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Evolution des structures épidermiques des dinosaures
Introduction à l'article :
La présence de plumes et de structures semblables chez différents groupes de dinosaures (théropodes et ornithisciens) permet d'étudier l'origine des oiseaux et la biologie des dinosaures qui possédaient une couverture tégumentaire complexe en plus des écailles. L'hypothèse selon laquelle l'ancêtre commun de tous les dinosaures portait des plumes n'a jamais été testée par manque de preuves fossiles et phylogénétiques. Ici les auteurs testent l'hypothèse de plésiomorphie des plumes chez les dinosaures en estimant la distribution phylogénétique des structures tégumentaires.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont construit une base de données à partir d'une compilation de téguments de dinosaures non-aviens de différents taxons (34 ornithischiens, 6 sauropodes et 40 théropodes et plusieurs échantillons indéterminés). Ils ont noté la présence et l'absence des différents tissus épidermiques (écailles, proto-plumes et plumes) et ont construit un arbre phylogénétique informel regroupant les taxons selon leurs structures épidermiques et ont choisi le ptérosaure comme extra-groupe, considérant que sa couverture tégumentaire était primitive et homologue aux filaments de dinosaure. A partir de celui-ci ils ont mesuré la distance des branches entre les taxons et modélisé la probabilité des couvertures tégumentaires à chaque nœud. Ces trois méthodes sont analysées par maximum de vraisemblance. Enfin ils ont fait un test de khi² pour évaluer la préservation des téguments en fonction de l'environnement et la région du corps considérée.
Résultats de l'article :
On obtient des vraisemblances beaucoup plus fortes pour la présence d'écailles que de filaments chez les Dinosauria et les Ornithischia, que ce soit par comparaison de la structure des nœuds ou de la longueur de branche. En effet, la majorité des analyses présentent plus de 80% de vraisemblance avec le ptérosaure à écailles, alors que les résultats avec la couverture filamenteuse sont très variables selon l'analyse donnant des vraisemblances variant entre 15 et 100%. L'analyse par ANOVA montre que la couverture épidermique de l'extra-groupe a un effet plus robuste sur la vraisemblance des nœuds que sur la mesure de distance des branches et les tests de présence/absence. Le test de khi² montre que la conservation de la structure épidermique dépend de l’environnement de fossilisation, mais pas de la région du corps considérée.
Rigueur de l'article :
L'approche des auteurs est originale dans le sens où ils effectuent une analyse statistique et phylogénétique, peu rencontrée dans ce domaine d'étude.
Ce que cet article apporte au débat :
Ce qui peut être conclu de cette étude c’est que les écailles sont le caractère primitif de tégument chez ces deux groupes. Dans cette étude on ne peut pas conclure sur la nature synapomorphique de la présence de plumes chez les dinosaures. Il faudrait plus d’exemples de fossiles antérieurs. Mais il très probable qu’elles soient apparues dans plusieurs taxons indépendamment (différence biochimique entre proto-plumes d’ornithisciens et de théropodes ou les structures filamenteuses des ptérosaures) et qu’elles auraient été perdues chez certains descendants. C’est pourquoi on pourrait parler d’homoplasie et non d’homologie. De plus la nature de l’environnement dans lequel la fossilisation a eut lieu a un impact sur la conservation des plumes, ce qui, dans un environnement à haute énergie, supprime les informations de présence de plumes sur les individus.
Evolution des structures épidermiques des dinosaures
Introduction à l'article :
La présence de plumes et de structures semblables chez différents groupes de dinosaures (théropodes et ornithisciens) permet d'étudier l'origine des oiseaux et la biologie des dinosaures qui possédaient une couverture tégumentaire complexe en plus des écailles. L'hypothèse selon laquelle l'ancêtre commun de tous les dinosaures portait des plumes n'a jamais été testée par manque de preuves fossiles et phylogénétiques. Ici les auteurs testent l'hypothèse de plésiomorphie des plumes chez les dinosaures en estimant la distribution phylogénétique des structures tégumentaires.
Les auteurs ont construit une base de données à partir d'une compilation de téguments de dinosaures non-aviens de différents taxons (34 ornithischiens, 6 sauropodes et 40 théropodes et plusieurs échantillons indéterminés). Ils ont noté la présence et l'absence des différents tissus épidermiques (écailles, proto-plumes et plumes) et ont construit un arbre phylogénétique informel regroupant les taxons selon leurs structures épidermiques et ont choisi le ptérosaure comme extra-groupe, considérant que sa couverture tégumentaire était primitive et homologue aux filaments de dinosaure. A partir de celui-ci ils ont mesuré la distance des branches entre les taxons et modélisé la probabilité des couvertures tégumentaires à chaque nœud. Ces trois méthodes sont analysées par maximum de vraisemblance. Enfin ils ont fait un test de khi² pour évaluer la préservation des téguments en fonction de l'environnement et la région du corps considérée.
On obtient des vraisemblances beaucoup plus fortes pour la présence d'écailles que de filaments chez les Dinosauria et les Ornithischia, que ce soit par comparaison de la structure des nœuds ou de la longueur de branche. En effet, la majorité des analyses présentent plus de 80% de vraisemblance avec le ptérosaure à écailles, alors que les résultats avec la couverture filamenteuse sont très variables selon l'analyse donnant des vraisemblances variant entre 15 et 100%. L'analyse par ANOVA montre que la couverture épidermique de l'extra-groupe a un effet plus robuste sur la vraisemblance des nœuds que sur la mesure de distance des branches et les tests de présence/absence. Le test de khi² montre que la conservation de la structure épidermique dépend de l’environnement de fossilisation, mais pas de la région du corps considérée.
L'approche des auteurs est originale dans le sens où ils effectuent une analyse statistique et phylogénétique, peu rencontrée dans ce domaine d'étude.
Ce qui peut être conclu de cette étude c’est que les écailles sont le caractère primitif de tégument chez ces deux groupes. Dans cette étude on ne peut pas conclure sur la nature synapomorphique de la présence de plumes chez les dinosaures. Il faudrait plus d’exemples de fossiles antérieurs. Mais il très probable qu’elles soient apparues dans plusieurs taxons indépendamment (différence biochimique entre proto-plumes d’ornithisciens et de théropodes ou les structures filamenteuses des ptérosaures) et qu’elles auraient été perdues chez certains descendants. C’est pourquoi on pourrait parler d’homoplasie et non d’homologie. De plus la nature de l’environnement dans lequel la fossilisation a eut lieu a un impact sur la conservation des plumes, ce qui, dans un environnement à haute énergie, supprime les informations de présence de plumes sur les individus.
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