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Les avantages de l'hybridation diminuent avec la divergence croissante des populations
Introduction à l'article :
Les populations à faible effectif sont très souvent menacées d'extinction, notamment par le phénomène de dépression de consanguinité. L'introduction de matériel génétique provenant d'autres populations pourrait alors permettre, via le phénomène d'hétérosis, d'augmenter la fitness des hybrides car les effets des allèles récessifs délétères seront masqués chez les individus hétérozygotes. Cela permettrait ainsi d'augmenter la viabilité de la population cible. Cependant, cette stratégie pourrait également causer une dépression hybride.
Afin de pouvoir estimer le potentiel de réussite d'un sauvetage génétique, deux facteurs clés doivent être pris en compte : le niveau de divergence génétique entre les populations et la quantité de variation génétique introduite.
Le but de cette expérience est donc d'étudier les conséquences du niveau de divergence inter-populationnelle et du nombre de populations sources sur l'hybridation de populations isolées de drosophiles (Drosophila littoralis ).
Expériences de l'article :
À partir d'une population de laboratoire, 16 populations consanguines maintenues à 10 individus chacune (5M/5F) ont été constituées. Une population témoin composée de 500 individus a également été établie afin d'éviter les biais environnementaux.
Ensuite, des populations hybrides avec différents niveaux de divergence (estimés à partir de 8 microsatellites nucléaires) ont été constituées : LD ("Low Divergence") après 7 générations et HD ("High Divergence") après 15 générations. Pour faire varier le nombre de populations sources, ces dernières ont été établies à partir de 2 ou 4 populations consanguines.
Les auteurs ont donc créé 4 conditions d'hybridation et ont entretenu les populations sur 7 générations après l'évènement d'hybridation.
Par la suite, la viabilité des populations hybrides et consanguines a été mesurée et les effets de l'hybridation, du niveau de divergence, du nombre de populations sources et des générations sur l'extinction et la production de descendants ont été examinés.
Résultats de l'article :
Les résultats mettent en évidence une augmentation de la viabilité des populations sur au moins 7 générations après l'hybridation. Cependant, cet effet n'a été significatif que lorsque les croisements impliquaient des populations consanguines avec un faible niveau de divergence. De plus, avec ce même degré de divergence, la production de descendants était supérieure à celle de la population témoin. Au contraire, avec un haut niveau de divergence lors du croisement, la production de descendants devient moindre que celle de la population témoin.
En outre, les auteurs mettent finalement en évidence que le nombre de populations sources utilisées pour établir les populations hybrides n'avait pas d'impact significatif sur la viabilité des populations.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article est très complet et apporte beaucoup au débat. En effet, il permet de statistiquement évaluer l'influence de l'hybridation, selon différents niveaux de divergence, sur la viabilité et la production de descendants des populations. Il permet de mettre en évidence les avantages à long terme de l'hybridation sur la fitness des populations consanguines. En revanche, il montre également que ces avantages sont réduits à partir d'un certain seuil de divergence génétique entre les populations croisées.
Cependant, cet article ne nous permet pas de quantifier ce seuil pour cette espèce. En effet, il aurait été intéressant d'évaluer le seuil de divergence limite à partir duquel celle-ci nuit à l'hybridation.
De plus, il paraît difficile d'extrapoler les résultats de cette expérience sur d'autres espèces. En effet, le modèle de la drosophile permet d'observer des mécanismes mais ne permet en aucun cas de conclure sur les mécanismes d'hybridation des autres espèces.
Les avantages de l'hybridation diminuent avec la divergence croissante des populations
Introduction à l'article :
Les populations à faible effectif sont très souvent menacées d'extinction, notamment par le phénomène de dépression de consanguinité. L'introduction de matériel génétique provenant d'autres populations pourrait alors permettre, via le phénomène d'hétérosis, d'augmenter la fitness des hybrides car les effets des allèles récessifs délétères seront masqués chez les individus hétérozygotes. Cela permettrait ainsi d'augmenter la viabilité de la population cible. Cependant, cette stratégie pourrait également causer une dépression hybride.
Afin de pouvoir estimer le potentiel de réussite d'un sauvetage génétique, deux facteurs clés doivent être pris en compte : le niveau de divergence génétique entre les populations et la quantité de variation génétique introduite.
Le but de cette expérience est donc d'étudier les conséquences du niveau de divergence inter-populationnelle et du nombre de populations sources sur l'hybridation de populations isolées de drosophiles (Drosophila littoralis ).
À partir d'une population de laboratoire, 16 populations consanguines maintenues à 10 individus chacune (5M/5F) ont été constituées. Une population témoin composée de 500 individus a également été établie afin d'éviter les biais environnementaux.
Ensuite, des populations hybrides avec différents niveaux de divergence (estimés à partir de 8 microsatellites nucléaires) ont été constituées : LD ("Low Divergence") après 7 générations et HD ("High Divergence") après 15 générations. Pour faire varier le nombre de populations sources, ces dernières ont été établies à partir de 2 ou 4 populations consanguines.
Les auteurs ont donc créé 4 conditions d'hybridation et ont entretenu les populations sur 7 générations après l'évènement d'hybridation.
Par la suite, la viabilité des populations hybrides et consanguines a été mesurée et les effets de l'hybridation, du niveau de divergence, du nombre de populations sources et des générations sur l'extinction et la production de descendants ont été examinés.
Les résultats mettent en évidence une augmentation de la viabilité des populations sur au moins 7 générations après l'hybridation. Cependant, cet effet n'a été significatif que lorsque les croisements impliquaient des populations consanguines avec un faible niveau de divergence. De plus, avec ce même degré de divergence, la production de descendants était supérieure à celle de la population témoin. Au contraire, avec un haut niveau de divergence lors du croisement, la production de descendants devient moindre que celle de la population témoin.
En outre, les auteurs mettent finalement en évidence que le nombre de populations sources utilisées pour établir les populations hybrides n'avait pas d'impact significatif sur la viabilité des populations.
Cet article est très complet et apporte beaucoup au débat. En effet, il permet de statistiquement évaluer l'influence de l'hybridation, selon différents niveaux de divergence, sur la viabilité et la production de descendants des populations. Il permet de mettre en évidence les avantages à long terme de l'hybridation sur la fitness des populations consanguines. En revanche, il montre également que ces avantages sont réduits à partir d'un certain seuil de divergence génétique entre les populations croisées.
Cependant, cet article ne nous permet pas de quantifier ce seuil pour cette espèce. En effet, il aurait été intéressant d'évaluer le seuil de divergence limite à partir duquel celle-ci nuit à l'hybridation.
De plus, il paraît difficile d'extrapoler les résultats de cette expérience sur d'autres espèces. En effet, le modèle de la drosophile permet d'observer des mécanismes mais ne permet en aucun cas de conclure sur les mécanismes d'hybridation des autres espèces.
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