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Cette review relate plusieurs éléments permettant une réflexion sur l’intérêt de l’élevage et les services rendus par cette pratique. Des points concernant un remplacement de cette dernière par la fabrication de viande in vitro sont également abordés.
Premièrement, il est important de bien différencier les différentes formes d’élevages . En effet, il n’existe pas qu’un seul type d’élevage mais bien plusieurs (élevage intensif, traditionnel…) dont les pratiques peuvent être très différentes et leurs impacts sur l’environnement qui sont de ce fait très inégals également (ex : Amérique avec bovins engraissés vs pâturage de montagne -> deux exemples très contrastés où l’un est beaucoup plus dégradant pour l’environnement que l’autre).
L’auteur suggère également de rester méfiant quant aux chiffres que l’on peut retrouver dans de nombreuses études concernant les impacts de l’élevage . Par exemple, en ce qui concerne l’estimation de la consommation d’eau, la méthode «water food print» qui est la plus utilisée, ne prend pas en compte les cycles biologiques. En effet lorsque ces derniers sont pris en compte, on s’aperçoit que 95% de l’empreinte eau qui est estimée dans les analyses retournerais en réalité dans le cycle de l’eau. Chaque étude est donc à prendre avec précaution.
Viande in vitro, une fausse bonne idée :
La viande in vitro apparaît comme une solution pour résoudre les problèmes de bien-être animal et sécurité alimentaire tout en préservant l’environnement contrairement à l’élevage. Cependant les chercheurs restent sceptiques sur le sujet, d’autant plus qu’il est difficile d’évaluer l’impactde ce procédé. En effet, pour parvenir à une production à grande échelle d’un tel produit, il est nécessaire de produire en grande quantité : des hormones, des facteurs de croissance, du sérum de veau fœtal, des antibiotiques et des fongicides… Les résidus peuvent présenter un danger potentiel pour l’environnement de par le caractère polluant de certains d’entre eux. Également, des études révèlent qu’une telle production aurait un impact modéré dans la réduction des GES et de la pollution par les nitrates , un intérêt limité quant à l’utilisation d’énergie fossile et très limitée quand à l’économie en eau. De plus, la production de viande in vitro est un procédé qui n’est à ce jour toujours pas au point et qui utilise des molécules actuellement interdites en élevage, il est donc légitime de s’interroger quant à la pertinence sanitaire de cette pratique. Néanmoins, une telle production présente un avantage indiscutable quant à la libération de terres cultivables et à la baisse du nombre d’animaux abattus .
Face à ces contraintes environnementales, l’auteur avance qu’il existe d’autres solutions que la production de biomasse. Des solutions plus accessibles à court terme pour nourrir l’humanité tout en respectant l’environnement et les animaux , et qui puissent être plus facilement accepté par les sociétés.
L’élevage reste nécessaire :
Le cas des ruminants : L’élevage des ruminants est beaucoup critiqué de par la forte production de GES qu’il engendre, néanmoins il reste nécessaire car il joue un rôle essentiel et rend de nombreux services (environnementaux, systémique…). Il ne peut y avoir d’agriculture durable sans cet élevage. Il contribue à l’entretien et au maintien des paysages ouverts et diversifiés. Il permet une limitation des pertes en eau par le ruissellement et une recharge des nappes phréatiques, grâce au pâturage des sols. De plus, une disparition de l’élevage de ruminant entraînerait une désertification de milliards d’hectares, comme il en est déjà le cas aux États-Unis.
Plus généralement, une suppression totale de l’élevage se traduirait par la perte de nombreux services environnementaux : fertilisation organique des terres, recyclage des sous produits de cultures, entretien des prairies et pâturages. Mais entraînerait également des conséquences économiques, sociales, culturelles importantes.
Rigueur de la review :
Cette review bien qu'étant paru dans une revue scientifique française (viande & produits carnés), et étant rédigé en français semble très rigoureuse. En effet, cette étude relativement récente est basée sur de nombreuses études et la bibliographie qui la compose est riche et les faits avancés sont toujours justifiés.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review est essentielle au débat. En effet, elle permet de donner un avis tranché quant à la pratique de l'élevage et les impacts qu'il peut avoir sur l'environnement. Elle revient également sur plusieurs généralisations abusives et idées reçues que l'on peut trouver dans de nombreux articles. Elle permet aussi d'aborder le sujet de la production de viande in vitro et le remplacement de l'élevage par cette pratique, et l'on retrouve des points négatifs qui sont très peu abordé dans la majorité des autres études.
Fausse viande ou vrai élevage ?
Résumé de la review :
Cette review relate plusieurs éléments permettant une réflexion sur l’intérêt de l’élevage et les services rendus par cette pratique. Des points concernant un remplacement de cette dernière par la fabrication de viande in vitro sont également abordés.
Premièrement, il est important de bien différencier les différentes formes d’élevages . En effet, il n’existe pas qu’un seul type d’élevage mais bien plusieurs (élevage intensif, traditionnel…) dont les pratiques peuvent être très différentes et leurs impacts sur l’environnement qui sont de ce fait très inégals également (ex : Amérique avec bovins engraissés vs pâturage de montagne -> deux exemples très contrastés où l’un est beaucoup plus dégradant pour l’environnement que l’autre).
L’auteur suggère également de rester méfiant quant aux chiffres que l’on peut retrouver dans de nombreuses études concernant les impacts de l’élevage . Par exemple, en ce qui concerne l’estimation de la consommation d’eau, la méthode «water food print» qui est la plus utilisée, ne prend pas en compte les cycles biologiques. En effet lorsque ces derniers sont pris en compte, on s’aperçoit que 95% de l’empreinte eau qui est estimée dans les analyses retournerais en réalité dans le cycle de l’eau. Chaque étude est donc à prendre avec précaution.
Viande in vitro, une fausse bonne idée :
La viande in vitro apparaît comme une solution pour résoudre les problèmes de bien-être animal et sécurité alimentaire tout en préservant l’environnement contrairement à l’élevage. Cependant les chercheurs restent sceptiques sur le sujet, d’autant plus qu’il est difficile d’évaluer l’impactde ce procédé. En effet, pour parvenir à une production à grande échelle d’un tel produit, il est nécessaire de produire en grande quantité : des hormones, des facteurs de croissance, du sérum de veau fœtal, des antibiotiques et des fongicides… Les résidus peuvent présenter un danger potentiel pour l’environnement de par le caractère polluant de certains d’entre eux. Également, des études révèlent qu’une telle production aurait un impact modéré dans la réduction des GES et de la pollution par les nitrates , un intérêt limité quant à l’utilisation d’énergie fossile et très limitée quand à l’économie en eau. De plus, la production de viande in vitro est un procédé qui n’est à ce jour toujours pas au point et qui utilise des molécules actuellement interdites en élevage, il est donc légitime de s’interroger quant à la pertinence sanitaire de cette pratique. Néanmoins, une telle production présente un avantage indiscutable quant à la libération de terres cultivables et à la baisse du nombre d’animaux abattus .
Face à ces contraintes environnementales, l’auteur avance qu’il existe d’autres solutions que la production de biomasse. Des solutions plus accessibles à court terme pour nourrir l’humanité tout en respectant l’environnement et les animaux , et qui puissent être plus facilement accepté par les sociétés.
L’élevage reste nécessaire :
Le cas des ruminants : L’élevage des ruminants est beaucoup critiqué de par la forte production de GES qu’il engendre, néanmoins il reste nécessaire car il joue un rôle essentiel et rend de nombreux services (environnementaux, systémique…). Il ne peut y avoir d’agriculture durable sans cet élevage. Il contribue à l’entretien et au maintien des paysages ouverts et diversifiés. Il permet une limitation des pertes en eau par le ruissellement et une recharge des nappes phréatiques, grâce au pâturage des sols. De plus, une disparition de l’élevage de ruminant entraînerait une désertification de milliards d’hectares, comme il en est déjà le cas aux États-Unis.
Plus généralement, une suppression totale de l’élevage se traduirait par la perte de nombreux services environnementaux : fertilisation organique des terres, recyclage des sous produits de cultures, entretien des prairies et pâturages. Mais entraînerait également des conséquences économiques, sociales, culturelles importantes.
Cette review bien qu'étant paru dans une revue scientifique française (viande & produits carnés), et étant rédigé en français semble très rigoureuse. En effet, cette étude relativement récente est basée sur de nombreuses études et la bibliographie qui la compose est riche et les faits avancés sont toujours justifiés.
Cette review est essentielle au débat. En effet, elle permet de donner un avis tranché quant à la pratique de l'élevage et les impacts qu'il peut avoir sur l'environnement. Elle revient également sur plusieurs généralisations abusives et idées reçues que l'on peut trouver dans de nombreux articles. Elle permet aussi d'aborder le sujet de la production de viande in vitro et le remplacement de l'élevage par cette pratique, et l'on retrouve des points négatifs qui sont très peu abordé dans la majorité des autres études.
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