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L'état actuel de la science citoyenne en tant qu'outil pour la recherche en écologie et l’engagement public
Résumé de la review :
Combiner des données historiques avec des bases de données collectées à large échelle par des participants géographiquement dispersés permet d’avancer la recherche en écologie sur un plan temporel et spatial. Ainsi la science citoyenne est devenue un outil indispensable pour la recherche en écologie qui réussit non seulement à rassembler d’énormes jeux de données, mais aussi à connecter des personnes sur un plan géographique. Cette revue s’apprête à répondre aux questions suivantes : (1) Comment la science citoyenne permet-elle aux chercheurs d’adresser des questions importantes en écologie ? (2) Quels sont les apports de la science citoyenne à large échelle ? (3) Quels sont les conditions nécessaires pour garantir la durabilité de l’engagement public ?
Ecologie des paysages et macro-écologie
L’écologie des paysages et la macro-écologie sont des domaines de l’écologie qui à petite et grande échelle essaient de comprendre comment la distribution et l’abondance des espèces varient en fonction de paramètres tels que l’hétérogénéité des habitats, la taille corporelle ou le taux de précipitation. Même si les chercheurs ont accès à des images satellites et des techniques de télédétection, ceci n’est guère suffisant et il est nécessaire de faire appel à des projets de science citoyenne. A large échelle, il s’avère possible de collecter des données de présence/absence ou d’abondance tandis qu’à des échelles plus fines des contributions sur la qualité des eaux, la pollution lumineuse ou encore la météo sont possibles. Les avancées récentes sont la découverte de l'évolution de la niche écologique, des changements dans la phénologie de plantes ou encore la présence d’une date de ponte précoce chez un oiseau migrateur.
L’Anthropocène : écologie urbaine et agriculturale
Un autre aspect qui peut être adressé est l’impact de l'homme sur la biodiversité. Il s’agit de l’étude des biomes urbains, agriculturals et résidentiels afin d’informer sur des pertes de biodiversité et de proposer des mesures de conservation pour adoucir le conflit homme-nature. Des études récentes ont démontré un effet positif des jardins avec des plantes locales sur la conservation de l’avifaune ou encore une augmentation de la prédation du nid dans des régions urbaines au sein du gradient urbain-rural. Ce contexte permet de voir la science citoyenne comme un outil important pour informer sur l’évolution des patrons de biodiversité.
Découverte d’organismes rares et suivi des populations
La « many eyes » philosophie permet d’augmenter le nombre d’évènements rares ce qui rend possible une meilleur détection d’organismes rares, de suivre des invasions (propagation de maladies) et de répertorier des évènements de boom et de récession.
Approche universelle
En 2009, une équipe de chercheurs a publié le premier modèle intégratif pour la mise en place de projets de science citoyenne. Ce modèle est basé sur 3 étapes : (1) Rassembler une équipe bien définie contenant des chercheurs en écologie, des spécialistes en éducation, des informaticiens, des experts en communication et marketing ainsi que des évaluateurs. Cette équipe est censée mettre au point une démarche concise avec des buts d’éducation et de recherche bien définis. (2) Mise en place d’un design expérimental explicite et identification des ressources nécessaires pour acquérir et évaluer les données. (3) Des périodes itératives d’évaluation et de révision assurent des protocoles performants, l’entrainement des participants, l’entrée des données et les infrastructures de partage.
Recrutement et durabilité
Afin de garantir la durabilité des projets de science citoyenne, il s’avère important de choisir des collaborations et partenariats stratégiques afin de maintenir le financement des structures informatiques et de la direction du projet. De plus, il faut maintenir de bonnes relations avec les participants et leur proposer du support ou des rémunérations sous forme de reconnaissance en tant que co-auteurs d’un article.
Ce que cette review apporte au débat :
Les projets de sciences citoyennes guident la participation publique dans une diversité de sujets de recherche en écologie et dans l’étude des facteurs abiotiques.
En combinant recherche et éducation, les sciences participatives permettent d’avoir un grand impact sur la société. Ainsi elle motive les membres du public à participer à des projets de recherche authentiques et à les plonger dans la démarche et les outils de communication scientifique.
Au cours des 20 dernières années, de nombreux outils informatiques tels que les interfaces graphiques et les systèmes d’information géographique, qui sont désormais disponibles sur des smartphones, ont permis de stimuler l’émergence de la science citoyenne.
Les projets de science citoyenne se retrouvent face à des problématiques de priorisation et de durabilité ce qui initie la question de comment les financements de l’état et des partenariats permettent de soutenir l’intérêt du public à faire de la science citoyenne.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
D. Lutgen et C. Mayeux.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
L'état actuel de la science citoyenne en tant qu'outil pour la recherche en écologie et l’engagement public
Résumé de la review :
Combiner des données historiques avec des bases de données collectées à large échelle par des participants géographiquement dispersés permet d’avancer la recherche en écologie sur un plan temporel et spatial. Ainsi la science citoyenne est devenue un outil indispensable pour la recherche en écologie qui réussit non seulement à rassembler d’énormes jeux de données, mais aussi à connecter des personnes sur un plan géographique. Cette revue s’apprête à répondre aux questions suivantes : (1) Comment la science citoyenne permet-elle aux chercheurs d’adresser des questions importantes en écologie ? (2) Quels sont les apports de la science citoyenne à large échelle ? (3) Quels sont les conditions nécessaires pour garantir la durabilité de l’engagement public ?
Ecologie des paysages et macro-écologie
L’écologie des paysages et la macro-écologie sont des domaines de l’écologie qui à petite et grande échelle essaient de comprendre comment la distribution et l’abondance des espèces varient en fonction de paramètres tels que l’hétérogénéité des habitats, la taille corporelle ou le taux de précipitation. Même si les chercheurs ont accès à des images satellites et des techniques de télédétection, ceci n’est guère suffisant et il est nécessaire de faire appel à des projets de science citoyenne. A large échelle, il s’avère possible de collecter des données de présence/absence ou d’abondance tandis qu’à des échelles plus fines des contributions sur la qualité des eaux, la pollution lumineuse ou encore la météo sont possibles. Les avancées récentes sont la découverte de l'évolution de la niche écologique, des changements dans la phénologie de plantes ou encore la présence d’une date de ponte précoce chez un oiseau migrateur.
L’Anthropocène : écologie urbaine et agriculturale
Un autre aspect qui peut être adressé est l’impact de l'homme sur la biodiversité. Il s’agit de l’étude des biomes urbains, agriculturals et résidentiels afin d’informer sur des pertes de biodiversité et de proposer des mesures de conservation pour adoucir le conflit homme-nature. Des études récentes ont démontré un effet positif des jardins avec des plantes locales sur la conservation de l’avifaune ou encore une augmentation de la prédation du nid dans des régions urbaines au sein du gradient urbain-rural. Ce contexte permet de voir la science citoyenne comme un outil important pour informer sur l’évolution des patrons de biodiversité.
Découverte d’organismes rares et suivi des populations
La « many eyes » philosophie permet d’augmenter le nombre d’évènements rares ce qui rend possible une meilleur détection d’organismes rares, de suivre des invasions (propagation de maladies) et de répertorier des évènements de boom et de récession.
Approche universelle
En 2009, une équipe de chercheurs a publié le premier modèle intégratif pour la mise en place de projets de science citoyenne. Ce modèle est basé sur 3 étapes : (1) Rassembler une équipe bien définie contenant des chercheurs en écologie, des spécialistes en éducation, des informaticiens, des experts en communication et marketing ainsi que des évaluateurs. Cette équipe est censée mettre au point une démarche concise avec des buts d’éducation et de recherche bien définis. (2) Mise en place d’un design expérimental explicite et identification des ressources nécessaires pour acquérir et évaluer les données. (3) Des périodes itératives d’évaluation et de révision assurent des protocoles performants, l’entrainement des participants, l’entrée des données et les infrastructures de partage.
Recrutement et durabilité
Afin de garantir la durabilité des projets de science citoyenne, il s’avère important de choisir des collaborations et partenariats stratégiques afin de maintenir le financement des structures informatiques et de la direction du projet. De plus, il faut maintenir de bonnes relations avec les participants et leur proposer du support ou des rémunérations sous forme de reconnaissance en tant que co-auteurs d’un article.
Les projets de sciences citoyennes guident la participation publique dans une diversité de sujets de recherche en écologie et dans l’étude des facteurs abiotiques.
En combinant recherche et éducation, les sciences participatives permettent d’avoir un grand impact sur la société. Ainsi elle motive les membres du public à participer à des projets de recherche authentiques et à les plonger dans la démarche et les outils de communication scientifique.
Au cours des 20 dernières années, de nombreux outils informatiques tels que les interfaces graphiques et les systèmes d’information géographique, qui sont désormais disponibles sur des smartphones, ont permis de stimuler l’émergence de la science citoyenne.
Les projets de science citoyenne se retrouvent face à des problématiques de priorisation et de durabilité ce qui initie la question de comment les financements de l’état et des partenariats permettent de soutenir l’intérêt du public à faire de la science citoyenne.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.