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Analyse de la référence What If Extinction Is Not Forever?

Titre de la review :

Et si l’extinction n’est pas éternelle ?


Résumé de la review :

Les thylacines ou communément appelés « tigres de Tasmanie » sont des prédateurs marsupiaux d’Australie. Cette espèce a été considérée comme éteinte dans les années 1936 et semblerait attirer l’attention de certains scientifiques quant aux atouts et aux obstacles liés à sa résurrection.

Il existe trois technologies permettant la « dé-extinction » d’espèces éteintes. Parmi ces approches, on distingue la sélection, le clonage et le génie génétique. Premièrement, la reproduction sélective serait intéressante dans le cas où les espèces disparues auraient des descendants proches vivants. Ainsi, cela permettrait l’obtention d’une descendance phénotypiquement proche de l'espèce disparue. Par ailleurs, cette reproduction serait possible uniquement dans les situations où les variations génétiques des espèces disparues ont été sélectionnées et persistent chez les descendants. Deuxièmement, il y a le clonage par transfert de noyau de cellules somatiques (TNCS) à partir de tissus cryoconservés contenant des noyaux de cellules viables. Mais le TNCS ne serait applicable que sur des espèces récemment éteintes. Troisièmement, le génie génétique permettrait à partir d’une espèce éteinte ayant laissé suffisamment de matériel génétique intact, le séquençage de haute qualité du génome entier. L’ADN présent dans les cellules d’une espèce vivante pourrait être modifié pour correspondre à la séquence génomique de l’espèce éteinte. Cela permettrait la reconstitution du génome éteint sur plusieurs générations.

Bien que ces technologies semblent illustrer des avancées dans le monde scientifique, certains écologistes et biologistes évoquent des notions de risques et objections liées à la résurrection d’animaux disparus. D’une part, il est probable que les animaux créés au cours de ce processus pourraient comporter des variations génomiques particulières pouvant entraîner des déformations morphologiques et des limites dans leur capacité d’adaptation à l’environnement actuel, ce qui pourrait être à l’origine d’une mort précoce. D’autre part, certains soutiennent que les animaux récemment disparus pourraient se révéler être d’excellents vecteurs d’agents pathogènes, notamment en étant porteur de rétrovirus endogènes. Ces pathogènes pourraient être transmis à d’autres espèces animales et entraîner l’extinction de ces derniers et engendrer, à long terme, une diminution de la biodiversité. De plus, bien qu’une espèce n’était pas parasite dans son écosystème d’origine, il pourrait se comporter comme un prédateur après réintroduction dans le nouvel écosystème, ce qui pourrait bouleverser, en autre, la chaîne alimentaire. Enfin, certaines conséquences de la réintroduction d’une espèce restent inconnues mais les risques semblent assez faibles et probablement gérables.

La « dé-extinction » confèrerait des avantages concrets pour l’environnement en restaurant les écosystèmes éteints ou menacés, et sur la faune en préservant les espèces actuellement en voie de disparition. Par exemple, la renaissance du mammouth laineux en tant que grand animal de pâturage dans l’Arctique pourrait aider à restaurer les steppes arctiques à la place de zones moins riches écologiquement. Néanmoins, il serait nécessaire de mettre en place une politique de conservation des espèces ressuscitées, par exemple en recréant des écosystèmes spécifiques dans le but de les protéger, de permettre leur adaptation et de minimiser les possibles interactions néfastes avec d’autres espèces.

Rigueur de la review :

Review assez courte et compréhensible où l’ensemble des enjeux politiques, environnementaux, sanitaires et éthiques lié à la « dé-extinction » sont évoqués.

Ce que cette review apporte au débat :

La notion de diminution probable de la biodiversité par des espèces ressuscitées pouvant être porteuses d’agents pathogènes. Ces pathogènes sont-ils transmissibles à d’autres espèces ? Si oui, quels impacts sur la faune pourrait-il y avoir dans un écosystème donné ?

Remarques sur la review :

Les auteurs ont étudié dans la prestigieuse Université de Stanford, aux Etats-Unis . Cette université est connue pour sélectionner de très bons étudiants. Les auteurs auraient donc des connaissances solides par rapport au cursus universitaire suivi ce qui laisse penser qu'il s'agit d'une publication fondée sur des propos solides et réfléchis.

Publiée il y a plus de 7 ans par E. Nifaut et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 7 ans.