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Analyse de la référence Food allergy: is prevalence increasing?

Titre de la review :

Allergies alimentaires : la prévalence augmente-t-elle vraiment ?


Résumé de la review :

La prévalence des allergies alimentaires dans les pays développés est plus importante chez les jeunes enfants. Cependant, elle augmente aussi chez les adolescents et jeunes adultes et dans les pays en développement. L'origine de l'augmentation de la prévalence n'est pas claire : augmentation de l'incidence ou réel changement dans l'histoire des allergies alimentaires.

L'incidence réfère aux nombre de nouveaux cas diagnostiqués par population pour une période de temps ; la prévalence réfère à la proportion de la population qui est actuellement malade. S'il y a rétablissement rapide chez la plupart des personnes touchées, la prévalence reflétera étroitement l'incidence et restera stable. Si la maladie ne se résorbe pas, il y aura une accumulation de cas qui entraînera des taux de prévalence plus élevés. Ainsi, puisque les allergies persistent toute la vie d'un individu, la prévalence ne peut être réduite/stabilisée qu'avec de la prévention : il y a nécessité d'identifier des traitement.

La mesure de la prévalence est biaisée notamment un manque de données basées sur la population à l'aide de méthodes d'évaluation objectives. Peu d'études utilisent le standard en or de "l'oral food challenge". Celles qui l'utilisent indiquent une prévalence des allergies alimentaires entre 5 et 10% dans les pays de l'ouest (UK, Australie) et 7% en Chine et en Corée, pour les enfants d'âge préscolaire. On en sait moins sur la prévalence chez les autres enfants et les adultes, puis que presque aucune étude n'utilisait le standard pour examiner ces groupes d'âges : en Australie chez les adultes, 1.3% des 20-45 ans souffraient d'allergies alimentaires (2002). Plus récemment en 2014, une étude suggérait des taux plus élevés (entre 4 et 5%) suggérée par l'augmentation des hospitalisation liés à l’anaphylaxie d'origine alimentaire (adultes et enfants), des enquêtes structurées à différents moments et l'accélération récente de l'incidence d'allergies aux arachides, aux noix et fruits de mer qui persistent généralement toute la vie.

En l'absence du standard pour les études, la deuxième preuve la plus solide est fournie par les changements dans les taux d'admission à l'anaphylaxie hospitalière. Ces derniers reportent une augmentation constante depuis les deux dernières décennies. Par exemple, entre 1998 et 2012, les admissions sont passées de 1.2 à 2.4/105 patients avec la plus grosses augmentation chez les 0-4 ans. Aux Etats-Unis, les admissions ont plus que doublées chez les 0-18 ans entre 2000 et 2009. En Nouvelle Zélande, elles ont augmentées de 3.3 à 5.8/105 entre 2002 et 2011 chez les 15 ans et plus. En Australie, les taux ont quadruplés en passant de 2 à 8.2/105 entre 1998 et 2012. D'autres études montrent que c'est chez les enfants à 0 à 4 ans que les augmentations sont les plus marquées avec des taux passés de 7.3 à 30.2/105 entre 1998 et 2012. Bien que les augmentations aient été linéaires dans la plupart des groupes d'âge, une augmentation exponentielle de la prévalence a été observée chez les enfants plus âgés et les adolescents de 5 à 14 ans.
Peu d'études se sont focalisées sur d'autres régions, mais une en Chine montre sur des enfants montrait une sensibilité alimentaire qui augmentait de 9.9 à 18% et les allergies de 3.5 à 7.7% entre 1999 et 2009.
Il existe des preuves préliminaires que l'ethnicité joue un rôle important dans les risques d'allergies. Des enfants avec des parents de l'Est asiatique auraient plus de risques qu'avec des parents Caucasiens, quand ils sont exposés à l'environnement occidental dès leur jeune âge. De même, l'urbanisation en Afrique serait susceptible d'augmenter la prévalence chez les enfants.

Pour prévenir les allergies, les autorités conseille de nourrir au sein pendant les premiers mois et d'introduire la nourriture solide entre 4 et 6 mois tout en continuant l'allaitement. Pour les malades, il semble que la désensibilisation (capacité à consommer aliment sans déclencher de réaction) soit la voie que se développe actuellement.

Rigueur de la review :

La review distingue bien les études basées sur un protocole standard qu'est le oral food challenge (OFC). C'est un test médical utilisé pour confirmer la présence d'une allergie lorsque les test de peau et de sans ne permettent pas de conclure. Dans le cas d'une allergie la nourriture ingérée produira une réaction. Les changements dans les taux d'admission à l'anaphylaxie hospitalière sont également un bon moyen pour détecter les cas d'allergies.

Publiée il y a plus de 7 ans par E. Bourgeat.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.