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Titre de la review :

Système de production de viande in vitro : pourquoi et comment ?


Résumé de la review :

Cette review détaille le fonctionnement de la production de viande in vitro ainsi que les implications environnementales, que pourraient entrainer une telle pratique. Cette nouvelle technologie se veut être un substitut à la viande de bétail, qui connait depuis de nombreuses années, une expansion constante en réponse aux fortes demandes de la population mondiale.

En effet, la viande permet de fournir de nombreux nutriments essentiels à l’Homme (protéines, fer, zinc, oméga 3, vitamine b12…). Il est ainsi difficilement envisageable dans nos sociétés actuelles de se dispenser d’une telle ressource alimentaire, entrainant un accroissement important de la production animale (production x 3, en 60 ans), et également de la production céréalière destinée à nourrir le bétail. Malheureusement, de telles pratiques permettent certes un apport important de ressource, mais entrainent nombres de perturbations environnementales détaillé par la suite.
Face aux problèmes environnementaux soulevés par cette agriculture intensive et l’importante popularité de la viande dans nos sociétés, cette nouvelle avancée technologique qu’est la production de biomasse in vitro, est envisagée par les chercheurs pour développer un substitut à la viande de bétail sur le long terme.

Différentes thématiques sont détaillées dans cette review :

  • La méthode de production (technologie)
  • L’ingénierie tissulaire des fibres musculaires
  • Les implications: santé, préoccupation éthiques, environnements
  • Les défis

Afin de rester centrer sur le sujet de cette controverse, nous allons ici seulement nous concentrer sur la partie traitant des implications environnementales de cette pratique.

Le rôle de l’élevage dans le changement climatique

- La pollution :
Pollution directe (produite par l’élevage en lui-même) : Ces pollutions sont créés en grande partie par la fermentation entérique, la miction et la production de fèces / urine des animaux dans lesquels on retrouve près de 80% de l’azote alimentaire qui leur est fourni. Des gaz à effet de serres (GES) très agressifs sont ainsi produits et libérés dans l'environnement en très grande quantité tel que le méthane et les oxyde nitreux, et du dioxyde de carbone en plus faible quantité.
Pollution indirecte : Créé part les bâtiments d’élevage qui sont des sources de polluants atmosphérique. Mais également à cause des émissions dus aux engrais chimiques, pesticides, herbicides, insecticides et fongicide. Ou encore l’épandage du fumier qui peut contenir : ammoniac, méthane, sulfure d'hydrogène, monoxyde de carbone, cyanure, phosphore, nitrates, métaux lourds, ainsi que plus de 100 agents pathogènes qui sont libérés dans l’environnement.
La pratique de l’élevage entraine donc une grande pollution avec notamment une acidification des sols et un réchauffement climatique important.
- L’utilisation de l’eau :
L’élevage intensif représente actuellement près de 8% de l’utilisation mondiale de l’eau par l’Homme. Également, les eaux de surfaces et les sols présentent une importante pollution en raison des déchets (effluents, sangs…) produits en grande quantité. Par exemple aux états-Unis, les animaux d’élevage produisent 130 fois plus de déchets que la population humaine. Une telle production entraine donc une dégradation évidente des ressources en eaux, en plus d’une consommation très importante.

Impact sur les ressources terrestres
En accord avec ce qui est énoncé dans l'article de Tuomisto et al (2012), cette review avance que face à l’élevage conventionnel, la production in vitro consommerait beaucoup moins d’énergie et d’eau, produirait beaucoup moins de GES et enfin présenterait une utilisation des sols largement réduites. En effet une étude affirme que dans le cas ou la production de viande in vitro puisse être mise en place et remplacerait la production de viande de bétail, ces estimations seraient réduite d’au moins deux fois par rapport aux pratiques actuelles (hormis pour la consommation en énergie qui resterais importante).

Rigueur de la review :

Les faits avancés dans cette review concernant les implications environnementales sont en accord avec de précédentes études réalisés sur le sujet, notamment par Tuomisto et al (2011, 2012).
Concernant les impacts négatifs de l'élevage intensif, les faits sont avérés et leur validité ne peut être remise en cause. Cependant concernant la production de viande in vitro, les auteurs ne peuvent se baser uniquement que sur des études hypothétiques car cette pratique n'est pas encore mise en place.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette review permet d'avancer que la production de viande in vitro serait une solution efficace pour lutter contre les effets néfaste sur l'environnement, causé par l'élevage intensif.

Publiée il y a plus de 7 ans par L. Bourouina.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.