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Titre de l'article :

Des dinosaures non aviens à plumes originaires du nord de l'Amérique: un aperçu sur l'origine des ailes.


Introduction à l'article :

La plupart des spécimens de dinosaures non aviens décrits portant des protoplumes proviennent du gisement du Lioning (Chine). Ces fossiles ont bénéficié d'une conservation d'une qualité exceptionnelle grâce à la fine granulométrie de la roche de sédimentation. Ainsi des pennibrachia (membre supérieur portant des plumes pennées mais ne permettant ni de voler ni de planer) ont déjà été décris chez plusieurs spécimens situés dans le groupe phylogénétique des maniraptaures.
Les auteurs décrivent ici 3 spécimens d'ornithomimosaures (théropodes non aviens antérieurs aux maniraptaures) découverts en Amérique présentant deux types de protoplumes et dont l'un présente des pennibrachia. Les auteurs proposent donc ici une extension des connaissances phylogénétiques et géographiques de dinosaures à plumes non-aviens.

Expériences de l'article :

Etude paléontologique de 3 fossiles (origine Alberta, Amérique du Nord) appartenant à l'espèce_ Ornithomimus edmontonicus_:
-Fossile conservé et préparé dans du grès: TMP 2009-110-1 spécimen juvénile, squelette partiel
(les protoplumes sont observées comme des marques laissées dans le sédiment (fracture inopinée au niveau du bon plan lors de la préparation du fossile)).

  • Fossile conservé et préparé dans du grès, et à la surface gauche du spécimen par un revêtement de sédiment ferreux: TMP 2008-70-1 spécimen adulte, squelette partiel (les protoplumes sont observées comme des marques laissée dans le sédiment ferreux) Conservé dans de la siltite (i.e sédiment de granulométrie intermédiaire):
  • TMP 1995-110-1 spécimen adulte, squelette complet (protoplumes observées comme des marques laissées sur les os du spécimen)
Résultats de l'article :

Les auteurs ont mis en évidence 2 types de protoplumes en lien avec l'ontogénie.
Les premières sont des structures filamenteuses assimilables à des protoplumes de type 1 ou 2 (Xu et al. 2001) (i.e. plumes tectrices archaïques) retrouvées chez les trois fossiles quel que soit leur âge. Les secondes sont des structures assimilables à des protoplumes de type 3 (i.e. plumes pennées archaïques) et sont présentes seulement chez les adultes. Les auteurs interprètent donc la différence de type de protoplumes sur les membres supérieurs comme une caractéristique d’ontogenèse: les protoplumes pennées seraient un caractère sexuel secondaire.
Les auteurs décrivent donc pour la premières fois des pennibrachia sur des théropodes antérieurs aux maniraptaures. L'absence de plumes chez les fossiles découverts en plus de provenir de problèmes de conservation, pourrait être due à l'âge du fossile.

Rigueur de l'article :

Article rigoureux, Matériel et Méthodes détaillé notamment dans les données supplémentaires. Les structures tégumentaires assimilées à des protoplumes sont observées chez 3 spécimens différents ce qui est robuste. Il faut noter que les marques correspondant aux protoplumes sont visualisées sur des supports différents selon le fossile examiné (os du fossile, grès et l'autre sur un sédiment ferreux) ce qui appuie l'expertise des auteurs dans leur domaine.

Ce que cet article apporte au débat :

L'article décrit des théropodes non aviens présentant des protoplumes ce qui permet de penser que leurs descendants pourraient aussi porter des plumes. Ils notent également que les fossiles ont été conservés dans du grès, un sédiment considéré comme mauvais conservateur de structure tégumentaire chez les fossiles. Les auteurs émettent alors l'hypothèse que l'absence de plume chez les dinosaures fossilisés dans de telles roches pourrait être due à leur non-reconnaissance et/ou à leur destruction lors d'une préparation inadaptées des fossiles. Les auteurs sont donc enthousiastes quant à l'opportunité que pourrait offrir une meilleure méthodologie pour décrire des protoplumes chez des dinosaures conservés dans du grès (qui sont très abondants).
De plus, les auteurs suggèrent que l'apparition de plumes liées à l'ontogénie est une sous-estimation supplémentaire au nombre de taxons porteurs de plumes.

Publiée il y a plus de 7 ans par F. Hammer-dedet et M. Bounous.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.