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Le succès de pollinisation à la suite de la perte d'un pollinisateur fréquent : le rôle des visites compensatoire des autres pollinisateurs efficaces
Introduction à l'article :
Environ 90% des espèces de Plantes à fleurs dépendent des animaux pour le transport du pollen [1] et la perte d'un pollinisateur pourrait avoir un effet important sur la reproduction d'une espèce. Les évidences mondiales du déclin global des pollinisateurs alarment sur la reproduction des plantes des espaces naturels et de celles à la base de notre alimentation.
Cependant, l'effet de la perte d'un pollinisateur pour une plante focale dépend à la fois des pollinisateurs restants, de la pression de compétition que le pollinisateur disparu exerçait et de la taille de la population de l'espèce focale.
Les auteurs explorent ici comment la modification d'une communauté de pollinisateurs impacte le succès de pollinisation d'Asclepias verticillata, une Asteraceae nord-Américaine auto-incompatible, principalement pollinisée par le bourdon Bombus griseocolis. Cette plante produit des pollinarium, assemblage de deux sacs polliniques, les pollinia, attachées par un corpuscule central (fig. 2 [2]).
Expériences de l'article :
Les auteurs excluent les bourdons dans la moitié de cadrats au sein de six populations naturelles d'A.verticillata de densité similaire. Les bourdons sont chassés à l'aide de bâtons de 9h30 à 15h30 pendant 9 jours. les cadrats sont ensuite encagés pour éviter la pollinisation hors fenêtre d'observation.
Ils ont mesuré par des observations journalières le nombre de visites par d'autres pollinisateurs et le temps passé sur une seule fleur, en présence ou en absence de bourdons.
Ils comparent ensuite l'export par les insectes et la réception stigmatique (partie femelle de la plante) des pollinarium. Ils récoltent pour cela des fleurs après l'exclusion des bourdons et comptent le nombre de pollinarium enlevés et le nombre de pollinia déposés dans la chambre stigmatique. Ils capturent aussi des insectes autour des populations d'études et comptent le nombre de pollinaria et de corpuscule restant sur leurs membres. Ils calculent alors l'efficacité de transport pollinique.
Résultats de l'article :
Les expériences d'exclusion de bourdons montrent une augmentation de 293% le nombre de visites de guêpes et surtout le genre Pollistes(400% d'augmentation). L'effet des bourdons semblent varier selon la densité des populations, puisque le nombre de visite d'abeille diminue de 26% dans les petites population alors qu'elle augmente de 118% dans les grandes.
Le succès de pollinisation (pollinaria enlevés et pollinia reçues) ne varie avec l'exclusion des bourdons et ne varie que très peu en fonction de la taille de population. Apis et Pollistes portent plus de corpuscule et de pollinia que Bombus. Les transferts efficaces de Bombus et de Pollistes sont cependant égaux et supérieurs à celui d'Apis.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre que la disparition d'un pollinisateur fréquent, mimée ici par son exclusion peut être compensée par une augmentation des visites d'autres pollinisateurs, maintenant de facto le succès de pollinisation de la plante.
L'opportunité de disposer d'autres pollinisateurs compensateurs varie cependant dans le temps et l'espace pour une espèce de plante.
Toutes les espèces de plantes ne peuvent de plus pas supporter la perte de leur pollinisateur exclusif.
Remarques sur l'article :
L'exclusion manuelle au bâton, bien qu'amusante, me semblent difficile à mettre place sur 3 populations à la fois de 9h30 à 15h30 pendant 9 jours. Les auteurs assument qu'elle n'a pas d'effet sur les autres pollinisateurs, ce qui me laisse assez dubitatif. Les résultats cependant ne semblent pas être affectés par cette méthode et donc la valider.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
A. Estarague.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Le succès de pollinisation à la suite de la perte d'un pollinisateur fréquent : le rôle des visites compensatoire des autres pollinisateurs efficaces
Introduction à l'article :
Environ 90% des espèces de Plantes à fleurs dépendent des animaux pour le transport du pollen [1] et la perte d'un pollinisateur pourrait avoir un effet important sur la reproduction d'une espèce. Les évidences mondiales du déclin global des pollinisateurs alarment sur la reproduction des plantes des espaces naturels et de celles à la base de notre alimentation.
Cependant, l'effet de la perte d'un pollinisateur pour une plante focale dépend à la fois des pollinisateurs restants, de la pression de compétition que le pollinisateur disparu exerçait et de la taille de la population de l'espèce focale.
Les auteurs explorent ici comment la modification d'une communauté de pollinisateurs impacte le succès de pollinisation d'Asclepias verticillata, une Asteraceae nord-Américaine auto-incompatible, principalement pollinisée par le bourdon Bombus griseocolis. Cette plante produit des pollinarium, assemblage de deux sacs polliniques, les pollinia, attachées par un corpuscule central (fig. 2 [2]).
Les auteurs excluent les bourdons dans la moitié de cadrats au sein de six populations naturelles d'A.verticillata de densité similaire. Les bourdons sont chassés à l'aide de bâtons de 9h30 à 15h30 pendant 9 jours. les cadrats sont ensuite encagés pour éviter la pollinisation hors fenêtre d'observation.
Ils ont mesuré par des observations journalières le nombre de visites par d'autres pollinisateurs et le temps passé sur une seule fleur, en présence ou en absence de bourdons.
Ils comparent ensuite l'export par les insectes et la réception stigmatique (partie femelle de la plante) des pollinarium. Ils récoltent pour cela des fleurs après l'exclusion des bourdons et comptent le nombre de pollinarium enlevés et le nombre de pollinia déposés dans la chambre stigmatique. Ils capturent aussi des insectes autour des populations d'études et comptent le nombre de pollinaria et de corpuscule restant sur leurs membres. Ils calculent alors l'efficacité de transport pollinique.
Les expériences d'exclusion de bourdons montrent une augmentation de 293% le nombre de visites de guêpes et surtout le genre Pollistes(400% d'augmentation). L'effet des bourdons semblent varier selon la densité des populations, puisque le nombre de visite d'abeille diminue de 26% dans les petites population alors qu'elle augmente de 118% dans les grandes.
Le succès de pollinisation (pollinaria enlevés et pollinia reçues) ne varie avec l'exclusion des bourdons et ne varie que très peu en fonction de la taille de population.
Apis et Pollistes portent plus de corpuscule et de pollinia que Bombus. Les transferts efficaces de Bombus et de Pollistes sont cependant égaux et supérieurs à celui d'Apis.
Cet article montre que la disparition d'un pollinisateur fréquent, mimée ici par son exclusion peut être compensée par une augmentation des visites d'autres pollinisateurs, maintenant de facto le succès de pollinisation de la plante.
L'opportunité de disposer d'autres pollinisateurs compensateurs varie cependant dans le temps et l'espace pour une espèce de plante.
Toutes les espèces de plantes ne peuvent de plus pas supporter la perte de leur pollinisateur exclusif.
L'exclusion manuelle au bâton, bien qu'amusante, me semblent difficile à mettre place sur 3 populations à la fois de 9h30 à 15h30 pendant 9 jours. Les auteurs assument qu'elle n'a pas d'effet sur les autres pollinisateurs, ce qui me laisse assez dubitatif. Les résultats cependant ne semblent pas être affectés par cette méthode et donc la valider.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.