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Titre de l'article :

Echange de bactéries gastro-intestinal entre les chimpanzés et les hommes impliquant des aires protégées dans l'ouest de l'Ouganda


Introduction à l'article :

Les touristes ne sont pas les seuls acteurs de l’écotourisme. Cette activité emploie du personnel qui est en constante contact avec les animaux ce qui rime avec des troubles aussi bien au niveau macroscopique que microscopique. La conservation des primates est devenue l’une des missions importantes de l’écotourisme.
Cependant, ces activités entourant le tourisme évoluent et sont sources de perturbations qui en plus d’engendrer des troubles hormonales peuvent aussi augmenter les risques d’échanges microbiens entre les humains et les primates. Plusieurs cas de transmission d'agents pathogènes entre l'homme et primates ont été documentés. Dans cette publication, les auteurs se sont intéressés à des cas de transmission liées du tourisme, et l’influence que cela pourrait avoir sur la structure génétique et phénotypique des communautés bactériennes gastro-intestinales chez des chimpanzés en Ouganda.

Expériences de l'article :

Des échantillonnages fécaux ont été effectués en vue d’étudier la population bactérienne gastro-intrstinale. Après des tests biochimiques, les isolats d'E. Coli ont été génotypés à l'aide de Rep-PCR, (PCR qui cible des séquences répétitives dispersées dans des chromosomes bactériens). A la suite de cela, des tests de sensibilité aux antibiotiques ont été effectués. Après quoi des analyses phylogénétiques, statistiques et de génétiques des populations ont été entreprises.

Résultats de l'article :

Les résultats montrent que les isolats humains et chimpanzés ne forment pas de clades exclusifs. A cela s’ajoute que 3,8% des isolats de chimpanzés étaient cliniquement résistants à au moins un antibiotique utilisé en médecine humaine. Les résultats de cette étude suggèrent que les humains et les chimpanzés qui interagissent dans la nature peuvent partager des bactéries entériques qui sont génétiquement et phénotypiquement similaires et que cette transmission pouvait être directe ou indirecte via des sources environnementales communes.

Rigueur de l'article :

En se basant sur des analyses de phylogénie et de génétiques des populations, mais aussi des tests statistiques et un échantillonnage robuste, les chercheurs ont mis en place une méthodologie pertinente sans ambiguïté, ce qui reflète une certaine rigueur dans la façon de faire. Ce pendant, une étude moléculaire sur la résistance aux antibiotiques aurait été plus pertinente et allait apporter un poids de plus aux résultats décrits dans cette publication.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette publication nous permet de voir que les risques de l’écotourisme ne se limitent pas aux simples touristes et que les études doivent aussi prendre en compte les agents employés dans les aires protégées, dans les facteurs pouvant impacter cette pratique touristique. Elle souligne aussi quelques mesures simples qui peuvent être utilisées pour éviter la transmission microbienne entre Hommes et animaux (fixer des limites strictes à la distance à laquelle les chimpanzés peuvent être observés, surveiller régulièrement l'état de santé des employés…).

Publiée il y a plus de 7 ans par M.B. Diouf.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.