ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Les espèces envahissantes sont elles les conductrices du changement écologique ?


Résumé de la review :

De la sphère scientifique à la sphère politique, il est un consensus selon lequel les espèces envahissantes sont considérées comme l’une des principales causes directes de la perte de biodiversité. Cependant, comme l’expliquent les auteurs de cette review, il semblerait que ce point d’accord commun soit en grande partie fondé sur de simples corrélations entre la dominance exotique et le déclin des espèces indigènes dans des systèmes dégradés. En effet, l'invasion biologique est de nos jours réputée comme une menace pour la santé humaine et l'environnement. Ce phénomène serait ainsi considéré comme l'un des " cinq grands " enjeux environnementaux d'intérêt public. Cette position, ayant attiré l'attention des médias, aurait engendré une hyperbole considérable concernant les impacts globaux des espèces envahissantes ce qui aurait pour conséquence l’émergence d’une inquiétude au sein des experts. Surtout lorsque ces derniers s’accordent sur le fait que la littérature scientifique sur le sujet semble bien devenir très abondante en ce sens. Les auteurs ici mettent en évidence le manque de preuves solides qui argumenteraient les faits selon lesquels les espèces envahissantes seraient une menace directe pour la santé humaine et une cause directe du déclin des espèces indigènes. Les auteurs considèrent qu’il est d’une importance capitale de savoir si la corrélation positive omniprésente entre le déclin des espèces indigènes et dominance des espèces envahissantes signifie nécessairement que les espèces envahissantes sont les moteurs des changement observés. Ce document s’appuie largement sur l’expérience de MacDougall et Turkington pour suggérer l’existence d’une hypothèse alternative évidente stipulant qu’une domination exotique pourrait être les résultats d’un mécanisme indirect en étant non pas la cause mais la conséquence de la modification de l’habitat. Il est mis en exergue de manière concise les théories des mécanismes d’espèces envahissantes conductrices et passagères aux changement d’un écosystème. Au fil de leur article, Didham et ses collègues mettent en lumière les limites des expérimentations in situ visant à décrire et expliquer au mieux les mécanismes d’évolution des écosystèmes envahis. Ils soulignent notamment la construction de modèles corrélatifs trop imprécis, l'incapacité de détecter les facteurs historiques des changements écologiques dans les situations où le système a été irréversiblement modifié ou encore avec l’impossibilité de tester expérimentalement les liens directs ou indirects dès lors que plusieurs moteurs du changement écologique interviennent.

Rigueur de la review :

Il n’apparaît pas de manière évidente ici un manque de rigueur.

Ce que cette review apporte au débat :

Cet article ouvre de manière argumentée, via l’appui d’une littérature scientifique éclectique, les pistes d’une réflexion autour d’une potentielle mauvaise considération des espèces envahissantes pour des raisons allant de la mauvaise interprétation et/ou traduction et diffusion des résultats de certains acteurs, jusqu'aux biais inclus dans nombre d’expériences menées et donc à mieux prendre compte. Cet article ne semble pas faire l’objet d’assertions mais plutôt d’un argumentaire visant à mettre en garde sur les expériences menées ayant pour objectif la mesure des impacts des espèces envahissantes sur un écosystème donné. Il semblerait que les processus d'invasions soient plus complexes que le laisse le montrer une partie conséquente des études menées et que la théorie de l'espèce envahissante passagère soit à mieux considérer.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Corbin et A. Gardin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.