitée à quelques rares espèces.

Expériences de l'article :

Des questionnaires ont été distribués à des visiteurs de plusieurs parcs pour quantifier les préférences des touristes concernant la biodiversité. Les questions portaient sur le nombre de voyages et activités liées à l’écotourisme effectuées par le passé par les visiteurs, les espèces qu’ils avaient déjà vu, celles qu’ils espéraient voir pendant leurs vacances etc. Il leur était également demandé de classer différentes espèces selon leur désir de les observer ainsi que les caractéristiques importantes d’une réserve naturelle selon eux (grande diversité de grands mammifères, d’oiseaux, de plantes etc). Enfin, des questions sur le niveau socioprofessionnel des touristes étaient posées. Les réponses au questionnaire ont été analysées grâce à des statistiques multivariées pour étudier les relations entre la classe socioprofessionnelle des touristes et leurs préférences en termes d’espèces, ainsi que le lien entre ces préférences et le nombre d’activités d’écotourisme déjà pratiquées.

Résultats de l'article :

L’analyse des réponses à ce questionnaire confirmé l’importance des grandes espèces de mammifères dans l’intérêt porté à la biodiversité par le public. Les espèces telles que les Lions, les Eléphants ou les Rhinocéros sont souvent les plus populaires auprès du public et ce peu importe la classe sociale ou le budget. Cependant, l’intérêt des touristes ne semble pas limité à ces seules espèces. En effet, l’étude montre que les préférences des touristes se diversifient avec l’expérience. Une personne habituée à pratiquer des activités liées à l’observation de la nature sera ainsi plus sensible à la diversité de plantes présentes sur le site, au paysage ainsi qu’aux espèces d’oiseaux etc. En ce sens, l’écotourisme aurait donc un réel potentiel pour promouvoir et contribuer à la conservation de la biodiversité et des écosystèmes. Les acteurs locaux auraient donc intérêt à préserver la biodiversité au sens large et pas seulement les espèces les plus visibles et populaires.

Rigueur de l'article :

Cet article est rigoureux, il s'appuie sur de bonnes bases bibliographiques. Les tests statistiques sont adéquats et évitent la pseudoréplication.

Ce que cet article apporte au débat :

Il est souvent avancé comme argument contre l’écotourisme que seules les espèces les plus populaires sont susceptibles d’attirer le public et que donc les revenus provenant de l’écotourisme seraient potentiellement mal répartis et ne profiteraient pas à l’ensemble des espèces menacées. A travers cette étude il ressort que les espèces grands-mammifères constituent plutôt une porte d’entrée vers les activités naturalistes et d’observation de la nature. Une bonne communication autour des espèces moins connues pourrait ainsi permettre une meilleure distribution des revenus de l’écotourisme pour financer des projets de conservation variés. Cette étude mets ainsi en avant les avantages de l’écotourisme sous-forme de retombées économiques. Toutefois, les coups importants liés au maintien des structures d’accueil et à la conservation des espèces pourraient diminuer ces revenus.

Publiée il y a plus de 7 ans par E. Fleurot.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.