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Titre de l'article :

Une revue systématique du biais de contexte en biologie de l'invasion.


Introduction à l'article :

La manière dont les scientifiques conçoivent les invasions biologiques et le langage qu’ils utilisent pour le faire peut suggérer un biais. Les publications sur la biologie des invasions ont fait leur apparition au cours des années 90. Dans les années 2000, une controverse éclate et est de nouveau soulevée dans les années 2010, alors que les chercheurs suggèrent qu'un préjugé contre les espèces envahissantes, y compris l'utilisation d'un langage chargé de valeurs, pourrait influencer la manière dont la recherche est conçue et interprétée, et produire des résultats biaisés. Alors que l'hypothèse selon laquelle les espèces envahissantes sont des super-concurrents qui menacent l'existence d'espèces indigènes est répandue, les données à l'appui des théories fondées sur la concurrence sont mitigées. Ici, 650 études sont examinées afin d'étudier les biais sous forme de langage sur les invasions d'espèces, ses tendances temporelles et sa correspondance avec l'interprétation des résultats.

Expériences de l'article :

Une liste d'articles évaluées par des pairs sur la concurrence entre espèces envahissantes et indigènes est établis à partir des termes : "invasif" * "indigène" * "concurrence" via Web of Science (2014). La terminologie entre exotiques, non indigènes et invasives est incertaine. La recherche est donc affiné : les citation Sciences sociales et arts et sciences humaines ont été exclus, seul les "articles" sont conservés. La recherche produit une liste de 1 349 articles. Une équipe de relecteurs a examiné chaque article et éliminé les révisions, méta-analyses, simulations et articles non anglais. Lors d'une lecture plus approfondie sont rejeté ceux qui ne testaient pas la concurrence entre espèces envahissantes et indigènes et ceux sans preuves à l'appui. Nos critères ont ramené le nombre d'articles à 651 et sont classés comme suit : (1) Pas rejeté parce que les auteurs ont indiqué la concurrence, mais pas convaincu par la qualité de l'étude (2) Confiance intermédiaire (3) Confiance absolue.

Résultats de l'article :

Sur les articles restants, la plupart des études présentent les espèces envahissantes comme concurrent supérieur aux espèces indigènes (53,8%), alors que peu indiquent les espèces indigènes comme de meilleurs concurrents (7,5%). D'autres études présentes des résultats mitigés (28,9%). Plus de la moitié des organismes étudiés étaient des plantes (57,9%), suivies des arthropodes (16,0%). Les écosystèmes terrestres sont les plus courants (64,9%), suivis des écosystèmes aquatiques (26,5%). La plupart des études ont été menées sur le terrain (55,5%), 33,4% en laboratoire/en serre et 11,1% à l'aide d'une combinaison des deux. La plupart des études sont expérimentales (73,8%), et 26,2% d'observation. Les examinateurs sont convaincus que la plupart (62,6%) des articles répondent au critère de l'examen quantitatif, 28,6% de confiance intermédiaire et 8,8% de confiance faible. Pour finir, il une diminution des biais d’interprétation est observé vers les année 2000.

Rigueur de l'article :

Les choix de termes utilisés pour la recherche, souvent indiqué comme trop général, ne semble pas toujours idéaux. De plus certains articles, comme ceux n'étant pas écrit en anglais, sont rejeté ce qui limite cet étude.

Ce que cet article apporte au débat :

Les résultats suggèrent que les espèces envahissantes sont en effet de meilleurs concurrents que les espèces indigènes, en accord avec d'autres revues et méta-analyses. Cependant, notre objectif n'était pas l'évaluation des espèces envahissantes, mais une évaluation des biais potentiels et des corrections dans la science des espèces envahissantes. Les biais dans cette discipline semblent diminuer. Mais la moitié des articles sur la biologie des invasions ont une introduction standard où les auteurs interprètent toujours les espèces envahissantes avec une plus grande négativité dans les études corrélatives. En outre, si l’on perçoit la biologie de l’invasion comme un consensus à défendre, la suggestion de préjugés semblera être une attaque. A l'inverse, pour ceux qui perçoivent la biologie des invasions comme un champ dysfonctionnel qui devrait être reconsidéré en tant que sous-discipline écologiste autonome, les tendances à l'amélioration peuvent sembler banales ou peu substantielles.

Remarques sur l'article :

Cet article cherche à trouver des biais d'interprétations dues au langage scientifique parfois ambigu concernant la biologie de l'invasion. Il s'agit là d'une des premières méta-analyses sur les biais dans cette nouvelle discipline très controversée, ce qui en fait l'un des article les plus centraux dans cette controverse.

Publiée il y a plus de 7 ans par G. Piau.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.