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Le succès des réintroductions d'espèces : un cas d'étude sur le cerf élaphe au Portugal, deux décennies après sa réintroduction.
Introduction à l'article :
Si la réintroduction d'espèces est globalement considérée comme nécessaire pour recouvrir les effectifs d'une population sauvage, le suivi sur le long terme de cette réintroduction quant à lui fait souvent défaut. Dans le cas du cerf élaphe du Portugal, la réintroduction a eu massivement lieu dans les années 90, des mesures doivent donc être effectuées de nos jours pour savoir si la réintroduction a été un succès d'un point de vue démographique sur le moyen/long terme. Dans le cadre de cette étude, c'est le succès d'une translocation de population vers une région où l'espèce était éteinte qui est étudiée, et non pas la réintroduction de jeunes issus d'une naissance en captivité.
Expériences de l'article :
Après avoir réintroduit une grande quantité (n = 96) d'individus dans une zone où les cerfs élaphes avaient disparus, la variation de la population est mesurée, 20 ans plus tard, par le biais de comptage le long d'une soixantaine de transects. La population est donc ainsi estimée et, une fois rapportée à la surface des habitats, les auteurs en déduisent une valeur de densité de population. Ils peuvent comparer cette valeur aux habitats alentours, là où la réintroduction n'a pas été effectuée.
Résultats de l'article :
La densité estimée est de 3.1 individu / 100 hectare.
Il observe aussi une diffusion de l'espèce dans les zones limitrophes de la zone de réintroduction. La campagne est donc considérée comme un succès puisque l'espèce à commencer à étendre sa biogéographie. Elle est donc a nouveau compétitive dans une gamme plus large d'habitats.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article montre que dans certains cas (celui où l'espèce n'est pas menacée de façon aussi critique partout dans le monde) une réintroduction par translocation de population, d'une zone où l'espèce n'est pas menacée vers une zone voisine où l'espèce est en danger - voire éteinte, est la solution la plus efficace sur le long terme.
Remarques sur l'article :
L'article confirme les résultats de Torres et al. 2016 (Long-term assessment of roe deer reintroductions in North-East Spain: A case of success. Mammalian Biology-Zeitschrift für Säugetierkunde 81, 415–422.)
Dans ce cas là aussi, il y a un vrai succès : maintient voire augmentation constante de la population sans effet éthologique ou génétique problématique. Mais encore une fois, il s'agit de la translocation de populations issues d'environnement voisin et non d'une réintroduction d'espèces nées en captivité.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
L. Dugerdil et I. Prigent.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Le succès des réintroductions d'espèces : un cas d'étude sur le cerf élaphe au Portugal, deux décennies après sa réintroduction.
Introduction à l'article :
Si la réintroduction d'espèces est globalement considérée comme nécessaire pour recouvrir les effectifs d'une population sauvage, le suivi sur le long terme de cette réintroduction quant à lui fait souvent défaut. Dans le cas du cerf élaphe du Portugal, la réintroduction a eu massivement lieu dans les années 90, des mesures doivent donc être effectuées de nos jours pour savoir si la réintroduction a été un succès d'un point de vue démographique sur le moyen/long terme. Dans le cadre de cette étude, c'est le succès d'une translocation de population vers une région où l'espèce était éteinte qui est étudiée, et non pas la réintroduction de jeunes issus d'une naissance en captivité.
Après avoir réintroduit une grande quantité (n = 96) d'individus dans une zone où les cerfs élaphes avaient disparus, la variation de la population est mesurée, 20 ans plus tard, par le biais de comptage le long d'une soixantaine de transects. La population est donc ainsi estimée et, une fois rapportée à la surface des habitats, les auteurs en déduisent une valeur de densité de population. Ils peuvent comparer cette valeur aux habitats alentours, là où la réintroduction n'a pas été effectuée.
La densité estimée est de 3.1 individu / 100 hectare.
Il observe aussi une diffusion de l'espèce dans les zones limitrophes de la zone de réintroduction. La campagne est donc considérée comme un succès puisque l'espèce à commencer à étendre sa biogéographie. Elle est donc a nouveau compétitive dans une gamme plus large d'habitats.
L'article montre que dans certains cas (celui où l'espèce n'est pas menacée de façon aussi critique partout dans le monde) une réintroduction par translocation de population, d'une zone où l'espèce n'est pas menacée vers une zone voisine où l'espèce est en danger - voire éteinte, est la solution la plus efficace sur le long terme.
L'article confirme les résultats de Torres et al. 2016 (Long-term assessment of roe deer reintroductions in North-East Spain: A case of success. Mammalian Biology-Zeitschrift für Säugetierkunde 81, 415–422.)
Dans ce cas là aussi, il y a un vrai succès : maintient voire augmentation constante de la population sans effet éthologique ou génétique problématique. Mais encore une fois, il s'agit de la translocation de populations issues d'environnement voisin et non d'une réintroduction d'espèces nées en captivité.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.