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Titre de la méta-analyse :

Les insectes autres que les abeilles sont des contributeurs importants à la pollinisation mondiale de nos cultures


Introduction à la méta-analyse :

Nos cultures s'appuient essentiellement sur Apis mellifera pour assurer la pollinisation, bien que cette espèce ait une santé fragile, ce qui représente un risque à la fois économique et de viabilité des population humaines dépendant directement de ces cultures.
D'autres taxons, autre qu'A. mellifera, abeille ou non ( mouches, papillons, mites, scarabées) sont pourtant présents dans les champs mais ne sont que peu pris en compte dans les études ou non-différenciés entre eux. On ne connait donc pas leur efficacité relative à celle de l'abeille domestique. Les auteurs posent donc trois questions et y répondent en s'appuyant sur de nombreuses données récoltés dans 39 études de pollinisation à travers le monde.

+Comment les non-abeilles pollinisent-ils les cultures humaines ?
+Comment cela se traduit-il en terme de rendement (nombre de fruits, nombre de graines)
+Réagissent-ils de la même façon à l'éloignement des espaces (semi-)naturels ?

Expériences de la méta-analyse :

Les auteurs ont récupéré et analysés des données issus de nombreuses études. Ils ont séparés les types d'insectes en "Apis mellifera", "autres abeille" et "non-abeille". Ils ont récupéré des valeurs de fréquence de visite de fleur (37 études) et d'efficacité par visite de dépôt de pollen sur le stigmate de la fleur (11 études). À partir d'une partie de ces données (9 études), ils ont ensuite calculé une valeur spécifique d'efficacité de pollinisation. Ils ont parfois pu attribuer un succès de pollinisation grâce au nombre de fruit et au nombre de graine produits à la suite d'une pollinisation (19 études). Ils ont aussi établit une relation de ces traits avec la distance à l'espace naturel le plus proche du champs (23 études).

Résultats de la méta-analyse :

Chacun des 3 types de pollinisateurs n'est pas plus efficace à la pollinisation que les autres en moyenne. Le taux de visite d'un type n'est pas corrélé à celui d'un autre type de pollinisateur au sein des récoltes. les non-abeilles déposent moins de pollen que les deux types d'abeilles mais compensent par un taux de visite plus élevé. Les taux de visites sont cependant hautement variables entre localisation et entre type de culture. Certaines espèces végétales ne sont d'ailleurs pollinisées que par des insectes autres que les abeilles (custard apple en Australie et au Brésil).
Considéré sur l'ensemble des études, les visites des autres abeilles sont fortement impactées par l'isolement aux végétations (semi-)naturelles. Au contraire, les visites des non-abeilles déclinent faiblement tandis que celles d'Apis mellifera ne sont pas influencées.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat :

Cette étude souligne l'importance de prendre en compte l'ensemble des insectes visiteurs dans l'analyse de la pollinisation des agricultures, malgré les difficultés techniques rencontrée (phylogénie mal résolues, insectes rapides).
En effet, ces pollinisateurs peuvent être les plus importants relativement aux abeilles à certaines périodes de l'année. Les insectes autres que les abeilles semblent leur être complémentaires et permettent d'augmenter les rendements des champs. Ils sont aussi plus adaptables aux changements de management des sols des agricultures, assurant alors une pollinisation efficace, sans l'effort des abeilles domestiques. Cette importance des insectes autres que les abeilles à miel est à prendre en compte dans les efforts de conservation et de managements des terres agricoles. Moins fragmenter et moins éloigner les cultures des espaces naturels permettrait d'assurer la présence des insectes sauvages et donc d'assurer une pollinisation efficace des champs.

Publiée il y a plus de 7 ans par A. Estarague et H. Mouilhi.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.