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L'accouplement assortatif parmi les animaux d'origine captive et sauvage, étudié à la suite de réintroduction expérimentale
Figure :
Introduction à l'article :
Des populations sauvages et nées en captivité évoluent inévitablement dans de manière divergente, puisque leurs processus évolutifs (sélection et dérive) ainsi que leurs environnements sont différents. De plus, il a été montré que ces variations s’acquièrent rapidement aux cours des générations. Parmi les conséquences de cette divergence, on observe une fois la remise en contact des deux populations une orientation dans le choix des partenaires sexuels. Cette étude cherche à en cerner des causes ainsi que certaines conséquences.
Expériences de l'article :
Il s'agit d'une expérience en laboratoire sur des populations de souris conservés pendant trois générations en captivité, puis mises en contact avec des populations sauvages et captives dans un environnement semi naturel (pour limiter le stress des animaux). Le but étant d'observer les préférences dans le choix des partenaires sexuels. Tout au long de l'expérience, des mesures de caractères phénotypiques (poids) et génétiques ont été effectuées, en particulier par l'utilisation de pedigree. La diversité génétique a été analysé via un calcul de distance génétique entre individus, grâce au séquençage de microsatellites.
La génération F0 (capture à l'état sauvage) est composée de souris venues de zones séparées par de grandes distance pour limiter l'apparentement.
Résultats de l'article :
Sur la génération F1, aucune différence avec les individus sauvages n'est observée, cependant dès la F2 il y a un perte diversité génétique ainsi qu'une augmentation de l'hétérozygoticité. De plus, 83 % des descendants nés à la suite de la confrontation sont nés de parents issus du même milieu, d'où l'augmentation de l'endogamie. La cause de cette préférence pourrait être la différence phénotypique, les souris captives étant plus grosses que les sauvages. Par conséquent, le choix assortatif du partenaire d'accouplement a des conséquences réelles sur le succès de la réintroduction. Les nés-captifs ont tendance à plus s'accoupler entre eux et moins avec les sauvages, ce qui en fait un frein considérable au plan de conservation de l'espèce.
Rigueur de l'article :
L'article présente un protocole expérimental simple et clair, il apporte une démarche en laboratoire ce qui est intéressant puisque la majorité des articles en lien avec la réintroduction sont effectués in natura.
Il faut noter cependant que la souris (Mus musculus) est une espèce bien connue pour son choix assortatif lors de l'accouplement. Il s'agit donc potentiellement d'un cas "extrême" qui ne devrait pas être généralisé à toutes les espèces sans approfondissement.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article décrypte un des effets importants de la divergence entre population sauvage et nées-captives au moment de leur remise en contact : le choix différentiel et endogame du partenaire sexuel.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
L. Dugerdil et I. Prigent.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
L'accouplement assortatif parmi les animaux d'origine captive et sauvage, étudié à la suite de réintroduction expérimentale
Des populations sauvages et nées en captivité évoluent inévitablement dans de manière divergente, puisque leurs processus évolutifs (sélection et dérive) ainsi que leurs environnements sont différents. De plus, il a été montré que ces variations s’acquièrent rapidement aux cours des générations. Parmi les conséquences de cette divergence, on observe une fois la remise en contact des deux populations une orientation dans le choix des partenaires sexuels. Cette étude cherche à en cerner des causes ainsi que certaines conséquences.
Il s'agit d'une expérience en laboratoire sur des populations de souris conservés pendant trois générations en captivité, puis mises en contact avec des populations sauvages et captives dans un environnement semi naturel (pour limiter le stress des animaux). Le but étant d'observer les préférences dans le choix des partenaires sexuels. Tout au long de l'expérience, des mesures de caractères phénotypiques (poids) et génétiques ont été effectuées, en particulier par l'utilisation de pedigree. La diversité génétique a été analysé via un calcul de distance génétique entre individus, grâce au séquençage de microsatellites.
La génération F0 (capture à l'état sauvage) est composée de souris venues de zones séparées par de grandes distance pour limiter l'apparentement.
Sur la génération F1, aucune différence avec les individus sauvages n'est observée, cependant dès la F2 il y a un perte diversité génétique ainsi qu'une augmentation de l'hétérozygoticité. De plus, 83 % des descendants nés à la suite de la confrontation sont nés de parents issus du même milieu, d'où l'augmentation de l'endogamie. La cause de cette préférence pourrait être la différence phénotypique, les souris captives étant plus grosses que les sauvages. Par conséquent, le choix assortatif du partenaire d'accouplement a des conséquences réelles sur le succès de la réintroduction. Les nés-captifs ont tendance à plus s'accoupler entre eux et moins avec les sauvages, ce qui en fait un frein considérable au plan de conservation de l'espèce.
L'article présente un protocole expérimental simple et clair, il apporte une démarche en laboratoire ce qui est intéressant puisque la majorité des articles en lien avec la réintroduction sont effectués in natura.
Il faut noter cependant que la souris (Mus musculus) est une espèce bien connue pour son choix assortatif lors de l'accouplement. Il s'agit donc potentiellement d'un cas "extrême" qui ne devrait pas être généralisé à toutes les espèces sans approfondissement.
L'article décrypte un des effets importants de la divergence entre population sauvage et nées-captives au moment de leur remise en contact : le choix différentiel et endogame du partenaire sexuel.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.