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Titre de l'article :

Impact de l’élevage à la main sur la morphologie et la physiologie du grand Tétras (Tetrao urogallus)


Introduction à l'article :

Des programmes d'élevages afin de réintroduire le grand Tétras à l'état sauvage existent depuis de nombreuses années, mais pour l'instant ils n'ont guère rencontré de succès. Leurs conditions d'élevages sont très éloignées de leur état naturelle, avec une absence de prédateur, des zones de vol restreintes, une présence régulière de l'homme.
Ce genre de programme existe avec d'autres espèces d'oiseaux, et il a été noté pour elles des différences physiologique et morphologique entre les individus élevés et les individus sauvage. Ces différences explique au moins en partie le fort taux de mortalité des individus relâchés dans la nature.
Cette étude propose donc d'effectuer des comparaisons physiologiques et morphologiques entre des grands Tétras sauvage et d'autres ayant été élevés en captivité.

Expériences de l'article :

Onze tétras sauvages et vingts captifs ont été comparés sur plusieurs critères morphologiques : le poids, la longueur de l'intestin grêle et celle du caecum et la taille des muscles pectoraux et de ceux des ailes.
Des analyses sanguines ont également été réalisées, afin d'avoir des indices tels que les taux d'hémoglobine ou de glucose. De même, à partir de tissus échantillonnés, l'activité de la cytochrome-c oxydase a été relevée, ainsi que la concentration en protéines et en glycogène.
Les tests statistiques réalisés sont une ANOVA (comme des mâles et des femelles ont été utilisés, il fallait prendre en compte l'effet du sexe sur la morphologie, en plus de celui de la captivité), un test de Student (t-test) et une MANOVA.

Résultats de l'article :

Les différences significatives entre les tétras provenant de l'état sauvage ou de captivité sont les suivantes :

  • la taille de muscles pectoraux des mâles (liés à la fonction du vol) est plus importantes chez les individus sauvages, mais c'est l'inverse pour les individus femelles
  • l'intestin grêle et le caecum sont plus longs chez les individus sauvages
  • le taux d'acide urique dans le plasma est plus bas chez les individus sauvages
  • l'activité de la cytochrome-c oxydase est plus élevée chez les individus sauvages
  • la composition en protéine dans les muscles pectoraux est plus importante chez les individus sauvages
  • la composition du foie est également différente (au niveau de la concentration en graisse ou en protéines)

Tous ces éléments ayant un impact sur les capacités des oiseaux (digestion, vol, effort), ils ont très probablement un lien avec le taux de survie très faibles des tétras relâchés à partir de la captivité

Rigueur de l'article :

Le nombre d'individu utilisés est assez bas, ce qui rend toute étude statistique compliquée. De plus, les différentes classes (captives ou sauvages, mâles ou femelles) n'ont pas du tous les même effectifs. Et même ainsi, certains individus étaient plus jeunes que d'autres, et n'en était donc pas au même moment de leur cycle de vie. Cela peut être un biais important à l'analyse statistique. Difficile de pouvoir critiquer le protocole, cependant, car les animaux sauvages proviennent de la chasse, et donc il n'est pas possible de maîtriser ces facteurs.
Autre problème, tous les tétras élevés en captivité provenaient de la même ferme, or les résultats devrait être vérifiés dans d'autres programmes afin de pouvoir permettre leur généralisation.
Cependant, il s'agit de résultats cohérents avec ceux trouvés dans d'autres études, chez d'autres espèces de gallinacés.

Ce que cet article apporte au débat :

Le cas du tétras est bien connu en biologie de la conservation, car ses réintroductions sont rarement couronnées de succès. Cet article propose donc des pistes pour comprendre pourquoi certains programmes ne peuvent pas fonctionner, bien que cela ne soit pas valable pour toutes les espèces animales.

Publiée il y a plus de 7 ans par I. Prigent.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.