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Quels rôles pour les virus dans les scénarios d'origine de la vie ?
Résumé de la review :
Des rôles importants dans les scénarios d'origine de la vie ont été et sont toujours attribués à des virus. Pourtant, la stricte dépendance des virus vis-à-vis des cellules pour leur multiplication est largement reconnue. Il est étonnant de constater que plusieurs biologistes ont conféré et confèrent toujours aux virus un rôle important dans l'origine de la vie. Comment les virus pourraient-ils jouer un rôle dans l'émergence de la vie cellulaire si l'existence de cellules est une condition préalable à l'existence de virus? Plusieurs théories de l’origine de la vie existent avec notamment deux théories distinctes explicitées dans cette review avec une «approche nucléocentrique», par opposition à une «approche cytoplasmique». L'approche nucléocentrique a défini la vie sur la base des activités biologiques se déroulant à l'intérieur du noyau des cellules, à savoir la duplication automatique. L'approche cytoplasmique, d'autre part, s'est concentrée sur le cytoplasme en tant que modèle permettant de définir la vie et de comprendre son origine. Ainsi, les virus ne peuvent pas jouer un rôle important que dans les scénarios nucléocentriques car ils ne peuvent se répliquer de façon autonome.
3 rôles principaux des virus dans les premiers scénarios d’origine de la vie sont mis en évidence :
1- Le virus pourrait être une «métaphore» de la vie elle-même. C’est-à-dire qu’un virus pourrait être conceptualisé comme une image de la vie primitive.
2- En tant que «modèle opérationnel», le virus offre, par analogie, une représentation conceptuelle des mécanismes possibles par lesquels les formes de vie primitives auraient pu vivre.
3- En tant que lignée phylogénétique, les virus pourraient être considérés comme des «descendants relativement non modifiés du précurseur primordial de toutes les formes de vie ultérieures».
Il est important de noter que si les virus étaient décrits comme étant acellulaires, l’ancêtre primordial pourrait également être conçu comme étant également acellulaire. Les recherches sur l'origine de la vie n'essayeraient plus d'expliquer comment la vie cellulaire a émergé, mais plutôt comment les formes de vie acellulaires ont émergé.
Il est mentionné que les virus pourraient jouer un rôle important dans les scénarios d’origine de la vie, car les concepts de vie et de virus sont souvent révisés de manière critique. Une première stratégie importante pour introduire des virus dans les scénarios consiste à définir la vie comme étant acellulaire. La conception micellaire de la vie de D’Hérelle, la conception des «molécules moléculaires» vivantes d’Alexander et Bridges, ou les réseaux de réplicateurs génétiques de Koonin dans les compartiments organiques illustrent ce point. Pour D’Hérelle et Koonin en particulier, les virus pourraient avoir un rôle métaphorique, opérationnel et phylogénétique car la vie primitive était acellulaire. La conception «micellaire» de la vie qu'ils proposent est très proche de la conception cellulaire et rendue possible par les incertitudes liées à la nature des virus. La définition de virus de Koonin, au contraire, insiste sur la réplication.
Une stratégie très différente d’introduction de virus dans les scénarios repose sur la redéfinition de la vie cellulaire et non de la vie. Pour Forterre, la vie est cellulaire et doit être apparue avec les premières cellules. Pourtant, la vie cellulaire ne signifie pas que les seules cellules possibles sont des cellules à ADN. En supposant que les cellules à ARN soient possibles, les virus peuvent jouer un rôle phylogénétique et opérationnel dans l'évolution de la vie cellulaire précoce, par exemple, dans la transition des cellules à ARN aux cellules à ADN.
Rigueur de la review :
Cette review est une sorte de compilation bibliographique et historique critique sur les différentes implications des virus dans les différents scénarios de l'origine de la vie. Les auteurs compilent donc les différents scénarios proposés depuis le début du XXème siècle, avec leur support bibliographique en apportant un œil critique et plus moderne sur les arguments apportés. L'auteur essaie d'apporter un point de vue objectif et neutre en analysant chaque hypothèse d'origine de la vie.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review va alors brièvement décrire les différents rôles que les virus ont joué dans les premiers scénarios de l’origine de la vie et les raisons pour lesquelles ils ont progressivement été négligés , puis les rôles que jouent les virus dans les scénarios de l’origine de la vie actuels seront abordés ainsi que les désaccords concernant les rôles des virus dans les scénarios contemporains sachant que ces scénarios proviennent essentiellement de concepts différents de la vie et du virus.
Cette conception n'a pas besoin de modifier la définition des virus en tant que parasites obligatoires intracellulaires. Changer la conception de la vie cellulaire suffit. Elle montre qu'il n'est pas nécessaire d'adopter une perspective nucléocentrique pour conférer aux virus un rôle important dans l'origine de la vie, ce qui remet en question la pertinence de la dichotomie entre les perspectives de réplication et de métabolisme.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
F. Gueret.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Quels rôles pour les virus dans les scénarios d'origine de la vie ?
Résumé de la review :
Des rôles importants dans les scénarios d'origine de la vie ont été et sont toujours attribués à des virus. Pourtant, la stricte dépendance des virus vis-à-vis des cellules pour leur multiplication est largement reconnue. Il est étonnant de constater que plusieurs biologistes ont conféré et confèrent toujours aux virus un rôle important dans l'origine de la vie. Comment les virus pourraient-ils jouer un rôle dans l'émergence de la vie cellulaire si l'existence de cellules est une condition préalable à l'existence de virus? Plusieurs théories de l’origine de la vie existent avec notamment deux théories distinctes explicitées dans cette review avec une «approche nucléocentrique», par opposition à une «approche cytoplasmique». L'approche nucléocentrique a défini la vie sur la base des activités biologiques se déroulant à l'intérieur du noyau des cellules, à savoir la duplication automatique. L'approche cytoplasmique, d'autre part, s'est concentrée sur le cytoplasme en tant que modèle permettant de définir la vie et de comprendre son origine. Ainsi, les virus ne peuvent pas jouer un rôle important que dans les scénarios nucléocentriques car ils ne peuvent se répliquer de façon autonome.
3 rôles principaux des virus dans les premiers scénarios d’origine de la vie sont mis en évidence :
1- Le virus pourrait être une «métaphore» de la vie elle-même. C’est-à-dire qu’un virus pourrait être conceptualisé comme une image de la vie primitive.
2- En tant que «modèle opérationnel», le virus offre, par analogie, une représentation conceptuelle des mécanismes possibles par lesquels les formes de vie primitives auraient pu vivre.
3- En tant que lignée phylogénétique, les virus pourraient être considérés comme des «descendants relativement non modifiés du précurseur primordial de toutes les formes de vie ultérieures».
Il est important de noter que si les virus étaient décrits comme étant acellulaires, l’ancêtre primordial pourrait également être conçu comme étant également acellulaire. Les recherches sur l'origine de la vie n'essayeraient plus d'expliquer comment la vie cellulaire a émergé, mais plutôt comment les formes de vie acellulaires ont émergé.
Il est mentionné que les virus pourraient jouer un rôle important dans les scénarios d’origine de la vie, car les concepts de vie et de virus sont souvent révisés de manière critique. Une première stratégie importante pour introduire des virus dans les scénarios consiste à définir la vie comme étant acellulaire. La conception micellaire de la vie de D’Hérelle, la conception des «molécules moléculaires» vivantes d’Alexander et Bridges, ou les réseaux de réplicateurs génétiques de Koonin dans les compartiments organiques illustrent ce point. Pour D’Hérelle et Koonin en particulier, les virus pourraient avoir un rôle métaphorique, opérationnel et phylogénétique car la vie primitive était acellulaire. La conception «micellaire» de la vie qu'ils proposent est très proche de la conception cellulaire et rendue possible par les incertitudes liées à la nature des virus. La définition de virus de Koonin, au contraire, insiste sur la réplication.
Une stratégie très différente d’introduction de virus dans les scénarios repose sur la redéfinition de la vie cellulaire et non de la vie. Pour Forterre, la vie est cellulaire et doit être apparue avec les premières cellules. Pourtant, la vie cellulaire ne signifie pas que les seules cellules possibles sont des cellules à ADN. En supposant que les cellules à ARN soient possibles, les virus peuvent jouer un rôle phylogénétique et opérationnel dans l'évolution de la vie cellulaire précoce, par exemple, dans la transition des cellules à ARN aux cellules à ADN.
Cette review est une sorte de compilation bibliographique et historique critique sur les différentes implications des virus dans les différents scénarios de l'origine de la vie. Les auteurs compilent donc les différents scénarios proposés depuis le début du XXème siècle, avec leur support bibliographique en apportant un œil critique et plus moderne sur les arguments apportés. L'auteur essaie d'apporter un point de vue objectif et neutre en analysant chaque hypothèse d'origine de la vie.
Cette review va alors brièvement décrire les différents rôles que les virus ont joué dans les premiers scénarios de l’origine de la vie et les raisons pour lesquelles ils ont progressivement été négligés , puis les rôles que jouent les virus dans les scénarios de l’origine de la vie actuels seront abordés ainsi que les désaccords concernant les rôles des virus dans les scénarios contemporains sachant que ces scénarios proviennent essentiellement de concepts différents de la vie et du virus.
Cette conception n'a pas besoin de modifier la définition des virus en tant que parasites obligatoires intracellulaires. Changer la conception de la vie cellulaire suffit. Elle montre qu'il n'est pas nécessaire d'adopter une perspective nucléocentrique pour conférer aux virus un rôle important dans l'origine de la vie, ce qui remet en question la pertinence de la dichotomie entre les perspectives de réplication et de métabolisme.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.