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Combien de plantes à fleur sont pollinisées par les animaux ?
Introduction à la méta-analyse :
D'après les observations, il est plutôt clair que la majorité des Plantes à fleurs sont pollinisées par des animaux. Nos cultures semblent d'ailleurs être en grande partie dépendantes des insectes pour un rendement efficace (Klein et al, 2007). Au vu du déclin des pollinisateurs, les instances gouvernementales insistent sur la nécessité de les protéger pour préserver la biodiversité mondiale. Cependant, les espèces de nos cultures ne représentent que 0.1% du nombre estimé d'espèces d'Angiospermes dans le monde (~352 000). Savoir si l'ensemble de la pollinisation mondiale est assurée par des animaux (pollinisation biotique) ou par des facteurs abiotiques (vent, eau) reste encore un mystère. De plus, est-ce que la proportion d'espèces pollinisées par les animaux varie selon la latitude ?
Expériences de la méta-analyse :
Les auteurs ont récupéré des données de plusieurs articles publiés ou non et ont estimé le nombre d'espèces pollinisées par des animaux ou par le vent au sein de nombreuses communautés réparties dans le monde. Les données sélectionnées étudient l'ensemble des formes végétales présentes dans la communauté et les auteurs les ont choisies pour ne pas être redondantes entre elles afin d'optimiser le point de vue global. Les plantes ont été classées à travers l'observation d'une pollinisation animale et/ou de la forme florale. Certaines plantes sont donc mal classées. Les données ne prennent de plus pas en compte de potentiels régimes mixtes de pollinisations, ni l'autofécondation. Globalement, la classification du type de pollinisation est cependant assez représentative puisque les autres types de pollinisation sont généralement a priori plus rare. Les auteurs estiment donc une moyenne mondiale de mode de pollinisation qu'ils pondèrent par la richesse spécifique aux différentes latitudes.
Résultats de la méta-analyse :
Les plantes tropicales sont plus pollinisées par les animaux (94%) que les plantes d'origine tempérée (78%). Ceci rejoint d'autres observations, telle que les tropiques ont eu de nombreuses spécialisation et co-évolutions plantes/pollinisateurs, augmentant alors le nombre d'espèces à la fois de plantes mais aussi de pollinisateurs. En moyenne, 85% des 352 000 Angiospermes seraient donc pollinisées de façon biotique. Rapporté au nombre d'espèces par latitude, 87.5% des Angiospermes seraient globalement pollinisées de cette façon.
Rigueur de la méta-analyse :
L'ensemble des données analysées, bien qu'elles soient judicieusement choisies, ne permet d'étudier que 4000 espèces de plantes. Face au nombre d'Angiospermes estimé (352 000), peut-on réellement généraliser les observations à partir d'1% des espèces ? Les auteurs en sont largement conscients et l'écrivent noir sur blanc avant de conclure. Les nombreuses citations de cet article ne prennent cependant jamais en compte cette approximation non négligeable. Le manque de rigueur est donc à imputer aux auteurs qui citent cet article sans prendre de précaution et non aux auteurs de cette méta-analyse.
Les données utilisées ne détaillent pas quel type d'animal est au coeur de la pollinisation (insecte, mammifère, oiseaux,...). Il manque d'ailleurs de connaissance sur les type de pollinisations biotique et leur répartition latitudinale.
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Si le pourcentage d'espèces réalisant une pollinisation en partie ou totalement grâce à un vecteur animal, le déclin des pollinisateurs au niveau mondial est absolument alarmant et justifie largement la médiatisation de ce sujet. Devant l'ampleur du phénomène estimé, les instances de décisions gouvernementales devraient prendre en main le problème et réellement essayer d'enrayer l'érosion de la biodiversité mondiale. Comprendre si certains pollinisateurs sont centraux dans les systèmes de reproduction des espèces naturelles permettrait alors de prioriser les efforts de protection sur ces espèces et maximiser la conservation de la biodiversité mondiale.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
A. Estarague et H. Mouilhi.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Combien de plantes à fleur sont pollinisées par les animaux ?
Introduction à la méta-analyse :
D'après les observations, il est plutôt clair que la majorité des Plantes à fleurs sont pollinisées par des animaux. Nos cultures semblent d'ailleurs être en grande partie dépendantes des insectes pour un rendement efficace (Klein et al, 2007). Au vu du déclin des pollinisateurs, les instances gouvernementales insistent sur la nécessité de les protéger pour préserver la biodiversité mondiale. Cependant, les espèces de nos cultures ne représentent que 0.1% du nombre estimé d'espèces d'Angiospermes dans le monde (~352 000). Savoir si l'ensemble de la pollinisation mondiale est assurée par des animaux (pollinisation biotique) ou par des facteurs abiotiques (vent, eau) reste encore un mystère. De plus, est-ce que la proportion d'espèces pollinisées par les animaux varie selon la latitude ?
Les auteurs ont récupéré des données de plusieurs articles publiés ou non et ont estimé le nombre d'espèces pollinisées par des animaux ou par le vent au sein de nombreuses communautés réparties dans le monde. Les données sélectionnées étudient l'ensemble des formes végétales présentes dans la communauté et les auteurs les ont choisies pour ne pas être redondantes entre elles afin d'optimiser le point de vue global. Les plantes ont été classées à travers l'observation d'une pollinisation animale et/ou de la forme florale. Certaines plantes sont donc mal classées. Les données ne prennent de plus pas en compte de potentiels régimes mixtes de pollinisations, ni l'autofécondation. Globalement, la classification du type de pollinisation est cependant assez représentative puisque les autres types de pollinisation sont généralement a priori plus rare. Les auteurs estiment donc une moyenne mondiale de mode de pollinisation qu'ils pondèrent par la richesse spécifique aux différentes latitudes.
Les plantes tropicales sont plus pollinisées par les animaux (94%) que les plantes d'origine tempérée (78%). Ceci rejoint d'autres observations, telle que les tropiques ont eu de nombreuses spécialisation et co-évolutions plantes/pollinisateurs, augmentant alors le nombre d'espèces à la fois de plantes mais aussi de pollinisateurs. En moyenne, 85% des 352 000 Angiospermes seraient donc pollinisées de façon biotique. Rapporté au nombre d'espèces par latitude, 87.5% des Angiospermes seraient globalement pollinisées de cette façon.
L'ensemble des données analysées, bien qu'elles soient judicieusement choisies, ne permet d'étudier que 4000 espèces de plantes. Face au nombre d'Angiospermes estimé (352 000), peut-on réellement généraliser les observations à partir d'1% des espèces ? Les auteurs en sont largement conscients et l'écrivent noir sur blanc avant de conclure. Les nombreuses citations de cet article ne prennent cependant jamais en compte cette approximation non négligeable. Le manque de rigueur est donc à imputer aux auteurs qui citent cet article sans prendre de précaution et non aux auteurs de cette méta-analyse.
Les données utilisées ne détaillent pas quel type d'animal est au coeur de la pollinisation (insecte, mammifère, oiseaux,...). Il manque d'ailleurs de connaissance sur les type de pollinisations biotique et leur répartition latitudinale.
Si le pourcentage d'espèces réalisant une pollinisation en partie ou totalement grâce à un vecteur animal, le déclin des pollinisateurs au niveau mondial est absolument alarmant et justifie largement la médiatisation de ce sujet. Devant l'ampleur du phénomène estimé, les instances de décisions gouvernementales devraient prendre en main le problème et réellement essayer d'enrayer l'érosion de la biodiversité mondiale. Comprendre si certains pollinisateurs sont centraux dans les systèmes de reproduction des espèces naturelles permettrait alors de prioriser les efforts de protection sur ces espèces et maximiser la conservation de la biodiversité mondiale.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.