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Titre de l'article :

Tuer ou ne pas tuer - Opinion des praticiens sur la gestion des espèces exotiques envahissantes comme un pas en avant vers le renforcement du contrôle des invasions.


Introduction à l'article :

Scientifiques et gestionnaires de la nature s'accordent à dire que la prévention d'une nouvelle introduction d'espèce exotique envahissante reste le moyen le plus efficace pour réduire les invasions biologiques. Toutefois, cette prévention n'est pas systématiquement couronnée de succès et des mesures de contrôles des espèces envahissantes, souvent controversées, sont mis en oeuvre. Pour lutter efficacement contre les EEE, il est nécessaire de disposer d'une meilleure compréhension de l'efficacité de la lutte biologique et de son acceptabilité sociale. Bien que les praticiens de la conservation agissent en première ligne pour entreprendre les actions de contrôles, très peu d'études ont été menées pour obtenir des informations quantitatives et complètes concernant leurs connaissances et leurs attitudes à l'égard des EEE. Une étude a été menée en Pologne, un pays à la nature relativement bien préservée mais qui fait actuellement face à des invasions biologiques terrestres et aquatiques.

Expériences de l'article :

Échantillonnage et collecte des données
Une enquête a été menée auprès de personnes impliquées professionnellement dans la conservation de la nature en Pologne. Sur 2569 personnes contactées, seules 916 ( 28,6%) ont répondu à l'enquête.

Conception du questionnaire
Les questions que les auteurs ont soumis à ces professionnels portent sur :

  1. leurs informations socio-démographique
  2. leurs connaissances sur la conservation de la nature et les problèmes liés aux EEE en Pologne
  3. leurs opinions sur les principes et les méthodes utilisées pour le contrôle des EEE
  4. leurs opinions sur les options de gestion de 22 EEE qui constituent une menace sérieuse pour la biodiversité indigène de la Pologne
  5. leur degré d'acceptation de ces méthodes
  6. leur travail et s'il nécessite la prise de décisions dans la gestion des EEE

3 groupes :

  1. les preneurs de décisions
  2. les non preneurs de décisions
  3. les sans opinion sur leur possibilité à prendre des décisions concernant les EEE
Résultats de l'article :

Les conservateurs de la nature sont familiers de la terminologie liée à la biologie de l'invasion mais sous-estiment fortement le nombre d'EEE présentes en Pologne. Les décisionnaires ont de meilleures connaissances sur les EEE que les autres groupes de personnes et supportent des méthodes plus radicales. Ces méthodes sont fortement soutenues et prises en charge pour les plantes, les invertébrés, les mollusques et les insectes mais le sont beaucoup moins pour les oiseaux et les mammifères. Une vaste majorité des personnes qui ont répondu à l'enquête déclare leur approbation de diverses méthodes mais un scepticisme plane concernant l’efficacité de l'utilisation d'herbicides, de poisons ou de pesticides. On a un support plus prononcé pour l’abattage, l'anesthésie létale et la stérilisation des adultes et la destruction des nids que pour le contrôle drastique des juvéniles. Cependant, ces professionnels n'ont pas d'opinions clairs sur les principes et les méthodes de contrôle des EEE.

Ce que cet article apporte au débat :

Le personnel traitant de la gestion des EEE sont guidés par leurs connaissances et leurs croyances personnelles, leurs émotions, les valeurs universelles et l'acceptation sociale plus que par les preuves scientifiques et académiques. Combler le fossé qui existe entre le savoir et la pratique dans les invasions biologiques est devenu un nouveau défi pour les scientifiques et les praticiens. D'après cette enquête, les praticiens n'ont pas d'opinions claires sur les principes et les méthodes employées dans la gestion des EEE et le défi actuel est de combler ce déficit pour améliorer l'efficacité du contrôle des EEE. Il y a donc un réel décalage entre la science et la pratique dans la gestion des invasions biologiques, un décalage qui semble être universel.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Leroy et M. Corbin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.