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Renaissance d’espèces éteintes utilisant le transfert nucléaire : un espoir pour le mammouth, une vérité pour le bouquetin des Pyrénées, grâce au "clonage de conservation".
Résumé de la review :
Les mammifères connaissent actuellement une crise d’extinction. Le nombre d’espèces menacées est accablant et leur taux d’extinction ne cesse de croître. Plus d’un animal sur quatre risque de disparaitre à jamais.
Pour lutter contre ce problème, des scientifiques ont mis en place des techniques de transfert nucléaire de cellules somatiques (TNCS) permettant la « renaissance » d’espèces éteintes.
Un succès de cette technique a été démontré par la naissance d’un bouquetin génétiquement identique au dernier bouquetin des Pyrénées éteint dans les années 2000. Fait intéressant, le recourt à une chèvre domestique en tant que « mère » porteuse a été nécessaire.
Cette approche ouvre des perspectives de clonage, d’une part sur des espèces éteintes depuis longtemps comme le mammouth qui avait un rôle bénéfique sur les écosystèmes ou d'autre part, sur des espèces éteintes récemment comme le thylacine. Par exemple, si des cellules de mammouth ont été conservées et contiennent de l’ADN intact, elles pourraient être incorporées par choc électrique dans un ovule d’éléphant d’Asie dont le noyau aurait préalablement été enlevé. Ainsi, après formation d’un embryon et implantation dans une mère porteuse, cela pourrait aboutir à la naissance d'un hybride comportant des gènes codants pour des traits phénotypiques et des fonctions perdus. Par ailleurs, cela aurait été simple s’il n’existait pas de contraintes. En effet, l’utilisation des éléphants d’Asie semble presque impossible de part leur cycle oestral compliqué avec deux pics d’hormone lutéinisante (LH) séparés de 18 à 20 jours, des cycles mono-ovulatoires, de l’anatomie du vagin et des ovaires, et enfin du nombre de femelles éléphants candidates.
D’autre part, le clonage serait un bon outil permettant la conservation d’espèces en voie de disparition dû à la pression humaine, à leur isolement géographique ou à leur reproduction compliquée. Les espèces ayant un statut critique ont été référencées dans la liste rouge publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
De plus, de nombreux efforts peuvent être développés en s’appuyant sur des programmes binationaux impliquant des zoos et des réserves fauniques pour sauvegarder les espèces ayant été clonées.
Bien que le TNCS semble être un outil primordial pour la biologie de conservation, il existe néanmoins un manque de connaissance concernant la capacité de reproduction entre les espèces susceptibles d’être ressuscitées, ce qui pourrait être gênant pour assurer l’augmentation ainsi que la stabilité de la population d’espèces. Il reste donc encore un long chemin à parcourir avant de permettre la « dé-extinction » d’espèces éteintes comme le mammouth ou le thylacine.
Ce que cette review apporte au débat :
La séquence d’ADN de l ‘éléphant d’Asie est la plus proche de celle des mammouths.
Les obstacles du clonage des mammouths liés à l’utilisation des éléphants d’Asie et donc le manque de receveurs pour les futurs embryons clonés.
Le séquençage de l’ADN du mammouth correspond à 80% au mammouth et 20% à d’autres espèces.
La nécessité de combiner plusieurs disciplines pour réussir la résurrection d’espèces disparues.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
E. Nifaut et P. Charlot.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Renaissance d’espèces éteintes utilisant le transfert nucléaire : un espoir pour le mammouth, une vérité pour le bouquetin des Pyrénées, grâce au "clonage de conservation".
Résumé de la review :
Les mammifères connaissent actuellement une crise d’extinction. Le nombre d’espèces menacées est accablant et leur taux d’extinction ne cesse de croître. Plus d’un animal sur quatre risque de disparaitre à jamais.
Pour lutter contre ce problème, des scientifiques ont mis en place des techniques de transfert nucléaire de cellules somatiques (TNCS) permettant la « renaissance » d’espèces éteintes.
Un succès de cette technique a été démontré par la naissance d’un bouquetin génétiquement identique au dernier bouquetin des Pyrénées éteint dans les années 2000. Fait intéressant, le recourt à une chèvre domestique en tant que « mère » porteuse a été nécessaire.
Cette approche ouvre des perspectives de clonage, d’une part sur des espèces éteintes depuis longtemps comme le mammouth qui avait un rôle bénéfique sur les écosystèmes ou d'autre part, sur des espèces éteintes récemment comme le thylacine. Par exemple, si des cellules de mammouth ont été conservées et contiennent de l’ADN intact, elles pourraient être incorporées par choc électrique dans un ovule d’éléphant d’Asie dont le noyau aurait préalablement été enlevé. Ainsi, après formation d’un embryon et implantation dans une mère porteuse, cela pourrait aboutir à la naissance d'un hybride comportant des gènes codants pour des traits phénotypiques et des fonctions perdus. Par ailleurs, cela aurait été simple s’il n’existait pas de contraintes. En effet, l’utilisation des éléphants d’Asie semble presque impossible de part leur cycle oestral compliqué avec deux pics d’hormone lutéinisante (LH) séparés de 18 à 20 jours, des cycles mono-ovulatoires, de l’anatomie du vagin et des ovaires, et enfin du nombre de femelles éléphants candidates.
D’autre part, le clonage serait un bon outil permettant la conservation d’espèces en voie de disparition dû à la pression humaine, à leur isolement géographique ou à leur reproduction compliquée. Les espèces ayant un statut critique ont été référencées dans la liste rouge publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
De plus, de nombreux efforts peuvent être développés en s’appuyant sur des programmes binationaux impliquant des zoos et des réserves fauniques pour sauvegarder les espèces ayant été clonées.
Bien que le TNCS semble être un outil primordial pour la biologie de conservation, il existe néanmoins un manque de connaissance concernant la capacité de reproduction entre les espèces susceptibles d’être ressuscitées, ce qui pourrait être gênant pour assurer l’augmentation ainsi que la stabilité de la population d’espèces. Il reste donc encore un long chemin à parcourir avant de permettre la « dé-extinction » d’espèces éteintes comme le mammouth ou le thylacine.
La séquence d’ADN de l ‘éléphant d’Asie est la plus proche de celle des mammouths.
Les obstacles du clonage des mammouths liés à l’utilisation des éléphants d’Asie et donc le manque de receveurs pour les futurs embryons clonés.
Le séquençage de l’ADN du mammouth correspond à 80% au mammouth et 20% à d’autres espèces.
La nécessité de combiner plusieurs disciplines pour réussir la résurrection d’espèces disparues.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.