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Dès les années 1930, la production de viande animale avait été imaginée comme un moyen permettant de nourrir une plus grande population. Au cours des décennies suivantes, l'idée fit peu à peu son chemin jusqu'à aujourd'hui ou elle est considérée comme étant l'un des enjeux majoritaires du domaine agroalimentaire de ce début de siècle. Il n'est donc pas étonnant de voir apparaître depuis plusieurs années un nombre important de publications résumant les nécessités de l'humanité en matière de production animale et rappelant les dangers des productions actuelles. Ces différents travaux proposent régulièrement la culture in vitro comme solution envisageable. Néanmoins, les projets et espérances orbitant autour de cette thématique précisent rarement un point essentiel : la faisabilité. L'article de van der Weele et Tramper (2014) vise justement à préciser en quoi la faisabilité économique est le plus grand défi pour la production de viande in vitro .
Expériences de l'article :
L'article ne présente pas d'expérience dans le sens strict du terme. Il s'agit plutôt d'une comparaison de production entre la culture de viande in vitro et la production traditionnelle. Pour mener cette comparaison, van der Weele et Tramper ont considéré la consommation de viande par personne et par année actuelle, proportionnellement au nombre d'habitant estimé pour 2050. De plus, ils ont eu l'occasion de détailler le protocole de production de viande in vitro afin de prendre en compte autant le processus de croissance des cellules animales que la création d'un complexe de production.
Résultats de l'article :
Van der Weele et Tramper ont établi que la production de viande in vitro pouvait être considérée comme étant réalisable. En pratique, cela implique cependant deux points à prendre en compte :
À partir de la taille actuelle des bioréacteurs permettant la multiplication des cellules (20 m3), un seul serait suffisant pour permettre l'alimentation de 2560 personnes (soit l'équivalent d'un petit village).
Le coût moyen pour 1kg de viande cultivée est de 8 euros (par comparaison, ce coût est, aux Pays-Bas, de 5 euros par kg de viande traditionnelle).
L'idée d'une production de viande cultivée à l’échelle du village est technologiquement et techniquement valable. Cependant, la production de viande cultivée n'est pas suffisamment rentable si l'on considère la consommation actuelle. Pour que la culture in vitro présente une vraie faisabilité économique, il semble nécessaire d'améliorer l'efficacité des bioréacteurs... à moins de voir une augmentation des prix de la viande conventionnelle.
Rigueur de l'article :
Cet article, bien que court, parvient à tester succinctement la solution de la culture in vitro d'un point de vue économique et technologique. L'absence d'inférence sociologique pour 2050, notamment la simple réduction possible de la consommation en viande, montre bien que les auteurs ont voulu émettre une critique neutre et objective, ce qui est louable au sein d'une controverse de cet ordre.
Ce que cet article apporte au débat :
Ce travail fait partie intégrante du débat, puisqu'il permet de mettre en avant le fait que la production de viande in vitro est réalisable, bien que présentant, à ses débuts, des coûts plus élevés que la production de viande traditionnelle. C'est à partir de ces éléments que l'on ait capable de donner de l'ampleur à la nécessité de modifier les pratiques agroalimentaires néfastes d'aujourd'hui.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
F. Cailleux.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Production de viande in vitro : Chaque village sa fabrique ?
Organigramme d'un processus de fabrication potentielle de viande cultivée. van der Weele et Tramper, 2014
Dès les années 1930, la production de viande animale avait été imaginée comme un moyen permettant de nourrir une plus grande population. Au cours des décennies suivantes, l'idée fit peu à peu son chemin jusqu'à aujourd'hui ou elle est considérée comme étant l'un des enjeux majoritaires du domaine agroalimentaire de ce début de siècle. Il n'est donc pas étonnant de voir apparaître depuis plusieurs années un nombre important de publications résumant les nécessités de l'humanité en matière de production animale et rappelant les dangers des productions actuelles. Ces différents travaux proposent régulièrement la culture in vitro comme solution envisageable. Néanmoins, les projets et espérances orbitant autour de cette thématique précisent rarement un point essentiel : la faisabilité. L'article de van der Weele et Tramper (2014) vise justement à préciser en quoi la faisabilité économique est le plus grand défi pour la production de viande in vitro .
L'article ne présente pas d'expérience dans le sens strict du terme. Il s'agit plutôt d'une comparaison de production entre la culture de viande in vitro et la production traditionnelle. Pour mener cette comparaison, van der Weele et Tramper ont considéré la consommation de viande par personne et par année actuelle, proportionnellement au nombre d'habitant estimé pour 2050. De plus, ils ont eu l'occasion de détailler le protocole de production de viande in vitro afin de prendre en compte autant le processus de croissance des cellules animales que la création d'un complexe de production.
Van der Weele et Tramper ont établi que la production de viande in vitro pouvait être considérée comme étant réalisable. En pratique, cela implique cependant deux points à prendre en compte :
L'idée d'une production de viande cultivée à l’échelle du village est technologiquement et techniquement valable. Cependant, la production de viande cultivée n'est pas suffisamment rentable si l'on considère la consommation actuelle. Pour que la culture in vitro présente une vraie faisabilité économique, il semble nécessaire d'améliorer l'efficacité des bioréacteurs... à moins de voir une augmentation des prix de la viande conventionnelle.
Cet article, bien que court, parvient à tester succinctement la solution de la culture in vitro d'un point de vue économique et technologique. L'absence d'inférence sociologique pour 2050, notamment la simple réduction possible de la consommation en viande, montre bien que les auteurs ont voulu émettre une critique neutre et objective, ce qui est louable au sein d'une controverse de cet ordre.
Ce travail fait partie intégrante du débat, puisqu'il permet de mettre en avant le fait que la production de viande in vitro est réalisable, bien que présentant, à ses débuts, des coûts plus élevés que la production de viande traditionnelle. C'est à partir de ces éléments que l'on ait capable de donner de l'ampleur à la nécessité de modifier les pratiques agroalimentaires néfastes d'aujourd'hui.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.