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Le "Parc Pléistocène" : retour à l’écosystème du mammouth
Résumé de la review :
Le Pléistocène est une époque géologique où de vastes plaines et vallées constituaient les paysages dominants. De nombreux animaux tels que les mammouths, les rhinocéros laineux, les yacks, les bisons, les chevaux, les rennes, les boeufs musqués et les wapitis broutaient les sols de ces prairies. A la fin du Pléistocène, l’écosystème a brutalement été modifié, ce qui marqua le début de l’Holocène. En Sibérie, cette époque fut fortement bouleversée par différents changements : la transformation du climat aride en climat humide, le remplacement de la toundra-steppe en toundra moussue et forestière, la disparition de certains herbivores, l’apparition de l’homme préhistorique pratiquant la chasse, et le réchauffement général du climat. Certains de ces facteurs sont à l’origine du déclin des populations animales notamment celles des mammouths. Ces herbivores jouaient auparavant des rôles essentiels dans le pâturage (piétinement) de la végétation et dans la fertilisation des sols grâce à leur fumier. Ces fonctions conférées par ces animaux disparus étaient impliquées dans les cycles biogéochimiques des écosystèmes. Bien que le climat changeant soit un des facteurs ayant entraîné le déclin de ces espèces, il semblerait plus probable que leur disparition soit fortement corrélée avec l’apparition des espèces Homo. En effet, de nombreux outils, armes et peintures ont été retrouvés, datant de la même époque que ces animaux préhistoriques.
Aujourd’hui, nous sommes dans une époque où le réchauffement climatique pose d’énormes problèmes et suscite une attention particulière. En effet, nous assistons à la fonte des glaces et au dégel des sols. Les microorganismes piégés risquent d’être relâchés et leurs activités de conversion du carbone du sol en dioxyde de carbone en conditions aérobies et en méthane en conditions anaérobies débutera. La libération de ces gaz ne fera qu’amplifier l’effet de serre.
Pour atténuer certaines des conséquences négatives du réchauffement climatique, Sergey A. Zimov a entrepris le projet de restaurer l’écosystème ancien de l’époque (Pléistocène) des mammouths dans le nord de la Sibérie (Yakoutie).
La réintroduction des animaux de pâturage tels que les mammouths permettrait la restauration de leurs fonctions conférées par leur comportement collectif. Une de leurs fonctions essentielles est le piétement de la neige exposant le sol à des températures plus froides qui empêcherait la glace ainsi que le pergélisol de fondre et donc le rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Le « Parc Pléistocène » est le projet que Sergey A. Zimov a mis en place depuis 1989. La première étape de ce projet consiste à rassembler uniquement la mégafaune survivante de l’écosystème du mammouth, sans les prédateurs, dans une partie du parc riche en prairies. La seconde étape serait d’augmenter suffisamment la densité des herbivores pour influencer sur la végétation et le sol. La troisième étape est primordiale car il s’agit de réintroduire des espèces telles que les bisons du Canada et lorsque les herbivores seront suffisamment abondants, il faudra acclimater les tigres de Sibérie. Hormis des objectifs écologiques, le Parc Pléistocène serait une solution innovante permettant de tester directement le rôle des grands herbivores dans la création et le maintien des écosystèmes.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette revue permet d'avoir une idée et un historique complet de la succession d'évènements ayant eu lieu entre le Pléistocène et l'Holocène, un aperçu du climat, de l'état du sol et de la végétation dans l'écosystème du mammouth. Elle permet également d'évoquer les causes probables de la disparition des herbivores et les conséquences écologiques. Elle met en évidence les fonctions conférées par les mammouths et impliquées dans la diminution voire l'atténuation du réchauffement climatique actuel. De plus, elle apporte les traces et indices de la présence de l'homme préhistorique ainsi que son implication dans l'extinction d'espèces. Enfin, elle met en avant le rôle des microorganismes impliqués dans les cycles biogéochimiques au sein des écosystèmes.
Remarques sur la review :
Cet essai a été publié dans "Science" qui est un très bon journal scientifique américain publiant des articles dans tous les domaines scientifiques (biologie, chimie, physique, mathématiques, anthropologie, archéologie, et autres). Il semblerait donc qu'il s'agisse d'une bonne review scientifique.
Concernant Sergey A. Zimov (l'auteur), il occupe un poste de directeur à la station de recherche du Nord-Est à Cherskii en République de Sakha (Yakoutie), et semble avoir des connaissances théoriques et des compétences pratiques solides de par sa formation universitaire en géophysique à la "Far East State University" de Russie (Vladivostok) et de son expérience sur terrain en Sibérie septentrionale pour l'Institut de géographie du Pacifique, qui fait partie de la branche Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie. Ses ambitions prononcées pour l'envie de restaurer des écosystèmes lui ont valu une couverture dans des livres, des documentaires et d'autres médias.
Le "Parc Pléistocène" : retour à l’écosystème du mammouth
Résumé de la review :
Le Pléistocène est une époque géologique où de vastes plaines et vallées constituaient les paysages dominants. De nombreux animaux tels que les mammouths, les rhinocéros laineux, les yacks, les bisons, les chevaux, les rennes, les boeufs musqués et les wapitis broutaient les sols de ces prairies. A la fin du Pléistocène, l’écosystème a brutalement été modifié, ce qui marqua le début de l’Holocène. En Sibérie, cette époque fut fortement bouleversée par différents changements : la transformation du climat aride en climat humide, le remplacement de la toundra-steppe en toundra moussue et forestière, la disparition de certains herbivores, l’apparition de l’homme préhistorique pratiquant la chasse, et le réchauffement général du climat. Certains de ces facteurs sont à l’origine du déclin des populations animales notamment celles des mammouths. Ces herbivores jouaient auparavant des rôles essentiels dans le pâturage (piétinement) de la végétation et dans la fertilisation des sols grâce à leur fumier. Ces fonctions conférées par ces animaux disparus étaient impliquées dans les cycles biogéochimiques des écosystèmes. Bien que le climat changeant soit un des facteurs ayant entraîné le déclin de ces espèces, il semblerait plus probable que leur disparition soit fortement corrélée avec l’apparition des espèces Homo. En effet, de nombreux outils, armes et peintures ont été retrouvés, datant de la même époque que ces animaux préhistoriques.
Aujourd’hui, nous sommes dans une époque où le réchauffement climatique pose d’énormes problèmes et suscite une attention particulière. En effet, nous assistons à la fonte des glaces et au dégel des sols. Les microorganismes piégés risquent d’être relâchés et leurs activités de conversion du carbone du sol en dioxyde de carbone en conditions aérobies et en méthane en conditions anaérobies débutera. La libération de ces gaz ne fera qu’amplifier l’effet de serre.
Pour atténuer certaines des conséquences négatives du réchauffement climatique, Sergey A. Zimov a entrepris le projet de restaurer l’écosystème ancien de l’époque (Pléistocène) des mammouths dans le nord de la Sibérie (Yakoutie).
La réintroduction des animaux de pâturage tels que les mammouths permettrait la restauration de leurs fonctions conférées par leur comportement collectif. Une de leurs fonctions essentielles est le piétement de la neige exposant le sol à des températures plus froides qui empêcherait la glace ainsi que le pergélisol de fondre et donc le rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Le « Parc Pléistocène » est le projet que Sergey A. Zimov a mis en place depuis 1989. La première étape de ce projet consiste à rassembler uniquement la mégafaune survivante de l’écosystème du mammouth, sans les prédateurs, dans une partie du parc riche en prairies. La seconde étape serait d’augmenter suffisamment la densité des herbivores pour influencer sur la végétation et le sol. La troisième étape est primordiale car il s’agit de réintroduire des espèces telles que les bisons du Canada et lorsque les herbivores seront suffisamment abondants, il faudra acclimater les tigres de Sibérie. Hormis des objectifs écologiques, le Parc Pléistocène serait une solution innovante permettant de tester directement le rôle des grands herbivores dans la création et le maintien des écosystèmes.
Cette revue permet d'avoir une idée et un historique complet de la succession d'évènements ayant eu lieu entre le Pléistocène et l'Holocène, un aperçu du climat, de l'état du sol et de la végétation dans l'écosystème du mammouth. Elle permet également d'évoquer les causes probables de la disparition des herbivores et les conséquences écologiques. Elle met en évidence les fonctions conférées par les mammouths et impliquées dans la diminution voire l'atténuation du réchauffement climatique actuel. De plus, elle apporte les traces et indices de la présence de l'homme préhistorique ainsi que son implication dans l'extinction d'espèces. Enfin, elle met en avant le rôle des microorganismes impliqués dans les cycles biogéochimiques au sein des écosystèmes.
Cet essai a été publié dans "Science" qui est un très bon journal scientifique américain publiant des articles dans tous les domaines scientifiques (biologie, chimie, physique, mathématiques, anthropologie, archéologie, et autres). Il semblerait donc qu'il s'agisse d'une bonne review scientifique.
Concernant Sergey A. Zimov (l'auteur), il occupe un poste de directeur à la station de recherche du Nord-Est à Cherskii en République de Sakha (Yakoutie), et semble avoir des connaissances théoriques et des compétences pratiques solides de par sa formation universitaire en géophysique à la "Far East State University" de Russie (Vladivostok) et de son expérience sur terrain en Sibérie septentrionale pour l'Institut de géographie du Pacifique, qui fait partie de la branche Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie. Ses ambitions prononcées pour l'envie de restaurer des écosystèmes lui ont valu une couverture dans des livres, des documentaires et d'autres médias.
Vidéo : Parc du Pléistocène
Dernière modification il y a plus de 7 ans.