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Des structures tégumentaires branchées chez Sinornithosaurus et l'origine des plumes
Introduction à l'article :
Les auteurs décrivent des structures tégumentaires filamenteuses chez l'unique spécimen de Sinornithosaurus milleni, un dinosaure appartenant à la famille des Dromeosaurideae (Théropodes non aviens assez proches de la lignée des Avialae) découvert dans le gisement du Liaoning. Les auteurs décrivent ces structures comme des plumes archaïques car l'organisation des filaments rappelle celle des plumes modernes des oiseaux. Or ce constat est déterminant et remet en question l'origine de la plume. Jusqu'alors, l'origine de la plume reste méconnue et controversée car on ne connaissait pas de structures ressemblant à des plumes plus anciennes que celles retrouvées sur Archaeopteryx (considéré comme l'oiseau le plus basal), or ici la description de ces proto-plumes comme un caractère homologue aux plumes des oiseaux suggère l'apparition des plumes indépendamment du vol et des oiseaux.
Expériences de l'article :
Description du fossile Sinornithosaurus millenii IVPP V12811 (Sihetun, Ouest du Lioning, Chine) qui constitue l'holotype de l'espèce (ie spécimen de référence). Analyse des structures inter-tégumentaires par description de l'organisation des filaments constituant ces structures et interprétation par analogie aux structures des plumes actuelles.
Résultats de l'article :
2 types de structures adhérentes ou non au fossile sont décrites. Les premières sont composées de filaments organisés comme un bouquet : une touffe proéminente convergente à la base, rappelant l'organisation des plumes juvéniles tectrices (duvet) des oiseaux, constituées de barbes et d'un calamus. Les secondes sont constituées de filaments branchés en série le long d'un axe central ce qui rappelle une plume pennée mais sans barbule. Les auteurs déclarent que ces structures sont des plumes archaïques, et que comme décrites chez un droméosaure, elles sont ipso facto des caractères homologues aux plumes des oiseaux. Les auteurs proposent un modèle évolutif où la plume est initialement apparue chez des théropodes terrestres avant l'apparition des oiseaux et du vol : les premières plumes seraient issues d'une évagination du follicule (réduit à un cylindre creux) ce qui pourrait correspondre aux appendices décrits chez Sinosaupteryx (coelurosaure basal).
Rigueur de l'article :
Expérience réalisée sur un seul spécimen (mais 1 seul disponible), or l'hypothèse qu'il s'agisse d'un artefact de conservation ne peut être écartée. Afin de crédibiliser leur découverte, les auteurs expliquent que les structures décrites sur S. millenii sont indifférenciables de celles associées aux oiseaux fossilisés issus du même gisement mais ils ne précisent pas s'ils ont véritablement analysé et comparé ces structures entre elles. De même les auteurs ne précisent pas s'ils ont recherché des structures similaires sur d'autres fossiles animaux non aviens, or cela aurait permis de conclure à une absence d'artefact. Selon les auteurs, il est impossible que l'organisation des filaments résulte d'un phénomène post-mortem de part la distinction entre la peau et les structures. Enfin, aucune précision du nombre d'appendices analysés et de la distance à laquelle ils ont été retrouvés n'est données, seuls les termes "nombreux" et "éparses" sont employés.
Ce que cet article apporte au débat :
C'est un article fondateur de la controverse qui est cité à de nombreuses reprises par la suite pour infirmer ou confirmer l'homologie de plusieurs types de structures tégumentaires filamenteuses. Cette équipe chinoise va d'autres part continuer de publier la description de nouvelles espèces de dinosaures à plumes retrouvés dans le gisement du Liaoning, soutenant leur position.
Des structures tégumentaires branchées chez Sinornithosaurus et l'origine des plumes
Introduction à l'article :
Les auteurs décrivent des structures tégumentaires filamenteuses chez l'unique spécimen de Sinornithosaurus milleni, un dinosaure appartenant à la famille des Dromeosaurideae (Théropodes non aviens assez proches de la lignée des Avialae) découvert dans le gisement du Liaoning. Les auteurs décrivent ces structures comme des plumes archaïques car l'organisation des filaments rappelle celle des plumes modernes des oiseaux. Or ce constat est déterminant et remet en question l'origine de la plume. Jusqu'alors, l'origine de la plume reste méconnue et controversée car on ne connaissait pas de structures ressemblant à des plumes plus anciennes que celles retrouvées sur Archaeopteryx (considéré comme l'oiseau le plus basal), or ici la description de ces proto-plumes comme un caractère homologue aux plumes des oiseaux suggère l'apparition des plumes indépendamment du vol et des oiseaux.
Description du fossile Sinornithosaurus millenii IVPP V12811 (Sihetun, Ouest du Lioning, Chine) qui constitue l'holotype de l'espèce (ie spécimen de référence). Analyse des structures inter-tégumentaires par description de l'organisation des filaments constituant ces structures et interprétation par analogie aux structures des plumes actuelles.
2 types de structures adhérentes ou non au fossile sont décrites. Les premières sont composées de filaments organisés comme un bouquet : une touffe proéminente convergente à la base, rappelant l'organisation des plumes juvéniles tectrices (duvet) des oiseaux, constituées de barbes et d'un calamus. Les secondes sont constituées de filaments branchés en série le long d'un axe central ce qui rappelle une plume pennée mais sans barbule. Les auteurs déclarent que ces structures sont des plumes archaïques, et que comme décrites chez un droméosaure, elles sont ipso facto des caractères homologues aux plumes des oiseaux. Les auteurs proposent un modèle évolutif où la plume est initialement apparue chez des théropodes terrestres avant l'apparition des oiseaux et du vol : les premières plumes seraient issues d'une évagination du follicule (réduit à un cylindre creux) ce qui pourrait correspondre aux appendices décrits chez Sinosaupteryx (coelurosaure basal).
Expérience réalisée sur un seul spécimen (mais 1 seul disponible), or l'hypothèse qu'il s'agisse d'un artefact de conservation ne peut être écartée. Afin de crédibiliser leur découverte, les auteurs expliquent que les structures décrites sur S. millenii sont indifférenciables de celles associées aux oiseaux fossilisés issus du même gisement mais ils ne précisent pas s'ils ont véritablement analysé et comparé ces structures entre elles. De même les auteurs ne précisent pas s'ils ont recherché des structures similaires sur d'autres fossiles animaux non aviens, or cela aurait permis de conclure à une absence d'artefact. Selon les auteurs, il est impossible que l'organisation des filaments résulte d'un phénomène post-mortem de part la distinction entre la peau et les structures. Enfin, aucune précision du nombre d'appendices analysés et de la distance à laquelle ils ont été retrouvés n'est données, seuls les termes "nombreux" et "éparses" sont employés.
C'est un article fondateur de la controverse qui est cité à de nombreuses reprises par la suite pour infirmer ou confirmer l'homologie de plusieurs types de structures tégumentaires filamenteuses. Cette équipe chinoise va d'autres part continuer de publier la description de nouvelles espèces de dinosaures à plumes retrouvés dans le gisement du Liaoning, soutenant leur position.
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