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Impacts des espèces marines exotiques envahissantes sur les services écosystémiques et la biodiversité : une revue paneuropéenne
Résumé de la review :
Les invasions biologiques constituent des défis sévères pour la conservation de la biodiversité et des ressources naturelles. Dans les écosystèmes, les espèces exotiques peuvent devenir envahissantes et ainsi conduire à :
un déplacement des espèces indigènes
une modification des habitats, de la structure des communauté, des réseaux trophiques, des processus écosystémiques
une augmentation des risques sanitaires
La mondialisation commerciale croissante accélère les invasions biologiques marines par différentes voies d'entrées : aquacultures, trafic d'aquarium, navigation ... L'Homme tire des bénéfices des écosystèmes naturels : c'est que l'on appelle les services écosystémiques. L'océan, et en particulier les zones côtières, contribuent à 60% de la valeur économique totale de la biosphère. Malgré des avancées récentes en terme d'évaluation et de valorisation des services écosystémiques, la perte des services écosystémiques marins par les EEE est souvent négligée.
La convention sur la Biodiversité Biologique a reconnu la nécessité de compiler et de diffuser les informations sur les EEE qui menacent les écosystèmes, les habitats et les espèces afin de les utiliser dans le contexte de prévention et de toutes activités d'introduction et d'atténuation. Elle a ainsi appelé à réaliser des recherches plus poussées sur les EEE. En Europe, la Directive-cadre Stratégie pour le milieu marin reconnaît les EEE comme une menace majeure à la biodiversité européenne et à la santé des écosystèmes conduisant les États membres à élaborer des stratégies pour atteindre le bon statut environnemental des écosystèmes marins. Avec un financement limité, les états européens donnent la priorité à la prévention de nouvelles invasions et aux mesures d'atténuation. Ceci implique la nécessité de posséder de bonnes connaissances sur les impacts de ces EEE sur la biodiversité et les services écosystémiques, leur répartition et les voies d'introduction.
Dans cette revue, les auteurs ont réalisé un examen complet de 329 articles et ont :
défini les impacts des EEE dans le but d'identifier les espèces à fort impact
classé les mécanismes d'impacts
mis à jour les EEE
commenté les méthodes appliquées et leurs inférences
signalé les lacunes d'informations
Parmi les 110 EEE considérées dans cette étude, 17 ont des impacts seulement négatifs et 7 ont des impacts seulement positifs ; aussi bien des impacts positifs et négatifs ont été reportés dans la majorité. Les EEE bénéficient de certains composants de la biodiversité indigène et peuvent améliorer ou fournir de nouveaux services écosystémiques. En outre, une espèce indigène devenue envahissante peut avoir des impacts plus forts qu'une EEE. Les EEE peuvent avoir des effets négatifs dans un niveau trophique mais avoir des effets positifs sur des niveaux trophiques supérieurs. Les impacts positifs sont souvent sous-estimés, à cause des biais de perception persistants et d'un biais de publications historiques qui ne mettent en exergue que les effets négatifs. Face au changement climatique et à la pression anthropique, les EEE sont les plus susceptibles à persister et à proposer de nouveaux services écosystémiques. Les espèces ingénieures de l'écosystème sont souvent des espèces clées qui créent de nouveaux écosystèmes et qui remplissent des rôles importants. Dans l'avenir, les EEE pourraient même contribuer à la réalisation des objectifs de conservation.
La complexité des interactions et la variété des impacts négatifs et positifs associées à l’introduction des EEE conduisent à des prises de décisions environnementales qui sont difficiles et souvent controversées.
Rigueur de la review :
Les auteurs ont réalisé un examen complet d’articles soigneusement sélectionnés. Chaque article a été classé selon le(s) service(s) écosystémique(s) marin(s) (fourniture alimentaire, tourisme, régulation biologique...) impacté(s) parmi les treize services proposés par Liquete et al. (2013a) et selon le type de preuves (Observations directes, Manipulation expérimentale, Modélisation , Opinion d'Expert...) pour évaluer la force des preuves documentées. Les auteurs sont impartiaux et exposent simplement les impacts négatifs comme positifs des EEE, ce qui est rare et très appréciable.
Ce que cette review apporte au débat :
Actuellement nos connaissances sur les effets des EEE sont purement qualitatives et sont basées sur de faibles preuves (absence d'observations directes, absence d'expériences en laboratoire ou en nature). Le déficit de connaissances sur les traits d'histoires de vie et les stratégies d'invasion mises en place par les EEE constituent un obstacle à la compréhension des rôles fonctionnels dans les écosystèmes et leurs impacts sur les services écosystémiques et la biodiversité.
Les auteurs de cette revue affirment que la quantification et la cartographie des impacts permettront aux décideurs d'être mieux orientés sur les mesures de préventions et d'atténuations à prendre. Selon eux, il faut améliorer les méthodes d'évaluation des impacts engendrés par les EEE et développer des mesures qui offrent à la fois une preuve de l'impact et l'estimation de l'ampleur de l'impact car la simple présence d'une EEE est insuffisante pour évaluer localement l'ampleur des impacts.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
M. Leroy et A. Gardin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Impacts des espèces marines exotiques envahissantes sur les services écosystémiques et la biodiversité : une revue paneuropéenne
Résumé de la review :
Les invasions biologiques constituent des défis sévères pour la conservation de la biodiversité et des ressources naturelles. Dans les écosystèmes, les espèces exotiques peuvent devenir envahissantes et ainsi conduire à :
La mondialisation commerciale croissante accélère les invasions biologiques marines par différentes voies d'entrées : aquacultures, trafic d'aquarium, navigation ... L'Homme tire des bénéfices des écosystèmes naturels : c'est que l'on appelle les services écosystémiques. L'océan, et en particulier les zones côtières, contribuent à 60% de la valeur économique totale de la biosphère. Malgré des avancées récentes en terme d'évaluation et de valorisation des services écosystémiques, la perte des services écosystémiques marins par les EEE est souvent négligée.
La convention sur la Biodiversité Biologique a reconnu la nécessité de compiler et de diffuser les informations sur les EEE qui menacent les écosystèmes, les habitats et les espèces afin de les utiliser dans le contexte de prévention et de toutes activités d'introduction et d'atténuation. Elle a ainsi appelé à réaliser des recherches plus poussées sur les EEE. En Europe, la Directive-cadre Stratégie pour le milieu marin reconnaît les EEE comme une menace majeure à la biodiversité européenne et à la santé des écosystèmes conduisant les États membres à élaborer des stratégies pour atteindre le bon statut environnemental des écosystèmes marins. Avec un financement limité, les états européens donnent la priorité à la prévention de nouvelles invasions et aux mesures d'atténuation. Ceci implique la nécessité de posséder de bonnes connaissances sur les impacts de ces EEE sur la biodiversité et les services écosystémiques, leur répartition et les voies d'introduction.
Dans cette revue, les auteurs ont réalisé un examen complet de 329 articles et ont :
Parmi les 110 EEE considérées dans cette étude, 17 ont des impacts seulement négatifs et 7 ont des impacts seulement positifs ; aussi bien des impacts positifs et négatifs ont été reportés dans la majorité. Les EEE bénéficient de certains composants de la biodiversité indigène et peuvent améliorer ou fournir de nouveaux services écosystémiques. En outre, une espèce indigène devenue envahissante peut avoir des impacts plus forts qu'une EEE. Les EEE peuvent avoir des effets négatifs dans un niveau trophique mais avoir des effets positifs sur des niveaux trophiques supérieurs. Les impacts positifs sont souvent sous-estimés, à cause des biais de perception persistants et d'un biais de publications historiques qui ne mettent en exergue que les effets négatifs. Face au changement climatique et à la pression anthropique, les EEE sont les plus susceptibles à persister et à proposer de nouveaux services écosystémiques. Les espèces ingénieures de l'écosystème sont souvent des espèces clées qui créent de nouveaux écosystèmes et qui remplissent des rôles importants. Dans l'avenir, les EEE pourraient même contribuer à la réalisation des objectifs de conservation.
La complexité des interactions et la variété des impacts négatifs et positifs associées à l’introduction des EEE conduisent à des prises de décisions environnementales qui sont difficiles et souvent controversées.
Les auteurs ont réalisé un examen complet d’articles soigneusement sélectionnés. Chaque article a été classé selon le(s) service(s) écosystémique(s) marin(s) (fourniture alimentaire, tourisme, régulation biologique...) impacté(s) parmi les treize services proposés par Liquete et al. (2013a) et selon le type de preuves (Observations directes, Manipulation expérimentale, Modélisation , Opinion d'Expert...) pour évaluer la force des preuves documentées. Les auteurs sont impartiaux et exposent simplement les impacts négatifs comme positifs des EEE, ce qui est rare et très appréciable.
Actuellement nos connaissances sur les effets des EEE sont purement qualitatives et sont basées sur de faibles preuves (absence d'observations directes, absence d'expériences en laboratoire ou en nature). Le déficit de connaissances sur les traits d'histoires de vie et les stratégies d'invasion mises en place par les EEE constituent un obstacle à la compréhension des rôles fonctionnels dans les écosystèmes et leurs impacts sur les services écosystémiques et la biodiversité.
Les auteurs de cette revue affirment que la quantification et la cartographie des impacts permettront aux décideurs d'être mieux orientés sur les mesures de préventions et d'atténuations à prendre. Selon eux, il faut améliorer les méthodes d'évaluation des impacts engendrés par les EEE et développer des mesures qui offrent à la fois une preuve de l'impact et l'estimation de l'ampleur de l'impact car la simple présence d'une EEE est insuffisante pour évaluer localement l'ampleur des impacts.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.