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Titre de l'article :

Principaux changements de la fonction cellulaire et de la sensibilité aux substances toxiques dans les cellules en culture subissant une dérive génétique légère et quasi naturelle


Introduction à l'article :

Il existe des méthodes pouvant montrer si deux cellules proviennent du même donneur. Les méthodes de séquençage identifient des variations du nombre de copies, des variantes structurelles et des mutations de nucléotide simple. De telles altérations du génome se produisent continuellement dans les cellules somatiques. Même avec une identité cellulaire clairement établie, de grandes variations génétiques peuvent ne pas être détectées, ainsi des cellules apparemment identiques peuvent être génétiquement différentes. Des altérations génomiques ne modifiant pas la structure protéique peuvent aussi avoir des conséquences fonctionnelles. Les études utilisant WGS mettent en évidence deux facteurs favorisant la génération de sous-populations génétiquement distinctes lors d'une culture prolongée : l'hétérogénéité génétique des cultures de départ et les variants génétiques apparaissant de novo lors de la sous-culture et être sélectionnés par propagation ultérieure de lignée cellulaire.

Expériences de l'article :

Les LUHMES deposées en 2006 (ATCC) tolèrent jusqu'à 60µM à une neurotoxine (MPP+),
tandis que les cellules du laboratoire du fournisseur d'origine sont mortes à 3-5 µM (UNK). Afin d'étudier ce changement de propriété toxicologique, les chercheurs ont étudié :

  • Similitudes et différences dans la réponse aux substances toxiques.
  • Comparaison des structures du génome des deux sous-population (sp) de LHUMES. Il y a la sp L-ATCC et la sp L-UNK.
  • Variantes nucléotidiques uniques affectant la séquence des acides aminés de la protéine.
  • Caractérisation phénotypique détaillée.
  • Différences dans le phénotype dopaminergique.
Résultats de l'article :

Les chercheurs ont montré que :

  • conformément à la différence observée dans la mort cellulaire, L-ATCC conserve son pool de tampon redox/ATP cellulaire, exposé au MPP+, alors qu'il est gravement appauvri pour L-UNK
  • 29 variants de changement de protéine et 33 variants rares diffèrent entre les 2 sp. Des candidats (3) probablement responsables pour la différence de résistance toxicologique ont été sélectionnés et une différence de quantité de protéine a été observé
  • Les sp indifférenciés et différenciés montrent une morphologie similaire. Il n'y a pas de différence par rapport à l'expression des gènes marqueurs. Cependant de subtiles différences ont été mises en évidence, possiblement liées aux facteurs de signalisation/activité transgène
  • Une différence de régulation de gène à 4-8j a été mis en évidence : L-ATCC down-régule certains gènes alors que L-UNK continu de les up-réguler
Ce que cet article apporte au débat :

Les expériences menées par Gutbier et al. ont été réalisés sur les cellules LUHMES : cellules précurseurs neurales du mésencéphale. Même si ce type cellulaire diffère de celui utilisé pour la culture in vitro dans l'optique de créer un tissu musculaire, il est possible de transposer ces résultats quant à la dérive génétique et son impact possible sur le fonctionnement cellulaire.

Publiée il y a plus de 7 ans par H. Amraoui et F. Cailleux.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.