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Qu'est-ce que la science citoyenne ? Une méta-analyse scientométrique.
Introduction à la méta-analyse :
Au cours des dernières années, les sciences citoyennes (CS) ont connu une grande croissance et attirent de plus en plus les chercheurs de par la récolte d’un grand nombre de données. La divergence d'opinion et la faible reconnaissance des participants doivent être pris en considération et être améliorer. Cependant, la terminologie "science citoyenne" reste encore discutée en fonction des domaines dans lesquels ces projets participatifs sont utilisés. En prenant en compte les différentes descriptions des sciences citoyennes, le but de cet article est de donner un aperçu de cette science, en se basant sur trois questions :
Q1 : Comment les sciences citoyennes et les termes associés ont-ils évolué au cours du temps ?
Q2 : Quels domaines de recherche ont adopté les sciences citoyennes ?
Q3 : Quels projets de science citoyenne ont des résultats scientifiques exploitables ?
Expériences de la méta-analyse :
Deux jeux de données extraits de Web of Science (WoS) ont été analysés (N = 1935, N = 633). Seules les données de WoS ont été utilisées en raison de la complexité de la comparaison des bases de données tel que l'algorithme ou la configuration du moteur de recherche. Des méthodes scientométriques combinées à des approches qualitatives ont permis de cibler les différents termes de recherche correspondant au CS. Ainsi, une méta-analyse a eu lieu pour obtenir ces jeux de données. Le premier est basé sur des termes de recherche spécifique ; où les recherches ont eu lieu en deux temps, complété par d’autres critères. Pour le second jeu de données, un certain nombre d’article de synthèse comprenant des listes de projets de science citoyenne dans le cadre de leur analyse ont été analysés comprenant au total 490 noms uniques et valides de projets de science citoyenne. Seuls les résumés des articles ont été lus afin de vérifier la présence de faux négatifs, faux positifs ou erreurs linguistiques.
Résultats de la méta-analyse :
Q1 : Le concept et la pratique des CS sont peu visibles dans les années 90 ; ce n’est qu’au tournant du millénaire qu’une lente augmentation a lieu. Depuis 2010, une grande croissance a lieu et semble coïncider avec l’utilisation des plates-formes et outils technologiques pour atteindre les citoyens.
Q2 : Les résultats montrent trois domaines distincts émergeant : les sciences naturelles, les sciences sociales et la géographie ; avec seulement des connexions sporadiques entre eux, concernant les mots clés et les références citées par les auteurs.
Q3 : Seuls 78 projets parmi les 490 présentent des résultats scientifiques exploitables. Avec l'avancée des technologies au milieu des années 2000, l'astronomie et les biosciences sont devenues des domaines de recherche qui utilisent avec succès les contributions des citoyens. La biodiversité et la conservation sont aussi des domaines productifs en termes de CS, contrairement aux sciences sociales et humaines.
Rigueur de la méta-analyse :
Sur le plan qualitatif, les résultats scientifiques les plus importants se trouvent dans les domaines de l'ornithologie, l'astronomie, la météorologie et la microbiologie. Cependant, cette étude est basée sur des méthodologies scientométriques et la plupart des projets de science citoyenne n'entrent pas dans ce cadre d'évaluation car la production de résultats scientifiques n'est pas toujours l'objectif principale. Cela souligne le fait que la scientométrie possède des limites en tant que méthode pour cartographier un phénomène aussi diversifié que les sciences citoyennes. De plus, elle ne prend pas en compte les diverses motivations possibles pour participer aux projets. D'autre part, le manque de publication dans certains domaines semble être du à une faible qualité des données et non à l'absence de tel projet.
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Les résultats obtenus permettent de montrer que la pratique des sciences citoyennes est ancienne et que ce concept a évolué au cours de la dernière décennie. Il faut aussi noter l'augmentation de leurs présences dans des projets scientifiques bien que le concept ne soit pas toujours défini de la même façon. Faire appel à des volontaires est un moyen attrayant pour la science d’accroître la main-d’œuvre nécessaire pour travailler avec de grands ensembles de données bien qu'il faille prendre en compte les ressources nécessaires à la mise en place de tels projets.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
C. Mayeux et D. Lutgen.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Qu'est-ce que la science citoyenne ? Une méta-analyse scientométrique.
Introduction à la méta-analyse :
Au cours des dernières années, les sciences citoyennes (CS) ont connu une grande croissance et attirent de plus en plus les chercheurs de par la récolte d’un grand nombre de données. La divergence d'opinion et la faible reconnaissance des participants doivent être pris en considération et être améliorer. Cependant, la terminologie "science citoyenne" reste encore discutée en fonction des domaines dans lesquels ces projets participatifs sont utilisés. En prenant en compte les différentes descriptions des sciences citoyennes, le but de cet article est de donner un aperçu de cette science, en se basant sur trois questions :
Deux jeux de données extraits de Web of Science (WoS) ont été analysés (N = 1935, N = 633). Seules les données de WoS ont été utilisées en raison de la complexité de la comparaison des bases de données tel que l'algorithme ou la configuration du moteur de recherche. Des méthodes scientométriques combinées à des approches qualitatives ont permis de cibler les différents termes de recherche correspondant au CS. Ainsi, une méta-analyse a eu lieu pour obtenir ces jeux de données. Le premier est basé sur des termes de recherche spécifique ; où les recherches ont eu lieu en deux temps, complété par d’autres critères. Pour le second jeu de données, un certain nombre d’article de synthèse comprenant des listes de projets de science citoyenne dans le cadre de leur analyse ont été analysés comprenant au total 490 noms uniques et valides de projets de science citoyenne. Seuls les résumés des articles ont été lus afin de vérifier la présence de faux négatifs, faux positifs ou erreurs linguistiques.
Q1 : Le concept et la pratique des CS sont peu visibles dans les années 90 ; ce n’est qu’au tournant du millénaire qu’une lente augmentation a lieu. Depuis 2010, une grande croissance a lieu et semble coïncider avec l’utilisation des plates-formes et outils technologiques pour atteindre les citoyens.
Q2 : Les résultats montrent trois domaines distincts émergeant : les sciences naturelles, les sciences sociales et la géographie ; avec seulement des connexions sporadiques entre eux, concernant les mots clés et les références citées par les auteurs.
Q3 : Seuls 78 projets parmi les 490 présentent des résultats scientifiques exploitables. Avec l'avancée des technologies au milieu des années 2000, l'astronomie et les biosciences sont devenues des domaines de recherche qui utilisent avec succès les contributions des citoyens. La biodiversité et la conservation sont aussi des domaines productifs en termes de CS, contrairement aux sciences sociales et humaines.
Sur le plan qualitatif, les résultats scientifiques les plus importants se trouvent dans les domaines de l'ornithologie, l'astronomie, la météorologie et la microbiologie. Cependant, cette étude est basée sur des méthodologies scientométriques et la plupart des projets de science citoyenne n'entrent pas dans ce cadre d'évaluation car la production de résultats scientifiques n'est pas toujours l'objectif principale. Cela souligne le fait que la scientométrie possède des limites en tant que méthode pour cartographier un phénomène aussi diversifié que les sciences citoyennes. De plus, elle ne prend pas en compte les diverses motivations possibles pour participer aux projets. D'autre part, le manque de publication dans certains domaines semble être du à une faible qualité des données et non à l'absence de tel projet.
Les résultats obtenus permettent de montrer que la pratique des sciences citoyennes est ancienne et que ce concept a évolué au cours de la dernière décennie. Il faut aussi noter l'augmentation de leurs présences dans des projets scientifiques bien que le concept ne soit pas toujours défini de la même façon. Faire appel à des volontaires est un moyen attrayant pour la science d’accroître la main-d’œuvre nécessaire pour travailler avec de grands ensembles de données bien qu'il faille prendre en compte les ressources nécessaires à la mise en place de tels projets.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.