ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Une évaluation des risques d'invasion liés à la migration assistée
Introduction à l'article :
La migration assistée (MA) ou le transfert d'espèces vers des environnements où le climat devrait devenir plus propice est très étudié actuellement. Mais ce mouvement induit par l'homme peut créer de nouvelles espèces envahissantes si ces introductions deviennent incontrôlables. Plusieurs tentatives de lutte biologique contre des espèces nuisibles ont eu des effets négatifs (charançon nourricier) . Cette espèce est définie comme envahissante, c'est un taxon qui se trouve en dehors de son aire de répartition d'origine via l'activité humaine, dont la croissance démographique est incontrôlée et cause des dommages environnementaux ou économiques.
L'utilisation des espèces envahissantes pour quantifier le risque de la migration assistée est le but de cette étude. Nous savons que la MA peut être effective à l'échelle du continent mais également entre deux continents. La question est de savoir si l'une des deux migrations est moins risquée que l'autre ?
Expériences de l'article :
L'hypothèse principale de cette étude est de proposer que les espèces envahissantes intracontinentales sont moins communes et moins nocives que les espèces envahissantes entre continents (intercontinentales). Les auteurs ont rassemblé et créé une base de données regroupant des informations sur les espèces envahissantes d'Amérique du Nord (plantes, invertébrés, poissons et autres). Trois séries de calculs ont été effectuées sur une base de données de 468 espèces.
Déterminer la proportion d'espèces envahissantes intracontinentales et intercontinentales aux Etats-Unis en prenant en compte une hypothèse nulle selon laquelle les introductions en provenance d'Amérique du Nord sont plus courantes que celles ayant une origine hors américaine.
Tester la corrélation entre la sévérité de l'invasion (trois niveaux : faible, modéré et élevé) et l'origine continentale de l'envahisseur.
Des tests (Khi-deux) pour déterminer si une association existe entre le groupe taxinomique et l'origine continentale.
Résultats de l'article :
Sur les 468 espèces de la base de données, 15 % ont une origine intracontinentale, de plus il n'y a pas de corrélation entre l'impact de l'invasion et l'origine continentale. Mais il y a une association entre les groupes taxinomiques et l'origine, par exemple, les poissons et les crustacés présentent un pourcentage beaucoup plus élevé d’envahisseurs intracontinentaux que les plantes ou bien les invertébrés.
D'après les résultats, les envahisseurs intracontinentaux sont moins communs que les envahisseurs intercontinentaux. Donc selon les données de cette étude, les espèces déplacées sous migration assistée sont moins susceptibles d'envahir mais si celles-ci envahissent, elles seront tout aussi susceptibles de causer des dommages importants que les envahisseurs aux origines lointaines.
Ce que cet article apporte au débat :
Ainsi cet article dresse un portrait plutôt positif de la migration assistée en essayant de quantifier le risque d'invasion. L'article propose que la migration assistée est toujours exposée à un risque (risque d’inaction, risque d’échec et de trop de succès). Mais que celui-ci peut être minimiser pour certains groupes taxinomiques et pour une certaine forme de migration (intracontinentale). Il y a également certains doutes, il faudrait selon les auteurs une réglementation pour la migration assistée, la création de lois et de protocoles pour cette méthode.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
A. Walker et C. Franc.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Une évaluation des risques d'invasion liés à la migration assistée
Introduction à l'article :
La migration assistée (MA) ou le transfert d'espèces vers des environnements où le climat devrait devenir plus propice est très étudié actuellement. Mais ce mouvement induit par l'homme peut créer de nouvelles espèces envahissantes si ces introductions deviennent incontrôlables. Plusieurs tentatives de lutte biologique contre des espèces nuisibles ont eu des effets négatifs (charançon nourricier) . Cette espèce est définie comme envahissante, c'est un taxon qui se trouve en dehors de son aire de répartition d'origine via l'activité humaine, dont la croissance démographique est incontrôlée et cause des dommages environnementaux ou économiques.
L'utilisation des espèces envahissantes pour quantifier le risque de la migration assistée est le but de cette étude. Nous savons que la MA peut être effective à l'échelle du continent mais également entre deux continents. La question est de savoir si l'une des deux migrations est moins risquée que l'autre ?
L'hypothèse principale de cette étude est de proposer que les espèces envahissantes intracontinentales sont moins communes et moins nocives que les espèces envahissantes entre continents (intercontinentales). Les auteurs ont rassemblé et créé une base de données regroupant des informations sur les espèces envahissantes d'Amérique du Nord (plantes, invertébrés, poissons et autres). Trois séries de calculs ont été effectuées sur une base de données de 468 espèces.
Sur les 468 espèces de la base de données, 15 % ont une origine intracontinentale, de plus il n'y a pas de corrélation entre l'impact de l'invasion et l'origine continentale. Mais il y a une association entre les groupes taxinomiques et l'origine, par exemple, les poissons et les crustacés présentent un pourcentage beaucoup plus élevé d’envahisseurs intracontinentaux que les plantes ou bien les invertébrés.
D'après les résultats, les envahisseurs intracontinentaux sont moins communs que les envahisseurs intercontinentaux. Donc selon les données de cette étude, les espèces déplacées sous migration assistée sont moins susceptibles d'envahir mais si celles-ci envahissent, elles seront tout aussi susceptibles de causer des dommages importants que les envahisseurs aux origines lointaines.
Ainsi cet article dresse un portrait plutôt positif de la migration assistée en essayant de quantifier le risque d'invasion. L'article propose que la migration assistée est toujours exposée à un risque (risque d’inaction, risque d’échec et de trop de succès). Mais que celui-ci peut être minimiser pour certains groupes taxinomiques et pour une certaine forme de migration (intracontinentale). Il y a également certains doutes, il faudrait selon les auteurs une réglementation pour la migration assistée, la création de lois et de protocoles pour cette méthode.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.