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Titre de l'article :

Les pollinisateurs sauvages améliorent l’ensemble de cultures de fruits indépendamment de l’abondance des abeilles domestiques


Introduction à l'article :

La pollinisation des fleurs cultivées par les insectes sauvages est un service écosystémique vulnérable, du à l'abondance et la diversité de ces insectes qui sont en déclin dans de nombreux paysages agricoles. Globalement, les rendements des cultures pollinisées par les insectes sont souvent gérés pour une plus grande pollinisation à travers l'ajout d'abeilles domestiques (Apis mellifera L.) comme intrant agricole. Donc, l'impact potentiel du déclin des pollinisateurs sauvages sur les rendements des cultures reste en grande partie inconnu, comme il est méconnu si la demande croissante d'abeilles mellifères compense les pertes de pollinisateurs sauvages, ou favorise même ces pertes. À ce jour, les quelques études menées sur l’importance de la richesse des pollinisateurs pour la pollinisation des cultures ont révélé des résultats mitigés, et les effets de l’uniformité sur les services de pollinisation restent largement inconnus.

Expériences de l'article :

Les auteurs ont testé quatre prédictions issues de la supposition que les insectes sauvages pollinisent efficacement une large gamme de cultures et que leur rôle peut être remplacé en augmentant l'abondance des abeilles domestiques dans les champs agricoles: (1) pour la plupart des cultures, les visites d'insectes sauvages et d’abeilles augmentent les dépôts de pollen sur les stigmates des fleurs; (2) par conséquent, pour la plupart des cultures, les visites par les insectes sauvages et par les abeilles améliorent la fructification; (3) les visites d'insectes sauvages favorisent la fructification seulement lorsque les abeilles mellifères visitent rarement (c.-à-d., il y a un effet d'interaction négatif entre visite des insectes sauvages et des abeilles mellifères); et (4) les assemblages de plusieurs espèces de pollinisateurs serait bénéfique à la fructification seulement lorsque les abeilles visitent rarement (c.-à-d., il y a un effet d'interaction négatif entre la richesse et la visite des abeilles)

Résultats de l'article :

En accord avec la première prédiction, les cultures dans les champs avec le plus de visites de fleurs ont reçu plus pollen sur les stigmates. Contrairement à la deuxième prédiction, la fructification
a augmenté significativement avec la visite d'insectes sauvages dans tous les systèmes de culture, mais avec les visites des abeilles, la fructification a augmentée dans seulement 14% des systèmes. La troisième prévision n'était pas non plus étayée. La fructification est désormais en augmentation constante avec les visites par les insectes sauvages, même lorsque les abeilles ont visité fréquemment les systèmes. Finalement, et contrairement à la quatrième prédiction, la fructification a augmenté avec la richesse des visiteurs de fleurs de manière indépendante des la visite des abeilles. Les champs avec moins de pollinisateurs sont moins fréquentés par les insectes sauvages, ce qui cause une fructification réduite, indépendamment de la régularité des espèces ou la visite des abeilles.

Rigueur de l'article :

Les auteurs ne détaillent pas quels types de "pollinisateurs sauvages" sont responsables de la pollinisation dans cette étude et sur quelle échelle leur abondance a été mesurée. Il manque aussi des connaissances sur les méthodes utilisées. (à voir : matériel supplémentaire)

Ce que cet article apporte au débat :

Bien que les abeilles soient généralement considérées comme étant des substituants des pollinisateurs sauvages, les résultats de cette étude montrent que cette espèce ne peut ni maximiser la pollinisation ni complètement remplacer les contributions de divers assemblages d’insectes sauvages à la fructification pour une large gamme des cultures. Ces conclusions sont également valides pour les cultures stockées avec des densités élevées d’abeilles mellifères comme pollinisateurs. La dépendance à l'égard d'une seule espèce pour la pollinisation des cultures peut également porter divers risques associés aux prédateurs, parasites et au développement de pathogènes.

Publiée il y a plus de 7 ans par H. Mouilhi et A. Estarague.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.