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Conservation de la faune sauvage et comportement animal : causes et conséquences des changements évolutifs sur les individus nés en captivité et réintroduits.
Introduction à l'article :
Le comportement animal est un enjeu majeur pour comprendre la succès et la durabilité d'une campagne de réintroduction d'individus nés en captivité. De plus, les traits génétiques qui influencent le comportement et le tempérament des individus évoluent différentiellement dans la nature et en captivité. Le but de cette étude est de comprendre les conséquences de cette évolution différentielle sur les comportements des individus sauvages et réintroduits un fois en contact.
Expériences de l'article :
Il est nécessaire en la biologie de la conservation de prendre en compte que chaque comportement individuel varie autours de la moyenne comportementale de l'espèce, ce qui lui procure une certaine adaptabilité. Cette variation est importante, car c'est sur son étendue que va agir la sélection naturelle : de fait, il est important de connaitre l'intégralité des tempéraments probables pour une espèce. Ces traits de tempérament peuvent être observés selon de nombreuses méthodes : mesure du temps d'approche vers un objet nouveau ou temps avant de manger une nourriture inconnue, réponse à un stimulus menaçant, temps d'approche d'un individus d'une même espèce ou d'une espèce plus basse dans la chaîne trophique. Toutes ces méthodes permettent de mesurer l'agressivité, la sociabilité, la néophobia ou le sens de l'exploration d'un individus. Cette étude fait la synthèse bibliographique des résultats obtenus quand à l'impact de la captivité sur les tempéraments animaux.
Résultats de l'article :
La captivité réprésente une forme de sélection contemporaine c'est à dire une sélection qui agit en très peu de génération. Elle est la somme d'une sélection naturelle (nouvel environnement, celui de la capture), une sélection artificiel par l'homme ainsi qu'une sélection sexuelle dont le rôle sur le tempérament est majeure. La sélection artificielle d'origine humaine impact aussi les animaux sauvages : chasse, route, fragmentation de l'habitat. Cependant elle diverge de celle appliquée aux animaux captifs. La méthode de capture est le management de la durée de captivité peuvent réduire considérablement le stress des animaux élevés et par conséquent réduire l'influence de la sélection domestique sur leur comportement. A terme, les changements comportementaux peuvent aussi induire des changements morphologiques qui altèrent d'autant plus la probabilité de succès lors de la réintroduction.
Rigueur de l'article :
Il s'agit d'une synthèse bibliographique bien étaillée en articles.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article fait le bilan des connaissances acquises quant à la compréhension des causes et des conséquences des variations comportementales des animaux nées en captivité et ceux réstés sauvages. Elle apporte donc une vue d'ensemble assez récente de l'état de l'art en éthologie appliquée à la conservation.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
L. Dugerdil et I. Prigent.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Conservation de la faune sauvage et comportement animal : causes et conséquences des changements évolutifs sur les individus nés en captivité et réintroduits.
Introduction à l'article :
Le comportement animal est un enjeu majeur pour comprendre la succès et la durabilité d'une campagne de réintroduction d'individus nés en captivité. De plus, les traits génétiques qui influencent le comportement et le tempérament des individus évoluent différentiellement dans la nature et en captivité. Le but de cette étude est de comprendre les conséquences de cette évolution différentielle sur les comportements des individus sauvages et réintroduits un fois en contact.
Il est nécessaire en la biologie de la conservation de prendre en compte que chaque comportement individuel varie autours de la moyenne comportementale de l'espèce, ce qui lui procure une certaine adaptabilité. Cette variation est importante, car c'est sur son étendue que va agir la sélection naturelle : de fait, il est important de connaitre l'intégralité des tempéraments probables pour une espèce. Ces traits de tempérament peuvent être observés selon de nombreuses méthodes : mesure du temps d'approche vers un objet nouveau ou temps avant de manger une nourriture inconnue, réponse à un stimulus menaçant, temps d'approche d'un individus d'une même espèce ou d'une espèce plus basse dans la chaîne trophique. Toutes ces méthodes permettent de mesurer l'agressivité, la sociabilité, la néophobia ou le sens de l'exploration d'un individus. Cette étude fait la synthèse bibliographique des résultats obtenus quand à l'impact de la captivité sur les tempéraments animaux.
La captivité réprésente une forme de sélection contemporaine c'est à dire une sélection qui agit en très peu de génération. Elle est la somme d'une sélection naturelle (nouvel environnement, celui de la capture), une sélection artificiel par l'homme ainsi qu'une sélection sexuelle dont le rôle sur le tempérament est majeure. La sélection artificielle d'origine humaine impact aussi les animaux sauvages : chasse, route, fragmentation de l'habitat. Cependant elle diverge de celle appliquée aux animaux captifs. La méthode de capture est le management de la durée de captivité peuvent réduire considérablement le stress des animaux élevés et par conséquent réduire l'influence de la sélection domestique sur leur comportement. A terme, les changements comportementaux peuvent aussi induire des changements morphologiques qui altèrent d'autant plus la probabilité de succès lors de la réintroduction.
Il s'agit d'une synthèse bibliographique bien étaillée en articles.
L'article fait le bilan des connaissances acquises quant à la compréhension des causes et des conséquences des variations comportementales des animaux nées en captivité et ceux réstés sauvages. Elle apporte donc une vue d'ensemble assez récente de l'état de l'art en éthologie appliquée à la conservation.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.