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Titre de l'article :

Rencontrer le nouveau mammouth, identique à l'ancien ? Ressusciter le Mammuthus primigenius


Introduction à l'article :

Les efforts actuels de désextinction sont conçus pour ramener des adaptations du mammouth en fusionnant son ADN avec celui d’un éléphant. Mais comment classer ces créatures? Pour répondre à ces questions, il faut bien comprendre le concept de reproduction, en évoquant la continuité spatio-temporelle. L'auteur débute en expliquant pourquoi il est improbable de ressusciter quelque chose qui ressemblerait à un mammouth et qui agirait comme tel, tout en le considérant comme appartenant à l'espèce originelle. Ensuite, le fait que l'appartenance à une espèce nécessite une continuité spatio-temporelle entre les membres d'une même lignée évolutive dépend de la façon dont le terme «reproduction» est employé. Enfin, l'auteur établit ce qu'il nomme la valeur “Chevauchement, développement et persistance” (ODP) à travers laquelle il teste les méthodes permettant de ramener une espèce et l'applique au cas précis du M. primigenius.

Expériences de l'article :

Monika Piotrowska commence par définir les paramètres permettant de définir l'état et les limites de la continuité spatio-temporelle qu'il convient, d'après elle, de respecter afin de pouvoir ressusciter, physiologiquement et comportementalement une espèce disparue. Dans le cas du mammouth, elle affirme qu'il ne faut pas que l'individu nouvellement créé ressemble à son ancêtre.
L'auteure s'appuie sur les travaux de J. Griesemer pour traduire le fait que la reproduction est nécessaire lors de l'évolution par sélection naturelle. Elle argue que la ressemblance intergénérationnelle est le produit d'un "chevauchement" mais que cette dernière doit présenter une histoire développementale et ne pas se restreindre à copier la génération parente pour obtenir les descendantes. Elle complète cette théorie par l'ajout d'un nouveau paramètre : la persistance spatio-temporelle afin de créer la "valeur ODP" qu'elle applique aux techniques actuelles de désextinction (par fusion de nucléotides et la PCR).

Résultats de l'article :

Pour le mammouth, la possibilité pratique dépend de formes de reproduction « inhabituelles » apparaissant comme des moyens de produire des individus d’espèces éteintes. Le 1er scénario, qui consiste à reproduire un mammouth en fusionnant par une réaction chimique les nucléotides de l'ADN du mammouth à ceux d'un éléphant, ne valide pas les 3 paramètres car comme l'on part de 0 pour fabriquer l'ADN, il n'existe aucun chevauchement, et la continuité spatio-temporelle se voit rompue. On créera au mieux un organisme ressemblant au mammouth. En revanche, lorsque l'on applique cette méthode à la PCR pour ressusciter les traits phénotypiques, en insérant l'ADN de mammouth dans un embryon d'éléphant,un chevauchement se crée car l'ADN mammouth interviendrait dans les phases de développement de la progéniture, validant le 2nd critère, et se transmettant aux générations futures (3ème critère approuvé). La désextinction est alors possible, par PCR, créant un individu à part entière de M. primigenius.

Rigueur de l'article :

A la thèse, nous pourrions émettre quelques conditions de réalisation:

  • Quels morceaux d'ADN de mammouth (et en quelles quantités) doivent être transférés pour créer un membre de l'espèce éteinte en utilisant l'éléphant d'Asie comme hôte ?
  • Quel degré de continuité spatio-temporelle est nécessaire pour qu’un éléphant "modifié" devienne un mammouth à part entière ? En suivant la méthodologie de Piotrowska, il est impératif de faire attention à ne pas être trop prompt quant à nos conclusions car nous pourrions être enclins à dire qu'un organisme ressuscité d'une espèce éteinte est un descendant direct de cette espèce, se situant à la tête d'une nouvelle lignée d'espèces. En ce qui concerne l'auteure de cet article, M. Piotrowska est professeur assistant au département de philosophie de l'université d'Alberta. Nous pourrions penser que la méthodologie employée ici reste purement théorique, ne présentant pas la rigueur scientifique que cette problématique de désextinction réclame.
Ce que cet article apporte au débat :

En plus des suppositions de la partie précédente, cet article permet de s'interroger sur la potentielle existence d'un moyen de créer un organisme spatio-temporellement continu avec une espèce dont les membres sont éteints depuis plusieurs milliers d'années (3600 ans précisément dans le cas de l'étude) ?
De plus, cette publication instaure la méthode et la pratique (PCR) grâce à laquelle il apparaîtrait possible de ramener des formes disparues, ainsi que les paramètres (ODP) permettant de définir les critères de cette méthode à satisfaire.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Giraud et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 7 ans.